CLIX. — L£TÏR£ DE M. DUPL£SS1S
A M. Aef,
MoNSixun, vos dernières sont du 5* mars, esquelles je reeognois que vous n'oubliés pas Saulmur; aussi
debvës vous croire que vous y estes gravé siilo adonaniûto. Je loue Dieu du bon accès qu'il vous donne vers tous les gens de bien. Je sçats aussi que vous rapportés toutes ses grâces à sa gloire; quoi faisant, vous ne debvés doubter qu'il ne vérifie en vous ce ^u'il nous dict, qu il liouore ceuk qui Thonorenl.
34a LETTRE DE M. DUPLESSIS
Je considère Testât de vos Eglises; celles, à la vente, .qui ti'ortt poinct esté labourées du soc de persécution, ne portent pas si bon fruict; mais, si la debvés vous éviter par tous moyens, parce que tel qu'il est, il la pourrait moins supporter. J'ai sceu à ce propos d^ailleors les remous trances que ceulx de iioslre profession ont faictes en vos estais, mesme par laboucbe du prince Radzivil ; il s'y est lendeu fort recommandaUe. Biais je vois que vos ecclésiastiques, par leu|rs practiques, ont destourné le i20ttp; et je crains qu*en difFerant vostrè contentement, ils Taient fort esgaré. De vostre guerre .de Moscovie, vous sçavés ce que j eu ai tousjours jugé. Ces accroissemens sont excrescences contra nature, qui diminuent la force au lieu de Taugmenter. Du Turc vous n'avés rien à craindre si tost, car il n'a peu taire la f>aix avec ie Pérse , lequel mesmes Fa irrité de nouveau, pour avoir receu et renvoyé ses ambassadeurs peu dignement. Je viens à nous : non sans cause vous a on dict par delà que nos ^Eures ont esté en péril, car deux ou trois fois je les ai veucs €71 ^vfi ÀKfjLrifi et moi, comme vous sçavés, à la bat' terie; mais Dieu m'a faict la grâce de gaigner le dessus de Tenvie et de la calomnie , et d'estre recogneu instrument de la paix de nos Eglises , et du repos de cest estât, mesmes par ceulx de profession contraire, tellement que je jouis de repos en ma condition, mais . surtout en ma conscience. Le mal me venoit d'où moins il debvoit, que Dieu veuille pardonner aak rhéteurs. Je vous escris en nostre langue, afin que vous ne l'oubliés. M. de Licques s'est chargé de vous envoyer le supplément de vostre Mystère latin. Ce me sera beaucoup de plaisir qu'il soit traduit en vostre langue , si vous estimés qu'il y.doibve proGcter. Poor