LETTRE DE M. DE R0T7TRAT
d'auitres raisons à cela, que vostre prudence saura bien exagérer, et sar les considérations desipiellos j'ai estimë que dans ceste dernière despesclie que venons de faire aulx provinces, il estoit à propos de n'en poinct parler, et aussi de ne poinct envoyer vostre pacquet de M. Baille, ainsi que vous escrira M. Mar« bault, auquel je l'ai reodeu sur ce subject. Je ne sçais si vous Papproitverés, et m'y suis d'autant plus confirmé, (jue je vois l'aflfilire de Nismes en meilleufs termes que vous ne pensiés lorsque vous avés escrit lesdtctes lettres, ^insi que vous aurës veu par nos dernières, j'estime qu'il est très à propos, et ])our diverses raisons, que M. de Aohan vienne ici, et je crois qu'il n*y aura pas grand peine, car je vois le baron de Saugeon qui n'attend, ce me semble, que quelque parole expresse sur Ce faict, disant qu'il n'attend quis quelque commandement; et cependant je re* marque que Ton se mesnage fort là dessus. Il a eu une conférence fort longue et particulière, depuis Tarrivee de M. Durand, avec M. de Villeroy ; aujourd'hui, lui ayant faict sentir que j'en avois appris quelque chose, il m'a £snct voir ung mémoire de la main de mondîct sieur qui lui a esté apporté, et qu'il m'a dict avoir £iict voir à mondict sieur de Villeroy avec les commentaires nécessaires là dessus , avec les tesponses qu'il a eues là dessus. Ledict mémoire tend à lier une plus estroicte amitié, en la créance de laquelle l'on demande advîs et aide de lui, le premier à ce que 1 on ne trouve estrange s'il désire conserver et mesnagex sa créance parmi nous, avec une déclaration qu'il y est resoleu, et la tout pour estre pbs utile au service de leurs majestés, et cela avec plusieurs traits de vanité. Apres il se plamct de ce qu'il
A M. DUPLESSIS. 397 a de mauvaises assiguations. pour ses appomteiBeos et estati ^ciieus; fii^alc^eot il parle de ses amis , et surtout des deux qui ont esté eiiipnsûuii(is, qui est Tenie et ledict Saugepn, et fort long du faict de liaulte** fontaine, sur. tous lesquels poincts ledict sieur .a res^ pondeu en habile homme, et n'esloignant ni n asseurant ôen, sinon en ce quille regarde en son particulier, où il,^i(^ond avec de grandes* civilités et promesses réciproques. M. de Chastillon s'est fort ouvert à moi aujourd hui^je le vois en Tas&iette d'ung homme, qui de tous costés^* je dis de3 deux, ne veult s'attacher que bien à poinct, blasmant diversement les procédures de Tung et de Taultre, et louant grandement les VQStres si l'amour ne Fempiette du tout; il y a moyen de s'asseurer de lui. Je le mesna^crai en^ceste assiette, car j'estime que le bien public le veult ainsi, et qa'il est. à propos de donner des contrepoids de tous costës.- Quant' à ce que vous m'escrîvés par la Vûstre du & sur le pourparlé de Yidel et des responses y faictes, je ne puis convenir à l'expédient que vous en rejettes sur moi, qui en toutes façons ai les espaules trop foibles pour me charger d'ung tel fardeau , et je vous supplie.de le juger aussi nestre par où .vise . celui qui a faict response, ce qui est facile à remarquer. Quant à moi, je n'ai garde de piendre cela &ur mon dos; je ne siiis bon qu'à estre tesmoing, aussi est ce tout ce que j'ai dict qu'on y debvoit attendre de moi, qui ne maïuiuciai à parler a M. le le président Jeannin du tort qui vous est i^ict pour vos debles, vous faisant commencer Tannée par ûu, en quoi certes l'on ne recognoii>l ni voslre aiïtjc— tion ni vos services. Que j'aye, s'il vous plaist, advis au pIus,tost, si. vous jugerés à propos quc^ Ton frapp«
SgS lETTRE DB M. DE ROI^TRAT, «to.
coup à isk veneue de M. de Hohan à la court; quant à nfoî , qnoiqtie j'y Toye «diverses misons de part et d'aultre, je me ferme à cela que le meilleur est qu'il y viiMte, Ydus avés raison de peu espérer de Fexpedicftt'acMdrdé toocbaiil} tidstre petite direction dé nos quattre ; jusque» ici en ce peu que nous sommes as-* semblés j'y vois prendre ung biais <}ui né sera pas de grand fruict. Mats comme vous nie fDcftidcm y au pis aller, nous ferons valoir cela en temps et lieu : que n'en ayons nous peinct de sabjeet! l'ai recen lettres sur l'affaire d^Aîgiies-Mortes , où M. de Bertîchcres a faict à Uzes de grands efforts ; mais il eu est plus loing jamaisV à ce que Ton mt mande. Leur synode est indiqué à Montpellier au '2 d'octobre prochain, et là s'asscurent que tout y concluera pour madame d'Arambures, etc.
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