‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 73 sur 142 · A M. HET · texte numérisé non relu

A M. HET

rAdvertissement aulx juifs, ce uie seroit une grande frveqr que BI. Gonradus Grasserus y meîst la main, lequel je désire estre salué en mon nom, pour les qualités que :vous lui donnés , desquelles je vois ung esc^ntillon en Topuscule mentionné en -vos lettres, lé

ne vous dis rieu des particularités de nostre court, parce, qu'elles changeront trus fois entre ci et, la réception de ceste. Nostre jeunesse eouroil comme au feu à la guerre de Montferrat; mais elle est esteinte, etc.

Du 16 aomt 161 3.

A M* Trajano Guicciardi^ ambassadeur du duc de

Mantoue,

MoiSSiisuBy je compte entre mes insignes pertes, pendant ung si long séjour que vous avés faict parmi nous, de n'avoir peu voir vostre seigneurie très illustre, pour ilionneur et contentement que j'en eusse receu, et peult estre non sans utilité de la chose publicque. Je ne m'estendrai poinct à vous en dire les raisons, qui ne vous peuvent estre incogneues; mais tant y a que, par la grâce de Dieu, mon absence de la court a ses fruicts , quelques fois plus que n'auroit , ma présence, et au service de leurs majestés et de ma patrie. En ces derniers temps, monsieur, vostre seigneurie très illustre aura ouï diversement parler de, moi, selon les agitations diverses, et de nos affaires et de nos esprits. Mais je pense enfin que le soleil a gaigné le dessus des iiuccs ; la vcrité , des illusions; la roync ayant recogneu de quel zele j ai tousjours esté porté à

L£TTR£ D£ M« DUPL£SSIS la tranquillité publicque. A ce propos, je vous vois partir du milieu de nous, et ne doubte poinct que vous n'en remportîës ung cœur très affectionné au bien de cest estât, lequel vous recognoissës estre le seul contrepoids qui tient la chrestientë en droicte assiette ^ et qui neantmoins, soit divisé, soit troublé , ne peolt retenir son poids, partant l'incline infailliblement en Faultre part. Qui vealt donc quil retienne sa considération , j doibt procurer la pâix; paix qui désormais ne peult subsister que par Fentretenement des edicts de la relligion , laquelle n'y peult estre blessée que Testât n'en reçoive une plaie* mortelle; que tous les princes et alliés, toute la chrestientë en somme, griefvement ne s'en ressentent. Je sçais que telle est l'intention de la royne, laquelle /selon sa prudence, ne peult ignorer que ni sa régence, ni mesmes la tendre majorité du roy, ne peult solidement se fonder qu'en la paix; mais, monsieur, si ne fiiult il poinct doubter qu'il ne vienne des conseils contraires à la traverse, contre lesquels elle a besoing d'estre appuyée, en ceste bonne resolution , d*advis conformes à ses propres sentimens, lesquels auront tant plus d'efficace, qu'ils lui seront suggérés par princes et estais de mesme profession, partant non suspects de particuliers respects, etc.

On 16 aoiut i6i3.

CLXL — ^ LETTRE DE M. DUPLESSfS

J madame de Bûhan,

MADÀJitE, je vous envoyai , ces jours passés , la copie des lettres que j'avois escrites à M. vostre fils ^ de

sa resppnse.

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