CCVIL — * LETTRE DE LA ROYNE
ji M, Duplessis.
M. ^Duplessis, vous sçavés que mon principal seing a tousjours esté depuis la mort du feu roy mon seigneur (que Dieu absolve), de maintenir et conserver les edtcts €[u*il avoit faicts en faveur de ceulx dé la relligion pretendeue reformée; recognoissant bien que de l'observation d'iceulx despend la manutention de Ja tranquillité publicque. C'est pourquoi^ ayant eu incessamment ce but devant les yesilx, j'ai ressenti d'ex-
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tremes desplaisirs quand quelques uugs des subjects du roy monsieur moD fils, soit de Tuae ou de Faultre
relligion, se sont licenties de transgresser lesdicts edicts, et.de sortir des termes de leur debvoir, et y ai tousjours apporté les remèdes que j'ai estimés les plus mo* derës, afin de ramener plus tost ceulx qui se destournoient du droict chemm , que d'y employer avec la - «gueur des edicts et ordonnances, ce qui est de l'auetoritë souveraine; et cond)ien ([ue ccstc procédure ait esté bien receue et approuvée presque de tous, je vois neantmoins, à mon grand regret, que ceulx deNismes n'en font pas de niesnics; car sur les diverses esniotions, séditions et insolences qui s'y sont faictes, ayant faict despescher une commission à la chambre de
Castres, pour en faire informer etproceder eontre les coupables; et sur le rapport qui m'avoit esté faict du peu "de seureté qu'il y avoit en ladicte Tille pour les officiers de la justice et pour la garde des prisonniers arrestës de Tauctorité d'icelle, ayant faict expédier une déclaration pour la translation du siège presidial de Nismes à Beaucaire, non pour tousjours, mais seulement pour faire venir les aucteurs de ces tumultes à recognoissance de leurs faultes, et en attendant qu'après lesdictcs informations faictes, j'en eusse aultrcment ordonné; d'autant que mon intention a plutost esté de leur faire cognoistre en cela le dommage que ladicte ville pourra recevoir par ces insolences', afin de les ramener par ce moyen à leur debvoir et à la raison, que de faire ezecilter ladicte déclaration, de laquelle j'avois des lors resoleu la surseance; comme aussi sur ung aultre advis qui me ieut apporté du depuis, que ces desordres et séditions continuoient et paroissoient encores plus qu'auparavant^ mesmés entre
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les consuls de ladicte ville, et qu'au Icungs publioient ^ qu*il y avoit app^ence de quelques desseings contxe le repos et la seaceté d'icelle, ayant faict au mesme
temps depescher encores une nouvelle commission à ladictp chambre de Castries, pour informer de ces der- g i^îeres ^etiops cpoinie des précédentes avec commandement expies, que, oii ils trouveront la seureté de ladicte yi)le avoir e^té violée ou attaquée , il soit pro* c^di contre les coupaUes et accusés , par les voyes
ordinaires, tant s'en fault qu'ils ayent tesmoigné la reppgQPissance qu'ils doibvent à tant de preuves que nous leurs avons données de nostre clémence , afiection et singulière bienveillance en leur endroict, qu'au contraire je $ui^ advertie qu'ils put esté si oultrecuidés que de dresser des escHts et mémoires sur ce subject, et Ijes envoyer en divers endroicts dedans et dehors cc rojaulme, non pour justifier la mauvaise procédure qil'ils opt teneue contre le sieur Ferrier et auitres qui se sont depuis ensuivies, mais pour tacitement nous aiBpuser d'ino})servaiion desdicts edicts. De quoi je ne puis que je ne me plaigne à vous, que je sçais qui affectionnés le bien du service du roy mondict sieur et fils, et la paix et tranquillité de cest estât, et qui Favés tesmoigné, qon seulement aulx auitres occasions qui se sont présentées, mais mesmes en celle ci; et c fBst ce qui est cause qu'oultre ce que je vous en ai escrit, et que le sieur de Villamould, vostre gendre, vous en aura peu mander, j'ai voulleu vous fiiire ceste lettre sur ce subject, auquel j'adjousterai encpres les lidvis que j'ai depuis peu receus des mauvaises résolutions, qui ont esté prises en une assemblée qui s'est n'agueres teneue , soubs le tiltre de synode de Saincte Foy , ayant esté advertie que sans s'y arrester beaucoup
A M. DUPLESSrS. 43i à ce qui concerne l'ordre et la discipline ecclésiastique, pour raison de quoi ces libertés de s'assembler ont esté concédées, il y a esté principalement traicté d'af- Uires purement politiques, et arresté de nous faire faire, par les députés generaulx de ceulx de ladicte feUigioupretendeuereformep, diverses reinonstrances, instances et demandes peu eonyenablea à la fidélité , obéissance et affection de bons et loyaulx suLjccts envers leui: roy, et £Eiisant plutost paroistre ung désir de iNHible qu'une entière inclination au bien et à la paix. Toutes lesquelles choses je ne vous puis celer m'estre trefi déplaisantes, veu lesoiag continuel que je prends de ponnrmr au mieuh que Testât des afiaires le peult permettre , à toutes les plainctes qui me sont faictes par lesdicts députés geneniuls, au nom de ceulx de ledicte relligion pretendeue reformée de toutes les provinces, et parce que je recogiiois combien la tolérance et continuation de ces actions et procédures seroit dangereuse pour le bien du service du roy, mondict «ieur et fils, et pour le repos de ses subjects. Je vous prye d'en considérer la conséquence et les mauvais exemples qui s'en peuvent prendre, et de me donner advis de ce que vous estimerés eslre plus à propos , et que doibve G^ire sur ces oocurrenoes pour Je bien de cest estât et la conservation du repos d'icelui , en continuant en icelies et en toutes aultres de rendre au roy mmdiot lieur et fils, et à moi, les debvoirs et services que j'attends de vostre affection , fidélité et prudence y etc. < MA.ais.
Eicrit i Fontaindileau , ce i3 oeibbre 181 3.
CGYUL — -^LETTRE
De M, le duc de Rohan à M. Duplessts.
MoKSiEUK , ce mot est pour vous dire que j'ai receu une lettre de M. de YiUeroy, toudiant la dernière esmotion de Nismes. L'on veult, à la court, porter les aggresseurSi et trouver coupables, à quelque prix que se soit, les gens de bien. Je lui fiiis response par ce messager, et lui cscrîs de bonne encre. Je croîs que vous fériés hien de faire le semblable à qui vous adviseriés, afin qu'on voye cëmme nous convenons bien ensemble, et que nostre correspondance serve aulx bons frères. Je suis très aise du retour de M. de Rou* vray en court, car cest affaire, de la façon qu'on le prend, a besoing de son support. Je suis aussi en peine du.lacquais que madame ma mere me debvoit renvoyer de Saulmur, car il tarde, et je désire que le conseil de nostre province et celui de la vostre se conforment ; pour cela j'ai de Timpatience de sçavoir de vos nouvelles.
Le synode national est assigné à Thomines au i"" de mai 1614. La Basse Guyenne a nommé, pour s'y trouver, MM. de Beucons et Mermet pour pasteurs, et MM. de Lusignan et de La Nouaille pour anciens ; il fault tenir la main que partout, s'il est possible, oa ' ait aussi bonne deputation , afin qu'il ne démente celui de Privas, etc.
I>^ i3 octobre i6i3.