‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 84 sur 142 · CLXXIV— LETTRE · texte numérisé non relu

CLXXIV— LETTRE

De M. le duc de BouUlon à M, Duplessis.

MojrsiBUR , j'avois receu la lettre de M. de La Forest deux ou trois jours airant la vostre du 33. Rien aultre chose ne peult estre si juste ^ ni tant utile pour nos Eglises, pour Testât, et pour nous, que de nous tenir dans nos edicts, addresser les plainctes des inexécutions et contraventions à nos députés , par humbles remonatrances à la majorité du roy; lui faire voir que nous avons aimé son service, non voulleu augmenter nos edicts en sa minorité, aulx despens du repos public, et intéresser l'estat, en bien fiiisant, d'estre gardien de, nostre conservation , comme en faisant une partie ; convenir, s'il se peult, de moyens propres à dresser nos plainctes, lesquels ne donnent matière de deffiance

C|ue nous voullions avoir ung estât régi par aultros loix civiles que les communes à tous les subjects; nous assujettir à Tordre ecdesÎFr 'iue, honorer nos pasteurs, comme auctorisés de Dieu pour nous enseigner et reprendre. Gonveneus de conseils, et nos particuliers soubmis sous telle direction , nous assembler, pour donner au roy et à la i uyne confiance que nous sommes tous portés à Tobeissance que nous leur debvons;,et|

366 LOTTRE, «ic.

par cest acte, iev^r les impresaum» qu'ils ottt peu prendre des preoedcns* le donne ma ynm et née mn»

à toutes personnes pour ces choses; et au public , m au perticulier, je mt preadmi auterei.cepflctlfl ^ eomne les setik josim et fiusableft; vous suppliant^ monsieur, me donner advis de ce que jugerés qu'il y iiEiuidra contribuer, pour y ^éuduire.ung chacung, et fiure ung asseuré estât de mon affection à vous faire service, d'honorer vos conseils , et de vous donner avec fidélité les choses qui viendront à ma coguoisfiance, à l'utilité du public, el au voslrc particulier, etc.

Bu dernier aoust i6i3.

^ M. de Romraj.

Ucaisi£U£, à mon retour du Pare, j'ai rtceu 1rs vostresf^dtt et loue Dieu de Toetre arrivée en santé

Vous avës eu ci devant les préambules du voyage, mainiauant vous en aurës le simple diisonura, et j e plutoet pis que mîeiih. Deux •ehoses cependant me combattent , la male&çoA de cette eutreveue^ dont vous n'ignorés pas ique eeult qtti n'aiment ni l'ung ni raollre^ ne fassent profict. Le bruict d'icelle non moins, de laquelle la seule superikie peuk tromper les gfias de bien» suffisante de donner auolortté et force & conseils tout aultre que les nosties. A l'ung et laultre neantmoins, il fiuit trouver remède^ et, s'il est possible^ sons qu'il en esdatte rien au dehors. Nous/ sommes , vous et moi, conjoiacts en interest; et je lu'asseure qu aussi le serons nons^n espediens.

J'ai VMàeà de peisooder à 1C< de Rohao que nostft

LETTRE DE M. DUPLESSLS, etc. 36;

reunioB faut le feodraent d'ne pins gentnila,

avec M. de Bouillon , mais je l'ai veu se cabrer de plus en plus là dessus, ei par là jugés où teodoit la propoaitÎGit àêtiéàûlM Boolaye. NulmestiMft, ce cfde je ne vous doibs celer, n'y a esté plus contraire que M. Durarad) Urat m a peur que ceste pretendeue {MTOtectKMH ne se partage. Tout ce donc que j'ai peu gagner M qu'allant en Court il vivra civilemint avec lui, resolcu à toutes fins de s'estreindre avec 1| cabale contraire; et par ainsi, sinousn^y prenons gardt, voilà nos Eglises partagées entre les passions de la co^rt M. de Kohan ma faiet voir le mémoire porte à Mouron par Videl j et la response à icefui fhîcte par M. de Siilly , qui présuppose en îcelui nostre union de lui, de M. de Kohau, de M. de Ghastilloii et de moi faictt^ à laquelle cônseqoéfllincfnt les aultres aient à se joindre. Jugés le beau fondement qu'ils y ont donné au Parc et sur quelle assietté. lé suis ^tf aitict «nfin de déplorer k coédition de nos Eglises , qui soyent le jouet de nos interests et de nos passions. Et que soyent elles si sages de s'en pouViÂl^ pésser; oti pïdtost ceuh: qui ctnt la directicm

de Testât, de nous laisser en silence. Vous aurés sceu le but du voyage de Mouron; c'estoit pour obtenir de M. de Sully qu'il se demiët dn gouvememetit dé Poi&> ton en sa faveur, et la fille protestoit dene voir jamais son pere s'il l'en ttfù&eit. Gi^ands pestrife là dessus. Enfin ne s'en est rien faict, alléguant M* de Sully qu'ils n'avoient poinfTt d'enfans; et si cela lui eust réussi , il s'^ alloit aussitost en court Vous avés bien )«çé 4pïé le Languedoc est fomeotë de plus faatilt; c'est pourquoi il tauit tant plus y jetter d'^u, et je ne puis que mal interprester que ni la province ni la ville ne vous despesche poinet; ée qui ne peult estre

368 L£TTRK DE M. DUPLESSIS, €t«.

qu'à intention de chercher ses remèdes ailleurs que là

où vous estes. Je vous envoyé copie des responses que

j'ai receues de messieurs du corps de ville et consistoire de La Rochelle. Je n ai pas veu que M. de RohaQ feust porté à s'en nesler; ne dissimulant pas neantm oins qu'il y a plus de seureté aulx, bourgeois qu au corps de ville ^ etc.

Du a septembre i6iS.

CLXXVL — 4 M£MOIR£

De ce qui s'est passé cui Parc^ envoyé à M, de Bouvrajr le % septembre i6i3.

Le 21 d'aoust, par les raisons qui ont esté ci devaut escrites, s'aboucha de ma part à Mauleon M. de Licques avec M. Durand. Sur la plaincte qu'il feit de ce qu'après ung séjour d'ung mois à Mouron , passant si près de Saulmur, il ne mWoit donné deux heures pour m'esclaircir de Testât de sa negotiation, le pouvant si commodément par la rivière , respondit qu il se hastoit de se rendre au Parc, pour appaiser madame de Rohan envers son freie. Si se plainct elle qu'il ne lui en a pas dict ne Êiict dire ung seul mot, et l'interpreste à dedaing.

Sur les clauses aussi de la lettre que m'escrivoit M. de Aohan, quand on les lui feit construire , respondit qu'elles avoient esté escrites en sa présence, et qu'il ne s estoit poinct apperceu qu'il y eust rien qui ne me' deust contenter. Et comme M. de Licques lui remonstra que s'il y restoit de la froideur, et w j aw» à estre receu d'aultre visage qua l'accoustumé, il valoit- mieulx, et pour le public et pour le particulier»

remettre ceste entreveue jusques à ce que 1er mutuels offices eussent achevé de nettoyer les cœurs; lui protesta que M. de Hohan estoit resoleu de m'einbrasser et honorer autant ou plus que jamais; qu'il aimeroit mieuk estre mort que d'estre instrument de m'y amener, s'il y recognoissoit auitre chose; qu'il falloit , entrant en ceste opinion, que je le creusse ou meschant ou ignorant; conclLiaiit par ces mois : «Maled* tioii sur moi 9 si j'y cognoissois aultre chose. »

Le 22 faut de retoùr le sieur dé Licqués, jour du messager, auquel je receiis ma despesche de P.' ns , qui me remettoit sur M. de Mirande, lequel n'arriva que le aS, sur les quattre heures après midi ; cause que je ne peus partir jusques au samedi 24 9 et le 2 5 arrivai aulx Herbiers, à deux lieues du Parc, où le lendemain , 26 au matin , M. Durand me vint trouver avec mesmes asseurances, et partismes ensemble pour aller disner au Parc.

En chemin , me vint au devant M. de La Boulaye , accompagné de septouhuict gentilshommes, de la part de madame de Bphan, avec plusieurs hotinestes paroles. Gomme aussi elle m'y avoit convié par lettres pleines, d'afTecùon, Je remarquai qu'il ne me dict pas ung mot de la part de M. de Rohan ; ainsi je le receus en mon carrosse , et arrivasmes au Parc, entre ncul et dix.

Je vins jusques en la salle sans trouver personne ; là, M. de La Boulaye &ict excuse que M. de Rohan estoit eneores nu lit; neantmoius il desceiul aussitost tout habillé; et, après des complimens fort froids, me parle de me debotter, afin de nous aller promener. Nul neantmoinsne se presentoit pour me montrer une chambre. £u cette mauvaise contenance vint à propos que madame de Rohan, bien qu'en estât de maladie,

MsM. DB Durui^su-MoBiTAY. Tous XII. a/i

MEMOniE. 371

entre la Xaintonge et l'Anjou. le lui en remonstrai les .

iiiconveniens; et que s'il s'offensoit du mot de cabale, mot indiffèrent , et qui est en la bouche d'ung chacung, qu'anrois je à faire de tant d'atrocttéS' qui auroient esté publiées contre moi? et pour ce coup n'acquiesça

Les particularités seroient trop longues à déduire.

La fin de cette seauce en revint là, qu li falioit oublier

tout le passé, et désormais penser à la oonduicte de

nos affaires pour Tavenir.

De là il m amena disner, où il me mpnstra autant

d'indifférence at de rusticité affectée, sans doubte^ et concertée, qu'aultrefois, et nommeement à Saînot lean , il m'avoit tesmoigné de faveur et de courtoisie ; et les complimens et l'entretien feurent partout de rnesme , car je ne feus veu d'aulcung des siens : non pas des moindres, et toutesfois mesmes après ce premier abouchement, dont s'estent ensuivie la reconciliation , il en debvoit apparoir quelque chose. Aultrefois certes j'ai veu M. le comte de Soissons et M. de Montpensier chés wlx, qui ne me traictoient pas ainsi % mais il me suffît de le comparer à soi mesmes.

L'apres disnee se passa en lagakrie, en la présence de madame de Rohan , laquelle nous requit ardemment de reprendre l'amitié et correspondance comme devant; et sur ce que je représentai que le moyen de Tentretenir entre les personnes estoit de convenir de la conduicte des affaires, vinsmes à en approfondir les moyens.

Gonvinsmes que l'assemblée avoit esté bien demandée; que de fois a aultre il en falioit faire instance, mais plus pour la décharge des députés generaulx et pour en maintenir la possession, que pour besoing

MEMOIIŒ.

que nofks en nyoïis présentement, ou pour utilité que

nous en debvions altendre , tandis que ces misérables, divisions contineuent.

^\ Qu'il Moit porter les af&ireft à la doulceur et

à la tranquillité, aultant que faire se pourroit, et a cela disposer les esprits, afin que la majorité du roy, que nous touchons , nous trouve en agréable assiette, et non en contestation, ni Tespee haulte; aultrement, qu'il estoit à craindre qu*on ne prist subject d'obliger ses premières armes à nostre ruyne, dont on ne pou* voit prévoir que de très périlleuses conséquences. Tapperçois'neantmoins qu'en ce discours on ne prenoit -pas plaisir que je pensasse de si loing.

3^. Sur le faict de Languedoc, duquel se faisoit principale instance, que nos reglemens. estoient formels pour arrester les provinces lezees par tous bons et légitimes moyens , et non moins pour les retenir en bornes de la raison, à ce que tumultuairement elles n'enga^^ent toutes nos Eglises. Mais il esLoit aisé à voir quou tendoit fort Toreilie de ce co&té là. Et de faict, le voyage de la court est remis après la décision de ce faict. Ce que j'estime à propos, parce que nous avons beaoing pour en sortir, que la court soit en cervelle*

4*. Sur l'affaire de M. Bouchereau , que je remis sus, que M» de Rohan procureroit vers le synode de Xaintonge, quHl feustiMSOupi; et moi vers celui d'Anjou ,

le mesme.

5^. Que nous escririons en court sur cette entreveue , sçavoir tous deux : à MM. de Villeroy et Jeannin; mais lui, à M. de Pontchar train j et moi, à M. de Seaux, pour leur en lever l'ombrage, avec cette clause nommeement, que cette nostre entreveue ne seroit poinct

BŒtfonŒ. 373

inutile au service de leurs majestés et à la trauquillité

publicquc.

est à oublier que comme M. de Eohan me demandast mon advis sur le voyage de la court, et proposast les difficultés qu'on avoit quelquesfois à obtenir son ^ congé, je lui avois demandé s'il menoit madame sa femme , parce qu'aulcunes fois, ou la grossesse, ou les couches 3 ou la maladie d'une femme donnent excuse ; et ne. feusmes sitost sortis d'ensemble , qu'il lui dict, que jen'estois pas d'advis qu'elle feust du Voyage. Sbr quoi elle dict qu'elle iroit en despit de moi, et me feit la mine; elle qui peuU aujourd'hui beaucoup vers lui. Gestui est le premier acte de reconciliation qui nous en faict attendre divers semblables.

Le souper se passa comme le disner , et après icelui feusmes ensemble voir madame de Rohan, et en sa chambre se feirent les adieux, parce qu il voulloit partir à la poincte du jour ; ce qu'il feit : et notés que d'abord il m'avoit dict qu'il fallojt qu'il partist des le , lendemam de grand matin, et que desjà ilavoit faict partir sion train ; mais madame de Rohan me prya d'arrester tout le mardi 27, auquel elle m'ouvrit les playes de son cœur, avec autant de fiance que jamais, se faisant assés entendre que tout ce que dessus ne lui plaisoit pas, et qu'elle s'attendoit à mieulx.

Lo 27 au matin partirent MM. de Loudriere et de La Boulaye, pour retourner chez eulx. La dame de La Boulaye n'eut pas soing de me dire adieu, afin que la rubrique feust continuée.

Le mardi je pars et viens disner à Sainct Hermine , pour voir le bastiment de M. de Tabariere. Jà le bruict de cette entreveue estoit porté chés les voisins , par les gentilshommes qui en estoient de retour.

M. de La Forest m'y viéot rencontrer, qui avoit sceo

que je prenois ce chemin , lequel n'oublia pas de me donner des attaques de celte réception, qu'il avoit sceue du sieur de La Rochepatras , qui y estoit le m\m defTendis par dire, qu'après ce qui s'estoil passé entre nous, les compUmens ne pouvoient pas estre bien chauds, jusques à ce que nous nous feussions esclaircis; mais que pour le principal tout alloit fort bien. Cependant je ne doubte pas qu'il n'en adyertisse H. de Bouillon , qui en sçaura bien feire son profict.

Ma dquleur est, qu'en mon âge je me sois donné tant de peine pour aller cherc^^er une espèce d'afi&ont; que cenlx qui ne nous aiment ni Tung ni Taultre, en triompheront ; et neantmoins que vers les plus gens de bien de nos Eglises, le nom de cette entrevene sera

suffisant pour donner force à des conseils que je n'approuverois pas. Ma consolation , que je Tai ainsi pre- Yeu : pense, nonobstant ce que jeprevoyois, avoir faict ce que j'ai deu, l'ai faict à la réquisition de nos Eglises, du conseil de mes plus confidens amis, soubs la parole et foi d'ung pasteur de TEglise, employé à cestefib par les Eglises. Dieu en tirera le bien comme dei> ténèbres la lumière, auquel j'en recommande Tisseui^.

— •* nnrvanfar>nnr»y»wwmmaiai w ^mmmmwmmmi amu w^i^ %%%r^rii'Wii "inxyi nrfc^^'ï ' ' * *

CLXXYII. — * hETE&E DE M. MA&B AULX

Jl M. Duplessis.

MoHSEiGKEua , je vous escrivis samedi bien amplement ])arung honneste homme de Loudun, qui nous promettoit de partir le jour mesme, et devancer de beaucoup le messager ; mais il ne partit qu'hier seulement. To\ltesfois M. de Rouvraj a récompensé le re-

L£TTR£ DE M. HAHBAULT, etc.

tardement, y adjoustant ce qui s'est passé depuis '; et parce que ç a esté fort sommairement « il a trouvé bon que ]*y adjoustasse. ceci. Pour rentre veue de Sainct BXaur, M. de Bouillon lai a dict que sans double elle apportera révolution et changement à la court; et toutefois quelques ungs ont opinion que ç'a esté ung article pour les tenir en es[)crance, sur le refus de rassemblée, qu'oja eust peu mesoager à divers desseings. Aultres oroyoient que les larmes qui y feurent epandeues sont des preuves de sincérité : et toutesfois sont en suspens i en ce que le mesme jour au matin , M. Le Grand fèut mandé , qui est une faveur contraire. M. de Bouillon a communiqué sa lettre à M. Duplessis, au député, qui lui a diot son jugement, qu'elle s'impUquoiten contradiction; n'avoir aultrfe ordre que c^Iui des aultres subjects; puis des conseils aulxqueis s estant soubmis, on formast une assembleé. Il s'est expliqué là dessus, et dict qu'il entend de nous faire premièrement recognoistre membres utiles et nécessaires , et puis convenir de communs ^dvis pour nostre direc» tion, et qu'on feroit approuver et espandre dans les provinces par une assemblée; et que qui y contreviendroit , seroit lors noté et diffamé : et que si M. de Eolian, avec les bizarreries de son beau pere, ne s'y pouvoient accommoder, qu'on les laisseroit, et n'avoit on affaire d'euk; qu'il suffisoit de M. Desdiguieres, de M. Duplessis, et lui M. de Bouillon. Lui feut répliqué qu'il se trompoit , qu'ils seroient assés puissans pour empescher et décrier divers conseils et résolutions , et qu'on ne pouvoit rien taure si tous ne s'aidoient conenrremment. Qu'au reste, cela estoit ung ordre séparé des aultres subjects, et que ne pouvions aussi vivre aultrement, U y apporte diverses distinctions , et de

376 LETTKE DE M. MARBA.ULT

corriger quelque chose aulx conseils des provinces, et puis les faire auctoriser ici; à quoi. il y a peu d apparence. Il lui dict, au reste, que vous ayant escrit ses advis, il en envoyoit autant à M* le mareschal Desdiguieres , et s'attendoit qu'autant que vous les approuvées, comme il sembloit en convenir avec vous, vous leur donneriés la forme et le progrés. Le député crainct , et ceulx qui ont pareille affection vers M. Duplessis, ce pas qui se rencontre ^ pour demeurer en balance entre M. de Bouillon et M. de Kolian ; selon qu'il paroist que celui. là vouldroit bien faire quitter celui ci, et que Fung n'a pas moins ce desseing que l'aultre^ et cependant il est bien dangereux de paroistre trop lié avec celui là, de peur qu'on n'en vouUeust faire paroistre la robe tachée, comme il n*y a doubte que ceulx ci en vouldroient tirer cest advantage. Mais la bénédiction de Dieu sur la bonne conscience et la prudence, de M. .Duplessis nous faict croire qu'il sçaura bien naviguer en ceste mer si pleine d'ecueils. De quoi le député a esté d'advis que Marbault en dict encores ung mot pour lé péril qu'il y recognoist et y appréhende; car trop de participation des conseils avec M. de Bouillon pourroit faire participer à ses playes, odieux et hai qu'il est. S'en esloigner trop aussi peult avoir ses maulz. M. de Bouillon croit qu'il se trouvera de nouveau auctoris^ par le changement qu'il veult Êûre croire prochain.

Le marquis de Noirmoustier est fort malade , ayant lé pourpre , la petite vérole et le flux de ventre dys*

senterie. Marbault en a donné advis an député , pour voir s'il s'y pourroit rien pour M. Duplessis. M. de Bassompierre a eu en don l'office de procureur gênerai à Rouen, dont ou lui ofFroit ^Sjooo escus. Il le l'a

A M* DUPLESSrS. 877 baillé de mesnie libéralité à UDg nommé Bertimere, qui aurait plaidé sa cause contre mademoiselle d'An-

traigues , sans vouUoir prcnclre de son argent.

Je ne sçais si je vous ai mandé que M. de Rohan a escrit par Saugeon, demandant une pension pour lui/ et ainsi ne prétend rien, ni pour soi, ni pour ses amis, etc.

roubliois qu'il y a divers mouvemens en Guyenne, ménagés de divers lieux, sur ce qu'il ne s'exécute rien de ce qui a esté promis. Il y a eu surseance de l'arrest donné pour ceulx de Rennes, des mille escus qui leur estoient ordonnés pour le bastiment de leur temple ; s'estant faict ici une deputation au contraire, soubs ombre que c'estoit les rendre contribuables a nos temples, et que ne Testions pas aulx leurs , quoique cela se prist sur les deniers du roy; et du reste, nul exemple pour réprimer pareilles violences, quoique soyons en la garde les ungs des auîtres.

Du 3 septembre 161 3*

ji M. le président Jeemnin, coniroUeur général des

Jmancesy etc,

MoifsiEUR, vous avés eu communication du voyage de M. Durand, pasteur, de l'Eglise de Paris, en ces quartiers, et du subject d'icelui. Je me tiens obligé dier vous en dire le succès. Tel que j'ai veu M. de Rohan au Parc en Poictou, où, après quelque éclaircissement des choses passées , dont je petise Tavoir laissé content de moi et asseuré de mon service , nous avons discoureu du présent et de Tavem'r, en tels termes que j'es-

pere que cette enti eveue n'aura poînct esté inutile pour le service de leurs majestés, et kiranquiUtté publicque tant désirée de tous les gens de bien; aussi n*ai je, monsieur, plus spécial but, lequel je mettrai peine de faire paroistre en toutes mes actions; et la liberté dont quelquesfois je TOUS escris sur diverses oodUTeDees, que jcm'asseure que vous prenés en bonne pari y vous en sera, s*ii vous plaîst, tesmoignage. Au reste, monr sieur, j'ose vous ramentevoir ici , que ce qu'il a pieu à sa majesté ordonner en cette année pour le payement de quelque partie de ce qui m'est deu, me demeure inutile, si vous n'y mettes une dernière main; qui me faict vous supplier den parler efEcacement à M. le tbresorier de l'épargne, afin que je vous en aje Tobligation tout entière, etc.

Du 4 septembre i6l3.

A M, de VUleroy.

MoNsiEim , vous avés sceu le subject du voyage de M. Durand, pasteur de FËglise de Paris, en ces quartiers, et Tavés agréé selon vostre prudence, qui sçait considérer que les bons serviteurs de leurs majestés ne peuvent estre trop unis. J'estime de mon debvoir de vous en dire le succès, qui a esté tel que j'ai vcu M. de Eohan au Parc de Poictou , oii nous nous sommes aîseemént eclaircis sur quelques malentendeus du passé, et pense l'avoir laissé bien content de moi et asseuré de mon service. Tous les discours que nous avons eu de plus ensemble n'ont eu aultre but que l'iairermissement de la tranquillité publicque, dont j'espere que

A M, DE YiJLLEROY. SyQ

ceste enlreveue n'aura esté inutile pour le service de

leurs majestés , auquel je m'estimerai bien heureux de contribuer ce qui me reste de vie. Si j'avoisce malheur que qaelqu'ung en vouUeust doubter, j*oserai m'addresser à vous pour en estre cnalioii, qui avés veu \c cours de ma vie. Aussi n'avés vous, monsieur, servi-» teur qai plus honore vos grands mérites, au service de nos feus rojs et au bien de cest estât , etc.

Du 4 septembre i6x3*

A M, Diodatjr.

MoirsisnAy par les dernières que j'ai de Genève , je vous pense arrivé à Nismes , là où vous aurés trouvé d'abord ung perpiex afTaire ; mais les grands médecins sont volontiers appelles pour les grandes maladies. J'ai^ tousjours Cl eu que Thumeur de cest homme attireroit ceste fougue sur lui; et de faict en ceste action, bien qu'exorbitante, la main de Dieu se cognoist; mais j'eusse estimé à propos que le faict eust esté bien représenté en court, soit par nos députés generauk, iostraits de bons mémoires, soit par députés exprès de la ville et du siège, qui sans double eussent allenti les mouvemens de la court, et donné lieu à plus doulx conseils. J*en ai eserîtaulx principanlx assés librement, et peult estre non inutilement \ mais les plus sages ne peuvent bonnement expliquer leurs modérés sentimens, s'ils ne voyent la dignité du roy conservée. Pre- Mes ce que j'escris, comme d ung homme qui parle de loing, mais qui pour cela ne laisse pas d'estre bien proche de cccur el d affection de nos plus loingtaines

38o LETTRE

églises , pour le repos et advancement desquelles je n*attraî jamais rien de cher. Au reste, vous aurés scea le voyage de M. Durand en ces quartiers, et le subject d'icelui. Je lui laisse à tesmoigner la promptitude qu'il a trouvée en moi , à FeiFect de tout ce que MM. les députés de la reconciliation ont désiré de moi. Le suc- . ces a esté tel que j'ai veu M. de Rohan au Parc ea Poictou, maison de madame sa mère, ou nous nous sommes esclaircis sur les malentendeus du passé , dont je pense l'avoir laissé «atisfaict £t pour radvenir, avons discoureu des moyens les plus convenables pour le bien de nos Eglises , conjoinct au service du roy et à la tranquillité publicque. Seulement les affaires de vostre province nous mettent en peine, sur lesquels je prendrai à beaucoup de plaisir d'avoir de vos nouvelles, etc.

Dn 6 septembre i6i3>

A MM. de Roiwraj et de La Milletiere^ députés generaulx des Eglises refonnees, etc.

M£SSi£URS , estant en Poictou , j'ai receu des lettres de M, Duprat, député des Eglises duBeam, en court, avec lettres d'icelles, par lesquelles j'apprends qu on est sur le poinct d'innover plusieurs choses contre fin* tentiôn du feu roi, et la loi qu'il y avoit prescrite, dont je vois lesdictes Eglises en évident danger de ruyne, s'il ne plaist à leurs majestés retenir les dioses dedans les termes; c'est pourquoi je vous prye, messieurs, de vouUoir estendre vostre zele et cbarité sur elles , en assistant ledict sieur Duprat de vostre bon conseil, d

4>E M. DtJPLESSIS. 38 1

addresser en ce . qu'il aura besoing» Si vous estimés que mes lettres vers quelques ungs de messieurs du

conseil y puissent servir, pour Tancienne cognoissauce que j'ai du pays dont il est question, je m'y conduirai par vosbre advis, etc

Bo 6 septembre i6iS*.

CLXXXn. — ^ LETTRE DE M, DUPLESSIS

A M, GigoPy M. Z>. S. E,y et professeur en théologie en VEglUe et Actulemie de Montpellier.

MoRsiEiTR, irous aurés sceu le voyage de M. Durand en ces quartiers, et le subject d'icelui. Je crois qu'il aura rendeu tesmoignage à son retour à Paris de la promptitude qu^il a trouvée en moi, à Peffect de tout ce c^u'il avoit charge de procurer, dont est ensuivi que j'ai veu M* de Eoban en Poictou, maison de madame sa mere, oii nous nous sommes esclaircis du passé, et avons discoureu pour Tadvenir des plus convenables moyens de conjoindre le repos de nos Eglises avec la tranquillité publicque; nous sommes cependant en peine des affaires de vostre province, nomineelûent de ce dernier de Nismes , oii il est aisé de re» cognoistre le doigt de Dieu , âpres une insolence si atroce de ce misérable ; mais vous sçavés neantmoius qu'en l'acte de Dieu ne laisse pas de se trouver Texorbitation de l'homme. Vous aurés entendeu ce que la court ordonnoit la dessus, dont j'ai escrit aulx pnncipauU avec la franchise deue, représentant les incon- Veniens d'une rigueur qui enveloppast l'innocent et le coup;ible.. Nos députés generauix: aussi n'y ont rien oublié, et les plus sages seroient bien portés à amolir

38a LETTBE DE M. DUPI^ESSIS

leurs conseils 9 c^uand ils verroient la dignité du roj saave«cG'est poarqudi je tous laisse à considérer û une d< mutation de messieurs de Nismes ne seroit poinet

à propos, laquelle represeutast leur justice, parast aulx blasmes qu'on leur donne d'avoir supporté le mal ,

et fei .t ouverture aulx expedîens de Tassoupir, qui aultrement ne se peuvent proposer. Je puis m'abuser de si- 'Dg; mais si par ne juger aussi bien de vos

affaire -,^u moins non par manquer de zele et afFect

tion 4, Jrvir , etc.

, Du 6 septembre i6i 3.

CLXjCXai. — * LETTRE DE M. DUPLESaS

A M, iTJersens, ambassadeur des estais de

Hollande.

Monsieur, vous iaissastes le voyage de M. ûunind, vçrs ces quartiers ^ en train » et y apportastes du vostre à bon escient II importe donc que vous en sçachiés le succès. Je crois qu'il n'oubliera pas de représenter la promptitude qu4I a trouvée en moi pour fiûre réussir sa charge; car il n'y a eu de ma part ni longueur, ni difficulté; ce que je dis, parce que cette negotiatioa^ duré deux mois, qui pouvoient estre abrégés; wm M. deRohan, après l'avoir oui à Suinct Jean, voulleut qu'il le suivist à Mouron eu Derry , où il le retuit ung mois près de M. de Sully. Enfin, je l'ai veu ces joursaa Parc en Poictou, maison de laadainc sa mère, où nous nous sommes esclaircis des malentendeus du passé, et pour l'advenir avons concerté les moyens plus conre* nables pour le bien de nos Eglises, soubs le service da roy et la tranquillité pubUoque : ce que vous sçavés

A M. D'AERSEIVS. 383

avoir tqusjours esté de mon intention, encoréft qu'on ait pris beaucoup de peine et de plaisir à la de ^iser. Dieu nous doint par sa grâce de chercher sa g! ire, et toutes choses nous seront adjoustees. J'ai eu l*h<inneur

de voir au mesme lieu madame sa mere, qui n'a esté sans parier et très dignement et très afiectiountifement de Vous, de la bienveillance duquel elle attende tous» jours de bons e t officieux services en l'affaire f' e vous sçavés , et n en peuit espérer le succès que p /ostre moyen; encores que de son costé elle s'aiP ' lutant qu'elle pourra à en lever les obstacles. A cette i i, elle iàict estât d'estre, avant la fin de ce mois, en court M. son fils 9 suivait les nouvelles qu'il aura dVlle, se disposera aussi à y aiier; mais elle se senliroit bien obligée à vous, si à son arrivée, ou à peu près, elle pouvoit recevoir de vos lettres , par lesquelles elle apprîst Tinclination q\ie vous avés trouvée par delà, aiia de ae faire poinct une tentative vaine; aussi sçavés vous qu'il est désormais temps d'y voir clair ; ce qui ne se peult mieulx que par vostre moyen , puisque par tous les discours qui lui viennent d'ailleurs , l'espérance lui en est retranchée. Vous aurés ouï parler du faîct de Nismes, qui nous tient en échec; c'est ung symptoi>me des maladies passées. Le support qu'a pensé trouver cest homme hors des formes de FE^^lise, a accreu son orgueil, a attiré sur lui Texcommunication, et icelle plir lui insolemment foulée aulx pieds a esmeu Tindignation de la populace, de laquelle, comme vous sçavés , les mouvemens ne tiennent jamais mesure , etc. ^ Du 6 septembre t6i3.

k M. DE ROUTRAY. S85

dient de M. de Thou et ses collègues, répliqué par M. le chancellier, soit bien foible. Au pis, si par là les affaires ne prennent ung meilleur train , ce vous sera ung subject de presser de nouveau rassemblée. Les affiûres de Languedoc me tiennent plus au cœur» mesme ce voyage de Manse, parce que je les vois par là prendre liaison en Xaintonge , où li ne trouvera que trop de prise. Je donnerai ordre d'estre adverti de tout ce qui s'y passera; car, comme je vous, mandois par mes precedcnies, nos oreilles sont tendeues de ce cost^ là; au deilault de quoi ^ et non auUrement , nous allons en court. C'est pourquoi, en donnant advis à nos amis

du Languedoc dn succès du \oyaf^e de M. Durand, et du bien que j 'espère de cette entreveue pour i affermissement de la tranquillité publicqoe, j'ai estimé à propos de leur toucher l'expédient qu'ils pourroient tenir, pour s'aider à sortir de ce fascheux affaire da Nisnies , puisque nous apperceyons que les plus sages sont portés à la modération , la dignité de leurs majestés sauve. A La, Rochelle , je ne vois encores auU cung progrès 1^ mieuhc; et Manse y pourroit encores , dans les bourgeois, trouver le levain de la pretendeue union des Eglises. Aussi je ne vois que playes et ulcères de toutes parts. Toudiant la negotiation de Tidel , M. de Rohan m'en avoit monstre les pièces principales. Vous jugés assés par celle que M. lemareschal Desdignieres escrit à BeUujoi^i que les cœurs ne sont pas contons l'ung de Taultre. Et puis, entre les mains de quel homme nous met il? Pour moi, j'en reviens là y et n'y vois plus aultre moyen que, puisque diacung sans exception prend confiance de vous, nous vous debvons chacung envoyer son advis par escrit de ce qu'il sent des affidres publics, et d^ l'ordre de MÉK. OB DuyuMfft-MoavAT. ToMs xn. 21 5

386 ' LETTRE DE M. I}ljPL£SSiS, etc.

«ondtticte qu'il y fiiult prendre* poar maikifeaiir Mf

Eglises, soiib» le service de leurs majesté», en la tranquillité publicque, afin que de tous iceulx vous en eQAcertiésuog, y appcUés ceulx que jogerés convenir, et qu'à robservation d^keluî nous nous obligions tous , et malheur à qui s en départira , etc.

I>a 6 aepteaibce i6i3^

d^XXV.— -V^LETTAË 0£ M. D£ VILLË&ÛY

ji M. Duplessis.

Mmsixtin , il eat adveneu de Toitre entrevene et

rencontre avec de Rolian , ce (]uc cculx qui cog- Hoissent vostre prudence et intention, et le courage de II* de Rohan , en ont espéré, et Terttablement ce qve la royne s'en estoit promis et avoit désiré; de quoi JS MUS asseure que sa majesté est aussi bien contente; ^ ce qui vous doîbt estre confirmé de la part de sa «m* jesté par M. de Seaux, qui a le soing des affaires de vos quartiers. U est tout beseing qae le& gens de bien affectionnés à la conservation de Hanetorîté royale, de laquelle dépend, comme vous sçavés, le repos du côyanlme utile k tous, se rallient contre les artifices de cenk qui y sont contraires , dont le nombre ne paroifit que trop, mais, grâces à Dieu, moins puissans qu^ils ne vouldroient Lears majesté oontimient aa même soin^ qu Viles- ont en jusques à présent de coat server sincèrement le fondement de nostre concorde. A quoi faire elles sçav»nt que vdqs ponvés aider grandement ; et comme vous vous estes très bien employé ci devant, je vous asseure qu'elles croyent que vous oonâmerés à l'advcnir, qnand ce ne seroît que pow

L£TTR£ DE M. DE mLEKOT, ete. ^87

WU8 eoBtenter vottê mmmm , dont il sefoit difficile à qui que co soil de leur donner nultre opinion. Mais quand quelqu'un^ Tentreprendroit ^ je Vous frrdmets •de vous faire en cela et en toutes aullres clioses le service que voua dewrés de moi , par vostre lettre du 4 àt €8 moi», etc. : ^ « '

De MM. les députés ffenerai/ir à MM. les députés de ceulx de la rclUgioa, f/i la province d'An^f ou^ Touraîne et le Majne,

MESdiBUns, TOUS auré» sceu par nostre dernierv

despescbe comme au subject de la guerre de Mout- ISnrmt bou§ ations, avéc bons advis , diflBsré la demandé d'mi« asMiliMeè gmerale; maintenant notfs vous dirons comme, ayant veu ladicte guerre cessée, nous en avons éapuiB deuH mois en ^ ^ct la poursuite » de laquelle désirons avoir une resolution, pour vous la faire sçavoir. Nous en feismes la demande , il y a quelques jours , k la royiie Meame aii conseil, et Ih, nous Itri represen*tasmes comme nous faisions ladicte instance , non seulement selon* nos instructions de Saulmur, mais principalement suivant le decHr et la charge de plusieurs provinces, portées à cela paf une infinité de griefs qu'elles sentoient naistre journellement et se fouienter en divem Keentt pâ<* 1^ longues et difficiles repara*

tions que nous en avions au conseil, ce qui laisoit désirer iadtete ns^embjee genenllè, comme moyen plus puissant èt effieacieux en la conjonction de toutes les supplications de ceuk de la relligion envers leurs ma*.

jestés, et noi| par auleune affeciioa de nouveaulté, cm pour se Youlloir dispenser de la fidélité et obéissance

de vrais siibiects. Sur quoi elle nous a faict respouse de sa propre bouche, et commandé de la* faire sçarvoir aulx provinces : à sça^oir qu'elle ne pouvoit ni debvoit

nous raccorder avant la majorité du roy^ laquelle escheant au* mesme tenips qu'expire celui de nostre charge, porté par nostre brevet et selon que le feu roy en avoit usé, nous n'avons subject de nous plaindre de ce refiis, que son intention estoit de nous faire exécuter de bonne foi ce qu'elle nous avoit promis et ce qui estoit rîe Tedict. A quoi adjousta M. le chancellier ung ample discours de ses bonnes volontés , et une exhortation de considérer la peine qu'il y avoit au régime de cest estât, fallant satisfaire aulx ungs et aulx aultres, et nous dict que désormais la plaincte que nous Usions des difficultést et longueurs qui se rencon-

ti oient au conseil en nos alïaiics, cesseroit par l'ordre qu i! nous ayoït accordé y . par le moyen duquel la cog^ noissanee et exagerat^»n de nosdicts afBiires estant resserrée entre les mains de quattre personnes qui sont MM. de Thou, de Yicq, de Boissy et d#£uUion, ins-> truits et vcjrsés en nostre qdict^ et non awnés contre nous, «\ l'advenir les resolutions nous en seroient plu» faciles et fructueuses.. quoi derecUei li nous prometr. toit qu!il. tiendcoit la mçiin^ mais que nous ne debviona estimer qu'on nous permist ladicte assemblée , laquelle ne pouvoit estre que préjudiciable ^, ^o^s ,jaiesiQes^ veu uf» ^iyisjonii} et à l'e^tat, veu les jalous^'ea et de£i^ançés qu'elles y apportoient, et les prétextes qu'eii prenoieot c^iibc qui ne vouJJxuent que ie traoble. Voilà ^ messieurs^ la résolution que .nous avons e«e de cealç aQ^ire, sur laquelle nqiis atlen<k'Qn8. vos uàm et de^

DES DÉPUTÉS ÛENERÀULX. 389 toutes Jes aultres provinces, pour, selon la pluralité

d'icelles, nous conduire. Quant à l'affaire de Nismes, dont vous aurés ouï parler, nous vous dirons Testât présent d'icelui , qui est : qu'ayant représenté à la royne en plein conseil, selon les mémoires des villes d'Aix, Nismes et Montpellier, la vérité de t'esmotion populaire arrivée audict Nismes contre le sieur Ferrier, depuis son excommunication; le subject d'icelle, le debvoir qui y a esté apporté par les consuk| consistoire et principaulx de . h ville, et généralement toutes les raisons de plainctes, qu'ils a voient pour l'arrest qui avoitesté donné sans les ouïr , par lequel estoit ordonné la translation du siège presidiai de ladicte ville en celle de Beaucairo, supplient sa majesté par ce moven ne voulloir punir l'innocent pour le coupable, et interresser nostre public par cette forme de punition , et aussi d'user de miséricorde envers ce povre peuple, qui avoit esté porté à cette faulle par ung zele inconsidéré, et non par autcung mouvement de rébellion ou désobéissance. La royne nous a dict qu'elle estoit fort contente d'estre asseuree que les consuls et principaulx n'avoient poinct trempé en ladicte sédition. Qu'ainsi elle se départait du courroux qu'elle avoit conceu contre le gênerai de ladicte ville , se promettant qu'eulx mesmes favoriseroient le cours de la justice ordinaire contre les coupables. Qu'en ceste considération elle vouiloitbien arrester l'effect dudi( t arresi donné contre , eulx, estimant comme nous qu'il n'estoit raisonnable de rendre le public (que nous asseurions estre innocent) coupable.de la faulte des particuliers. Que plus il seroit tesmoigné de respect à la justice ordinaire, plus ils debvoient attendre de démence et de grâce envers elle^ Que ledict « arre&t s'estoit donné sur Ih,

3c)0 LKTTRR

Dotoridké 4e ceste «smcute, qui avoit parett cùtàma

publicque et générale en làdiete 'ville; nais iju'idulz ,

dfineurans en leur debvoir) ikius leur asseurassions , et toutes les Eglises» de ses bonnes intentions, ùotnme elle attendoit d'eiilx des tesmoignages de leurs oheiesauces et de leur affection à la conservation de Tauctorite du roy et de la sienne. Ainsi est cest affaire en EpeilleiiFs termes, et l'interest public reparé. Nous nê vous envoyons encorcs les lettres pour i cxeiupUon de MM. les pasteurs, d autant que les ayant mises, il y a près de dix mois , entre les mains de messieurs de In court des aides, pour y eslre vcriiiees, il survint au mesme temps une pique entre MAL le premier presi* dent de ladiete court et le' procureur du roy en icelle, telle que s'eslant pris à partie l'ung l'aultre, et mesme sur cela ioterdicts pour quelque temps de leurs charges, teste compagnie en a esté toute troublée et divertie de ses fonctions ordinaires. Nous avons une jussion seconde pour leur faire reparer le refus qu'ils ont faict de la vérification desdictes lettres; et à M; deBoissise, charge de leur faire entendre pour une dernière fois la volonté absoieuede la royne sur ce faict. Ainsi espe* rons venir à bout de oest affaire^ malgré la rage du clergé , qui jjaruist en tous nos affaires petits et grands, voire bien souvent au préjudice du respect qui est deu k leurs majestés. En quoi la misère de ce siècle est à plaindre, et où neantmoins les gens de bien et bons François ne doibvent poinct tremper, et debvons estre surtout très soigneux de ne poinct donner de prise sur nous en ce faict; mais nous tenans atlarln s et fermes en nostre debvoir, et remedians en chanté parmi nous à nos divisions intestines, attirer sur nous la benedîctipn d*en hault, par le moyen de laquelle nous serons

DES DÉPUTÉS GENERAULX. Sgi

mu édification à nng chacuiig,«t plu8 utiles au bien et service du roy nostre souverain seigneur , et à l'affer^ missenaent de nos Eglises dans cest estât, etc.

Du 8 aeplcmlire i6 1 S.

CLXXXVIL — * AD VIS

JEwoyé à MM* tes députés generaulx en septembre

Sbmblb queila raqoritë du roy s'approchant ^ nous debvons tellement disposer nos ailaires, qu'elle trouve nos £f;lises en assiette paisible et agréable , afin qun nos malveillans n'ayent poinct subject paré de tourner lea premières indignations du roy, par conséquent ses pMnierea armes , contre nous, dont il n'y a aucun qui ne voye les périlleuses conséquences.

âeroit même grandement à souhaiter qu'entre ci et là il se 'prssentast quelque occasion en laquelle nova puissions effacer les traces des aspretës passées pat Vimpression de quelques services; m ni s ce sont occa« sions qui m naissent par toutes les fois que noue vouions.

Et n est à dire que c'est prendre son conseil d^ trop loing ; car le tempa va viste, se perd par la plus* part, et nous avons une grande besogne à faire, de tant plus que des les advenues de cette, majorité se prendmnt et donneront les inclinations aux conseib qu'elle aura à suivre.

ILe moyen de parvenir à ceste «saîette , est que cha* eiing en sonendroicten rendc'nos Eglises'cèpiibles, leuir en feisant sentir les utilités, et d'une contraire les donmiages pour s'abstenir, tant le corps que les

391 Àbvis

membres , de toutes procédures odieuses et subjecles à interprétations sinistres.

Ëtneantmoinsne laisseront MM. nos députés géné*' raulx de poursuivre avec toute rigueur, tant l'executioa des choses promises , que la réparation de nos justes griefs; et en cas qu'il ne leur y soit plus promptement pourveu , déclarer toujours estrc presses par les provinces de requeru* une assemblée générale.

Gomme aussi , èn cas extraordinaire , ne lairront nos conseils provinciaulx de se tenu^ selon la tolérance qui nous est accordée: mais avec une telle modestie et circonspection , qu'il puisse estre recogneu que ces reglemens que nous prenons entre nous, sont des aides de nécessité , et non des nouveaultés affectées. .

De cet advis, s'il est trouvé bon, pourront estre rendeus capables ceulx qui se trouveront au synode national prochain, par MM. les députés generaulx, ou celui d^eulx qui s*y trouvera pour le distribuer puis après dans les provinces; mais surtout si leurs majestés font à ce printemps le voyage dont il se parle, lesdict sieurs , qui seront obligés à cette suite , le pourront faire valoir puissamment par les utilités qu ils en représenteront aulx plus notables personnes de toutes qualités.

. £t d'abondant, par leur direction , disposerment les -villes et places que nous avons en garde à montrer à leurs majestés Fallegresse et confiance requise, telle que les malveiUans ne leur y puissent £aire trouver de différence. Ce qui seroit aisé , conduict avec discrétion sans mettre rien en péril , donî: s'en suivroit qu'elles concevr.oient toute auitie opioion de nous, que jus* qu'ici on ne la leur a vouleu donner; nous, tiendroient désormais comme partie intégrante de Testât , neccs-

AULX DÉPUTÉS GENERAULX. Sgî

«aires à leur service , et non pour ezeressences inu" tiles , ou tumeurs contre nature.

Les choses ainsi préparées , se pourroit obtenir et tenir une assemblée générale avec utilité , et semble que ceste ci seroit bien des prinfcipales et plus essentielles qu'il y feust député vers le roy , gens notables , lesquels après les devis et sérieuses conjouissances d'avoir heureusement atteint sa majorité, et les protestations solennelles de la fidélité et obéissance de ses très humbles sujectSi de la relligioo par la bouche de Tung d'eulx , bien prépare , lui fissent intelligiblement comprendre y et insinuassent en ce tendre esprit quelle est Torigine de cenk de iadicte relligion et en la chrétienté , et nomraeement en son royaulme , par quels chemins ils sont veneus au poinct là où ils sont , d'où ces villes deseureté, d^oùces çonflicts de jurisdiction j et auhres nouveaultés qu'on lui interprète à bizarrerie, à turbulence, à diminution de son autorité, afin que si, d'une part , on le veult animer contre nous par la difformité de ces cicatrices , il sçache de quelles playes elles sont venues, que nous n'avons. pas faictes , mais souffertes.

Ce qui se pourra tant plus favorablement discourir, que le nom et la mémoire du roy son pere intéressé en toute ceste histoire , et faisant partie principale de tout ce qui s'est passé de plus rigoureux en ce royaiîlme, se rencontrera partout, qui donnera subject de jetter en son oreille les services que ceulx de la relligion lui ont fiiits en ses plus dures années; et quand le temps en sera venu , si on Ta agréable, on enfilera ceste matière en tel ordre et en tels termes , que les choses utiles et ne* cessaires se diront san& qu'aulcung ait ^uste subject d'offense. Semble, au reste, qu'on se debvra réduire en

,ADVIS,etc.

ceste afsemUee générale à demander peu â'aiticle»^

escrire presque ung seul, la prolongation «(iles places, pour longues années , pour ne rendre poinct leur condition flottante de- temps «a temps , dont ils sojrcfBft rendeus tant plus capables de ne penser en ceste trmi* quillité ou'à lui rendre tout espèce de service, et quelque ordre et règlement contre les abus qui se glissent tous les jours «n la proirîsion d'icelles.

Pour nostre ordre, semble ny avoir rien ûe plus coulant que de &îre passer la tcderance de nos cou-

* seils en pernmssion , surtout si par quelque espace «do temps on ait vu. que nous en ayons usé sobrement, et

' seulement pour la •direction nécessaire ; car quant à œ qu'on 'Oppose quccW ung estât dans ung estât , i! n'y « communauté quelconque, fondée de loix^t de privilèges, qui n'ait quelque ordre |>our le maintenir, et pour digérer et diriger ses plaintes et remontrances Yers son prince; ordre duquel il sent la facilité et l'utilité évidente, ^and il est reteneu dans les termes de Ttisage, et pourtant n'est question que d'en éviter Taiiûs, o«. le réprimer.

Cet advis est soubmis avec toute sincérité au juge« ment de MM. te depuK^ generatilx, et de ceuk aulxquels il leur plaira le communiquer, et soit d'icelui, soit de . tel aultre, qu^iis concerteront de plusieurs, ensemble , est besoin g de oôHvenir, non entre quel* ques uns seulement des principaulx, mais entre tous, parce que ceuk qui n'y auront poinct preste leur oonsenlement, se sentant dédaignés, n'y en eust qu'un , seront capables , sous divers prétextes , non de le rendre inutile seulement, mais de le tourner au dommage ptfUKc.

LËTXIl£ DE M. D£ ROUVAÀT, eto. SgS

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