ADVIS
ôçavûir que premiei que d eu faire rien sentir aulx princes , estais et Eglises de la confession d'Augsbourg , les Eglises de noslre confession ayent conféré et conveneu ensemble des moyens qu'elles auront à tenir pour conférer et cotitrenir entre elles, en quels termes
et formules elles auront à parler des poincts controuvésy et jusqucs à quoi elles pourront condescendre.
Pour à quoi parvenir sera besoing d'une espèce de prosynode proposé par M. Dumoulin, pour lequel accélérer, parce que nos synodes nationauix ne se tiennent que tous les deux ans , seroit à désirer que la prc^position eust peu estre faicte au prochain national , qui donnast subject à nos Eglises d'en requérir la permission.
Et parce qu'il y en auroit qui pourroient craindre que le roy de la Grande Bretagne eust desseing par là d'obliger les Eglises à cbangement de discipline , sera bon de déclarer son intention que les Eglises, salm pace et concordia , supportent fraternellement la po<* ' lice et discipline les unes des aultres.
Est aussi à noter qu'en conviant les princes d*AUemaigne de nostre confession de iaire trouver leurs théologiens au prosynode ci dessus mentionné , ne fâuidra requérir ceulx qui sont bien affectionnés à nostre confession en leurs personnes, et neantmoins n'ont encore reformé leur pays , parce qu'il importera qu'ils se trouvent de l'aultre part , sçavoir en la convocation de ceuk de la confession d'Augsbourg, afin que leurs théologiens , par leur modération , servent de moyen et de ciment pour lier et joindre ce qui se pourroit rencontrer de plus dur entre les parties.
Du 4 octobre i6x3^
ccni. — ^ lehre de m. de villeroy
A M. Duplessù,
Moj^isiEUAy M. de Yillamould nous a dict vostre santé et la persévérance de Tostre atFection à la con» servatton du repos public; je me réjouis de l'une, et n'ai jamais doublé de laultre; et certes il est tout besoing que vous nous aidiés à celle ci, car il n'y ti faulte de gens parmi nous et ailleurs qui s'ennuyent de trop d'aise. XSostre consolation est que leurs majestés sont en' bonne santé, et quelles ont la mesme volonté de maintenir la paix du royaulme dedans et dehors , qu'elles ont tesmoignee jusques à présent par leur conduicte et gouvernement; de quoi je vous supplie res* pondre hardiment partout ou besoin g sera, et nous donner conseil et advis de ce que vous ^jugerés estre & propos que nous fassions ici pour affermir dadvantage ceste tranquillité. Au reste, M. de Villarnould n'a eu affaire de moi pour obtenir pour vostre particulier ce dont vous Taviés enchargé. Il n'y a ici personne qui ' ne désire vous servir comme j'aurai à plaisir, et faveur de faire, ledict sieur de Villarnould en ce qui le concerne , tant pour soin mérite que pour vostre considération, qui me servira et tiendra tousjours lieu de commandement, etc.
Do ô octobre 161 3.
ji M. de Rouçraj*
Monsieur, madame de Eoban partit hier de séant, s'en allant à Paris; elle âùct ung estât fort particulier de voslre amitié, etn'y fera ni proposera rien que par vostre advis. Monsieur son fils est en Basse Bretaigne, qu'elle a laissé en fort bon propos; mais elle crainet tousjours que ceulx qui peuvent trop sur lui ne le changent. Il lui a baillé des mémoires de ses affaires, que nous avons consultés ensemble^ Il y a plusieurs choses dures et durement dictes ; je lui ai ouvert les moyens de les amollir; elle va pleine de très bonnes résolutions, et TOUS sçavés en quantes fiiçons elle a tasché de servir au bien ^ et en effect servi. J'estime qu'il est à propos qiie la royne et les principaulx ministres de Testât en soyent imbus, afin 'qu*en son arrivée elle y puisse trouver gré et grâces, mesmes qu'ils soyent persuadés, Toullant gratifier M, de Rohan, ^r ses demandes, d'en octroyer Tinterinement à sa poursuite, parce que cela la rendra plus auctorisee, et envers lui et contre ceulx qui l'emportent; en quoi j'estime qu'il va du service de leurs majestés.
Vous Uù ferés donc, s'il vous plaist, cest office après tant d'aultres. .
A peine estoit elle partie de séant, que j'ai receu la despesche de M. Marbault, du i octobre, par voye de Blois, où j'ai appris la despesche que vous avés eue . de Basse Guyenne. M. de Primerose ne nous avoit rien dict de tel ici, bien que détestant fort tous violens conseils. Les synodes se feront fort descrier, par telles
4^6 LETTRE DE M. DUPLESSIS, etc.
entreprises; cependant ii est tout certain que la cause
en <^îst aulx procudures de la court, et faulte de tenir et exécuter les choses promises cl de reparer les griefe en temps convenable; car par là ils exposent en reproche ceulx qui travaillent pour la tranquillité piiblicque , et les font estimer iustrumens de ttomper les Eglises. G'ést pourt{uoi j'aurois tant fiiict â*instftnees sur ceste exécution de choses^ peu eu nombre et à la vérité de peu, si elles sont bien considérées, et au reflis ou remm desquelles on ne laisse paà dë se për^ suader, ou une mauvaise foi, ou une volonté encores pire« J'attends le surplus par la bouche de H/L MarbÉult» auquel , en ceste attente , je n'escris poinet»
Parmi tout cela est veneue à propos la lettre de M. le mareschal DekUguieres, qui fera tenir bride A^uûé part y pendant que nous travaillerons dè Taultre, été.
De 8 octobre 16 i3.
Envoyé à M. de Rohan par 3L Duplessis, en octobre
MssslxtJAs nos deputéi generaufat ont très prudemment faict de presser l'assemblce générale , tant pour leur décharge particuUere que pour retenu^ en quelque &çon la prétention de renouveller nos depatés tous les deux ans par ladicte assemblée, et par mesme moyen les instruire de leurs charges.
Pour l'impetrer, ils ont fiiict force sur deux raisons principales. Tune pour estre decbargés ; à quoi leur est respondeu que le brevet est pour trois ans; i'aultre plus {orte, rinexecutton des choses promises, et pei
de rèjàdraiidil dleft grieft dont toutes les provinces se
plaigtlent; à quoi on a piensé aulcunement leur satisfaire par i'expedieàt qui a e&té piris des quattre, qui desonliais , avec moins de cotiflision et de contradiction, expédieront nos afTaires.
Seihble dont qUe lesdicts sieurs députas doivent estrfe texhortës par lés pro'dlices h presser vivemenk Texecution des choses accordées, et réparation desdicts griefs vé» cëàit qui sont ordonnés pour eh prendre cogrïoissance, ^bûit voir si c'esté voye i^uséira mieulx que iesprectedentes , et quels effects s'en ensuivront, en fiiisant touèjoùrs eiltendire qu'ils àbiit pressés par lesdictes provinces, à l'occasion du peu de contentement qu'elles reçoivent; de iaire instance de ladicte assemblée générale 9 et serotat )contrain^ts de la continuer, s ils n'ont subject de leur donner plus de contentement par le succès de leurs sollicitations.
Gè que dessus parce que le^ rdisoAs qui feurent discoureues au Parc, pour ne liaster poinct la teneue de ràssemblee générale, subsistent en leur entier; les^quelles il n'est besoing de repeter ici , et qu'il est à propos de la reserver eu temps qu'elle nous puisse estre plus utile. Joinct que le synode national est assigné au mois d*avril prochain , qui la pourra suppléer en quelque sorte, et qu^entre ci et là, nous verrons plus daik* en beaucoup de choses*
CGVl. — ^LETTRE DE M. DUPLESSIS
A M* le duc de Rohan, pair de France.
,Moirsi£UR, depuis que madame vostre mère feut partie dici, je receus une despesche de la court, de
^28 LETTRE DE H. DUPLESSIS, «te.
laquelle je lui mande la substance à la couchée par son
secrétaire. Je ne double poinct qu'elle ne vous en-ÊBse .
part, encores que vous ca pouves estre adverti d'ailleurs. Il est question d'une lettre et mémoires du synode de Basse Guyenne à nos députés generauU/ qui ont fort scandalisé la court, oii ils demandent l'assemblée dans trois mois précisément; la translation de la chambre de Nevers à Saincte Foy; la nommation des président et conseillers d^iccllc, Tcxtension de la jurisdiction à toutes causes quelconques, et plusieurs aultres articles. Il y a apparence toutesfois que les conseils plus modères prevauldront , et qu'on se resouldra à reparer nos griefs, dont M« de Rouvray na pas per- . deu Toccasion de faire une remonstrance sérieuse. Cependant je ne change rien à l'advis que je vous ai envoyé. M. Desdiguieres a escrit une fort bonne lettre | sur le faict de Nismes , à la royne.
Je viens d'avoir nouvelle de la mort assés subite de
M. le mareschal de Laverdin, etc.
Du II octobre i6i3.