CXCVÏ. ~ ♦ LETTRE DE M. MARBAULT
M, Duplessis,
MoirssiGifiiia> nous vous avons escrit aesés ample*, ment par le dernier nfiessager, et trouvant la commodité de M. Filene, qui faict porter ces lettres jusqu'à Blois y noua avcuos pensé de prycr M« Viguier de les vous envoyer exprès. Vostre assignation a estéresoleue sur Tours ou Poictiers, à vostre option; nous la pr&« iMMOs sur ravdtra, 11 nous reste seulement encores en double avec M. le ihresorier de Tespargne , s'il nous la baillera sur les quartiers de juillet et octobre, i^e le T'oullant bailler que sur oekii-ck Gel» vuidé, les exped-itions seront bientost faictes; et pour cest effect, M. Marchant, Ihresoiriet de? fortifications, est. ici de-> puis deux jours à ma pryere»^ Je m'en iroîs vous: trou* ver droict d'ici, s'il ue me falloit repasser à Paris aduîter ung mallier,  œ default je tasobe de suppléer par celle ci. M. de Rouvray a eu depuis- deux jours une despesche du synode de Basse Guyenne, qui ne lukdict mot de le teneue du national; mais les presse de demander l'assemblée générale qu'ils veulent dans tjTois mois pour toutes prefîctions et délais ; leur envejent copandAçt leurs mémoires^ esquels ils de-^
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mandent la translation cle la chambre de Neirer» à
Saincte Foy, que désormais elle cognoisse de tous affaires généralement quelcomjues , tant des ecclésiastiques que dtt domaine , la nomination aulx ofBces de président et conseiller de l:i relligion , la revocation de larrest de Nismes, et une infinité dauitres articles; les actes signés de pasteurs qui ont dirigé l'action , quoiqu'il y cust une extraordinaire quantité' de noblesse. La Giieuaye en estoit de retour , qui en avoit apporté des nouvelles; mais M. de Rouvray en ayant donné advis en particulier à monseigneur le chancel- x lier y il a pensé saulter aulx nues, et ne s'est pas espar* gné surTentreprise des ministres, l'abus des assemblées ecclésiastiques, qui decheroient par ce moyen de leur liberté. Il a esté respondeu du lieu qu'on donnoit à ces choses, non seulement faulte d'execolion aulx choses promises, mais en contraventions manifestes, dont plusieurs feurent cottees; sans la repartition desquelles les gens de bien avoient les bras liés. Ceci estant de trop longue déduction, je le passe légèrement, remettant à vous le discourir.
M. de Bouillon a aussi monstré estre touché de cestaffaire par son propre interest, n'estant pas bien équipé, si tel orage survenoit. Les conseils ont esté fort divers; les ungs disant que c'estoit tout perdre que mollir, et donner tant de lieu à ceste erreur. Les aukres qu il fault chevir au moins mal qu'on peult, et pour cest elFect repasser les choses dont on se plainct; auquel effect M. de BuIIion a esté commis pour y doianer contentement. M. le chanceliier porte cest advis; en quoi il semble ne s'accorder pas bien avec M. de Villeroy; ne sçais je si c^est avec art, tant y a que d'aultres tout à bon persuadent ce premier conseil ,
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pettlt estre en esperoient ung changement. On a
délibéré d'escrire aulx principales personnes, à MM. de Rohan, de Sully , Desdiguieres, à vous, MM. de La Force etLusîgnan; aulx grandes communautés, comme LaKoclielle, Montauban, etc.; mais cela n'est poinct encores resoleu , et est agité de part et d aultres. M. de Seaux TOUS a despesché cependant , ce crois je , sur la dernière esmotion de Nismes. Toutes les provinces escrivent à messieurs nos députés, sur le faict contre Ferrier et l'arrest de translation du siège. M. Desdiguieres en a aussi escrit à laroyne et à M. de Ponlchar' train, et de bonne sorte, condamnant Faction, reque» nint la clémence , remonstrant l'interest du public en la translation, et qu'il y a temps de chastier et temps de pardonner. M. de Viileroy en a pensé enrager, disant
que pour sa province patience, parce que des unes aulx aultres li n'y a que la main ; mais que pour lui, il estoit le seul auquel ils s'attendoient le plus pour ung tel chaslimeuL, bien loin de se joindre avec eulx; ce qui leur apporte nouvel estonnement avec celui de Guyenne, qui est extraordinaire et qui, à la vérité, est poussé de bien loing. Cependant MM. de Viileroy et de Bullion s estant attaqués sur ce faict de M. Des<dîguieres , M« le chancellier a blasmé celui là , le pryant de se tempérer. M. Yiguier est allé irouver monseigneur le prince , et a esté par lui mandé de la royne , et ainsi est attendeu. MM. de Longuevilie, de Nevers et de Mayenne y sont, et se morguent fort les G u isards et eulx, en sorte que la royne crainct qu'il y ait de la mèslee entre eulx; ce qui Ta faict penser à aller à Paris. Quelques ungs croyent que la partie de M. le prince prevault, parce que les Guisards se sont plains tout hauH du mariage de la fille de M. Conchini avec
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le petit fils de M* de Villeroy , les articles duquel ont
esté aujourd'hui portés pnr M. crAiincourt et M. le président Jeannin à M, le cbancehier ; ce^ crois je resoleu.
J oubliois qu'on acciise le synode de Basse Guyenne, OU la noblesse qui y estoit, de s estre ofFerte à M. le cômte de Sainet Paul, qui fôrtifioit Frbiisac, et a désisté , etc.
Du a octobre i6i3.