‹ Mémoires et correspondance de duplessis-MornayChapitre 97 sur 142 · LETTRE DE M. DE ROUYRAY · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE ROUYRAY

teodie lesdicts advis. J escris par toutes lesdictes provinces à plusieurs pasteurs , particulièrement et partout en mes lettres générales fais sentir de quelle utilité et nécessité il nous est de regagner entre ci et la majorité du roy une meilleure assiette plus tranquille et unie entre nous, et pins agréable dans Testât, pour nous fortifier par le premier, et par le dernier éviter les premières indignations de nostre prince, desquelles aultrement l'on nous rendra Tobjeet et la butte. M. le prince est parti d'ici le lendemain que la royne arriva de Paris, qui feut lundi dernier , pour s'en aller à Chasteauroux, oh Ton tient quMl ne demeurera que peu de temps après la Sainct Martin, ayant emporté tout contentement d'ici. Le bruict est que Ton est après à le détacher d'avec M. de Nevers et M. de BouÙIob et toute sa cabale; qu'on lui représente qu'estant premier prince du sang, il se faict tort de s'attacher à d'aultres qn*au roy et a la royne , et vous dirai que M. de Bouillon n'en est sans appréhension, et en a mandé à Rouvray quelque chose de Paris , oii il attei>> dra demain M. de* Nevers, qui s'y en va et ne partira qu'après l'avoir veu; celui ci estant bien engagé par l'int^rest qu'il a du faict de Mantone, ou il voit bien qu'on ne va que d'une fesse* Je vous envoyé la copie de l'advis qui a esté donné par M. de Bouillon et par ses confédérés, sur cinq affaires qui feurent proposées au conseil , il y a dix ou douze jours; sur lequel je vous supplie que j'aye vostre sentiment, et sur quoi vous pourrés faire vos jugemens. L'on l'a désiré par escrit, et il l'a baillé; mais depuis ce temps là, l'on n'a poinct agité tout cela, et est demeuré court comme mon mémoire.

Depuis leur départ, le nonce est ici veneu et tient

A M. DliPLKSSiS.

on qu*il a proposé de la part du pape qu'il ne pouvoit donner dispense ni permission h aulcung prélat de bénir par procureur le mariage de princes tous mineurs; proposition qui semble étrange à beaucoup , et dont on ne peult encores bien voir et juger les visées; quant à moi, ly vois des mystères non petits* Selon que j y pourrai percer plus avant^ je vous en donnerai advis. Je n'ai poinct encores veu madame de Rohan, que j'espere voir ung des jours de la sepmaine prochaine; et puis selon cela frapper coup suivant ce que vous me Fescrivés, jugeant avec vous qu'il est besoin g de Tauctoriser. Voilà, monsieur , tout ce que vous aurés de moi pour ce coup pour le gênerai. Pour nostre particulier, je vous dirai que mon frère, vostre fils, partit il y a aujourd'hui huict jours , pour s'en aller chés lui. Lundi dernier nous eusmes arrest h nostre profict contre nostre tante, qui est déboutée de la cassation qu'elle pretendoit de nostre arrest de Grenoble , pour l'exécution duquel nous sommes renvoyés à Paris , suivant ce que nous le désirions, etc.

Da a5 octobre x6i3.

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