‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 93 sur 142 · A M. EDMOND · texte numérisé non relu

A M. EDMOND

M, Edmond* (ï)

Moif$X£iiAy peu de temps après quil eust pieu à Dieu appeller le roj vostre souverain à ce grand estât, je me proposai qu'il n'y avoit œuvre plus digne de sa pietë , sagesse et grandeur , que la concorde de toutes les Eglises reformées de la chretienneté, et pour ce en conférai plusieurs fois et par écrits et de bouche avec messieurs ses ambassadeurs en ce royaulme , mesme leur fis cpielques ouvertures des moyens que j'estimais plus

expcdiciis pour y parvenir, « t. crois que vous en aures pu ouïr parler. Je n'eus poinct toutefois ce bonheur , que ceste proposition feust avancée ^ bien que tousjours approuvée. Ce que j'impute partie a plus pressantes affaires , qui deussent en ordre précéder cestui I& , partie aulx difficultés qu'on craignoit d'y rencontrer, qui peuvent estre ou levées, ou diminuées depuis ce temps là. J'ai donc grandement loué Dieu , monsieur, quand Bf. Dumoulin nous estant veheu voir en ces quartiers, m'a faict senUr que ce grand roy, vostre souverain , vouloit embrasser ceste œuvre nécessaire, s^ii le feut jamais en la chretienneté, et m'a communique certain projet , qu il a dresse , des moyens de lé conduire à une bonne fin , lesquels procédés d'ung si saînct zele et d*ung si excellent esprit , je ne puis que grandement louer et approuver; seulement en Texecution d'iceulx, lui ai donné mon advis, qu'elle > semble debvotr estre procurée par degrés et par pie-

(i) Ambassadeur pour le roy d'Angleterre près sa majeâté*

4^3 LETTRE DE M. DUPUBSSIS, «te.

ces , pour les raisons qu il vous saura plus comiuodeenient déclarer. Je vous supplie donc , monsieur ^ selon le désir dont je sçais que voiis estes porte à TadTancement de la gloire de Dieu de vouiioir, entendre le tout de sa bouche, afin que par vos sainctes indue* fions ce salutaire desseing puisse esire acheininé sous Tauctorité de vostre souverain; desseing, à la venté, de

• longue haleine, et qui pourtant requiert aVëc la patience un g continuel soing; mais certes aussi au bout duquel se voit préparée une couronne de gloire incomparable au roy vostre souverain , qui aura par ce moyen faict chanter par toute TEurope ie caïUique des anges, et à tant de gens de bien qui soupirent de si long tenips après ceste concorde , donné subject de clore leur tie par celui de Siineon.

Pour moi , je vous dirai, du fond de mon ame , que si Dieà me feisoit voir cela , je mourrois plus que saoul de jours, et voudrois en pouvoir rachepter radvancenient de ce peu qui m'en reste. Trouvés donc bon , s*il vous plaist, que je me sois ingi^ré de vous donner oe coup d'eperon en une carrière que je ne doubte poinct

que vous n^enfiliés assés de vous ihesme.

• Du 4 octolire i6]!S.

CGIL — *ADVIS

Sur îa réunion des confessions de toutes les Églises

reformées de toute la chrestienté,

Moi!i advis est que le project dressé par M. Dumoulin , que je loue et approuve de tout mon cœur pour la concorde de nos Eglises refermées , pour esviter auk oppositions , s'effectue par degrés.

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