‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 82 sur 142 · CL»II.^»I«£TT&E OS «. MARBAULT · texte numérisé non relu

CL»II.^»I«£TT&E OS «. MARBAULT

A M. Duplessjfs.

MoirsEiGiïEUR , j'ai reoeu celles qu'il vous a pieu in escrire du â3. Je n'ai encores rien advance à Tafftiw dm voB dettes. M. le pmideiit JeMunia , que je presse souvent de faire signer Vestat des parties en acquit, me Le promet tMi^wrs, et d'avoir les assigna* tioDS de M. de Pommease, sans Attendre cela, disanC lui en avoir parlé de sorte qu'il n'en fera aulcune difiiiDuiié ; ceslui ci au contraire me dict qu'il ne sçait que e^est, et qu on ne lui en a rien diot. Ainsi ne vois je encores aulcung fruict de ma sollicitation. M. de Bi^uviny m'a prcmiis dç prendre l'oecasion d'en parler à M. le président leannin , mesmes de r^ssigcation sur la ferme de Ringues; ce que toute&fois je n'espere pas obtenir, parce que le demim* payement ecbet au premier jour d'ootobre, et que 11. le thresorier de ¥eè^ pargne se vouidra aider de ces deniers là, qui sont coBMne «omptans. J'y ferai le laîeulK que me sera pos* aible. En rassi|[«alîon que irous a faîct bailler -madame de Fontevrauk, au grand conseil, il n'y a eu que la présentation des pisecnreurs; la cause n'est poinct encores mesBMs reteneoe. On a monstre ici une grande joie de ce qu'a escrit M, de La Forest , s'en disant fort aatisfaict. &i {'e eâépoiir pcoficter du.bruict qu'on en laîioit, Marbault, de son costé, a doulcement &ict couler la recherche qui s'est faicte par lui. Ce qui ne sera poinct au desadvanlage de M. Duplessis. M. de La Forest leur faisoît la negotîation de M. Durand inutile , et mesmes du tout rompeue sur les lettres de

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M. de Rohan à M. Daplessis , ce qu'ils avoient ven

devanl qu'il partist; mais il les y confirmoit de plus en plus. Belujon langayant aujourd'hui Marbault là des» sus a esté bien estonné quand il lui a did le contraire, dont toutesfois il a faict le joyeux , disant avoir fort appréhendé ce malentcndeu^ et s'en enquérir pour le désir qu'a M. Desdiguieres de procurer l'union et la correspondance entre tous. Ce feut aussi la première question que feitM. àe Bouillon à Marbault, quand il lui rendit celle de M. Duplessis; puis, quand et par quelle yoye il avoit receu ceste lettre, et quand il escriroit par ce qu'il feroit response. Je ne lui dis aulire chose, quoiqu'il feust tout seul. Marbault a appris . encores aujourd'hui que la royne le hait aultant qu auparavant, et les ministres aussi; qu'il n'y a que Gon* chini qui se sert de ses inventions. Pour le mariage de la fille de cestui ci avec le petit fils de M. de Yilleroy, MarbauU en a demandé à Marescot II n'y a rien de certain que la volonté de la royne. M. Constant m'a dict qu'il part au premier jour pour s'en aller, et qu'il passera par Saulmur pour vous voir. Il m'a enquis aussi si vous aviës veu M. de Eohan. M. de Pontchartrain a receu vostre lettre avec force honnestetés et offires de service, M. Marescot aussi. Celui là a incontinent demandé à Marbault, si M. de Kohan et M. Duplessis s'estoient veus, lui a respondeu que M. Duplessis par-^ toit le lendemain pour aller au Parc. Phelippeaux a dict. que M. de Rohan ayant pris fa rivière, on avoit creu qu'il descendrait jusques à Saulmur. Lui a esté répliqué que cest aultre lieu avoit esté designé des deyantqueM.de Rohan allast à Mouron , oii M. Duplessis avoit esté bien aise que l'entreveue se feist sans changement, parce que madame de Rohan y seroil,

A M. DUP£ESSIS. 36Î

qui n^y gasteroit rien, non plus que M. Duplessis, et qu'elle avoit de bonnés intentions, et qne pour Id. Du* plesftis , M. Marbanlt a^assenroit qu'ils n'en doubtoient point. Il a dict qu'ils en prenoient bien confiance. M. de Pontcbartrain avoit advis du Bas Languedoc, que la province y estoit fort divisée et contrepointee par les brigues qui s*y estoient faictes; qu'elle ne sçavoit à quoi tout aboutiroit; et qu'en eedoubte ils n'avoient osé tenir leur synode , que })arce qie le lieu où il estoit assigné n'estoit pas place forte; ils l'avoient changé et pris pour cest effect Montpellier, dont les aultres qui avoient faict desjà leurs apprests auroienl esté si indignés qu'ils auroient quasi estrangié leur pasteur, qui avc(it consenti ce cbangement de lieu. M. de Pontchar* train déplorant que nous ne sommes plus poussés de . Eele de relligion, mais que tout se &ict parmi nous par brigues et Actions, soupçonnant cependant qu'il y ait de l'artifice pour faire, par ce moyen, continuer le depost, et craignant désormais que Bertichere le gagnast. Ces advis, à mon advis, viennent deBoucant, et partant tiennent du canal par oii ils ont passé. MM. les députés n'ont rien de ceste province là; mais es lettres des particuliers, iion<^ vovons qu'ils se résolvent à ne souffrir poinct la translation , ni le chas-* timent du peuple; que la province escrira seulement pour cela, et ne députera poinct. On recognoist assés la faulte d'avoir rendeu cest affaire public de particulier qu'il estoit; mesnie d'avoir faict la translation à Beaucaire, au lieu d'une ville des nostres, et se recog- noist encores le mauvais conseil de M. de Bouillon , * qui en a esté l'aucteur. Vous aurés sceu le voyage de Manse de Montpellier sur ces affaires là, es provinces de Guyenne, Xaintonge, La Rochelle, et. n'y a doubte

36s LETTRE DE M. IIARBAULT

qu'ils n'assemblent sur cela le cercle en leur province» ù 4'ici et d*iiiUea» il n'y |poiirv#u. Ibis il y seroît besoing àe Alîgcnce, il n'en fault poinct attmére d'ici, oii nous n allons qu'en tastant et à o^esure que kl nécessité doua fora0« Le député eroii qua eda e'esl tmct pour empescherla division de la province , y eo* joignant d'aulUes qui ne sont poinct partialis^s sm le fiiict d'Aiguesmorteft au lieu qu'il y a eu de grandes

brigues pour BertLihere, au Bas Languedoc; et puis M. Ghaune et des aaltres pasteurs de la province joincU avec lui , eontrepoincte à ceste lieune MJML Giger , Bru-

nier et Codus, non en faveur de Bertichere, mais pour

ewpescher qu'ils n'establissent une tyraaaîe eû la proviace, comme avoit faict Ferriere , qu^ils vieasent de

détruire. Le député croit donc que ceulx là ont ret;ardé leur synode, attendant la jonctioa des aultres proyiuces, «t oe qui sem du 6iet de Nismes ; sur lequel ils sont bien asseurés qu'ils se liouveroiit tous d'aceord. i*a royne a despesché divers opurriers ver» M., le COQpestable , afin qu*il ne touchait ni entrepris^ rieo en cest aÛaire; mais ce sera en vain, «car il y est irop afaeurté et précipité. Nous ne vivons les fitukee que quand elles «ont feictes, et ne voulions poinet croire ceulx qui les voyent et prédisent. Ce mal seroit beaucoup plus à craindre, si ce n'esitfût qu'on eat iei tout resoleu à se relascher et laisser violer raueterité en ceste province, si adonnée à ce qui est de son particulier , que quand elle est coptënfce , elie croit que toutes les aultres le doibvent estre. Ce qui me faict croire qu'elle ne s attachera poinct aulx griefe des aultres provinces. M. de ftouvray vous escrira ce qui s'est passé à la demande soleninclle qu'il a faicte de rassemblée. M. le chancellier dict que c estoit pour la des-

charge pardculiere' des députés qu'iceulz la deman-

doient. M. de Rouvray repartit que ce n'estoit poinct seule^nent pour cela que toutes les provinces les preasoient de la demander pour le besoing qu'ils en

voyoient aulx contraventions de ledict, contestations sur toutes choses ^ et nul etlect aolx choses promises et promesses de sa majesté, et qu'il fallait leur en faire cesser le besoing ou la leur accordei. M. le chancellier respondtt qu'aussi auront ils plus' le satisfaction et d'expédition sur leurs plainetes par «enk que sa majesté avoit commis avec M. de Thou , pour y pourvoir, estant par ce moyen* soula^s des longueurs et des contradictions de ceulx du conseil qu'ils estimoient ne les aimer pas, M. de Clermont de Lodewe a escrit ici que si dans six mois on ne lui faisoit rendre son chas* teau y il se fera de la relligion , ayant asseurance des nostres qu'il y sera remis moyennant cela. Ferriere debToit arriver aujourd'hui ; il a vendeu son offibe de conseiller, M. Baille, à quelques ungs, escrit de lui, comme perdeu et révolté; à d'autres, en doubtant encores. On dict qu'il doibt faire esclatter la perversion en faisant baptiser ung sien enfant à la papauté, quoique Pelletier lui rende tesmoignage qu'il ne lui a jamais veu aulcung desseing de changer de relligion. M. d'Es* pernon a mandé tous ses amis , et doibt estre fort accompagné. Il n'a pas aeulement diet, pour cause, la haine de M. le prince , mais qu'il s'en vouldra faire accroire quand il sera majeur , et que la royne trouve bon qu'il se mette en estât de l'en empes<^er. M. de Bouillon est veneu de son costé beaucoup plus suivi qu'à Tordinaire, etc.

De Paris, ce 3o aoust i6i3.

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