II
COBRESPONDÂNCB.
pas manqué de lui fournir un prétexte de ne faire pas un pas pour moi ; cl. vous savez qu'iL ne veut que cela. Adieu j mon pauvre Boulay;}| airaez-moi toujours bien, je vous en prie, et si mes malheurs vous donnent des dégoûte^ ne me les cachez point; je suis sùrc de les vaincre par de r honnêteté et de la bonne foi que vous n'avez jamais trouvées ailleurs, ce qui doit être compté pour beaucoup par un tiomine de votre goût. Ma santé est bonne, à un peu de rhume près; mais vous trouverez quelque chose à dir à mon embonpoint quand vous me reverrez/ car on me fait ici mourir de faim, et ces Cro^ pets, malgré toute la belle amitié que vous avex vue, sont des Arabes pour ravarice.
LETTRE Vil,
La marquise de CourceUes à Du Boulay.
Genlbve, le 3i décembro,
e reçus Mer votre lettre j Bu Boiday* Je suis ravie que vous vous soyez tiré d'un aussi fatigant voyage que le vôtre si heureusement que vous avez
manuel de Conl&ngea, éttiJt le plus aimable et le pltui cpjjoué Aea elmnsonnlera flrançaia, Nqua avons quclque^-une» de aotiJ leltt'ea dMus \çg recueils de culles tle aon iUustrfi cotiainei^ madame de Sévîgn^.
Correspondance. ii5
fait, et de pouvoir juger, par la manière dont vous me parlez des plaisirs que vous allez retrouver, qu'ils ne seront pas inutiles contre les chagrins de notre séparation. Je vous sais le meilleur gré du monde des plaintes que vous donnez si près de Paris aux malheurs de ma vie, et si le souvenir de Tétat où vous m'avez laissée vous peut faire passer quelques mauvais quarts d'heure dans la bonne ville, ne manquez pas à me le faire savoir. Je vous envoie encore une lettre pour mon oncle. Il est bien cruel de ne rien faire au monde pour moi. J'ai reçu une lettre de Grillon, par laquelle il m'écrit que. le bruit court que je m'en suis allée avec madame Mazarin; qu'il en serait désespéré , mais qu'il ne le peut croire , parce qu'il faudrait que je fusse folle de penser à courir au lieu de travailler à finir mes afiaires, à quoi je dois songer uniquement; qu'il me servirait de bon cœur, et qu'il croyait avoir des ressorts pour faire entendre raison à ce malheureux Courcelles. Si je savais qu'il fût à Paris, je vous enverrais une lettre pour lui. Informez-vous-en .
La Combe écrira au maître du chasse-marée, encore qu'il n'ait plus de liaison avec lui, parce que l'hôtel de la Balance lui a fait ôter ce commerce ; il vient tous les jours, et sa femme, implorer mon assistance. Vous savez de quel
Il6 C0RRE8P0NDAN<:£.
poids olle Qftt, et il me denaande si je ne pourra point, par quelque ami des commis de M. de Louvois, lui faire avoir la poste ches lui, qu'on lui promet depuis si longtemps. De giéce^ faites-moi quelque réponse là-dessus, ^oe je lui puisse isdre voir.
^vez-vous bien que je ccaina comme la^ an»!
votre terrible soaur, et qu'encore que ses grosses paroles ne soient guère» capables de piquer un homme de votre esprit, il me semble vous en voir assommé comme du récit de M; de Nantouillet? A propos, je le nacommande à Manjeau;. Adieu , Boulay , soye:& content de moi; je vous aime tendrement, et depuis le matin jusqu'au soir, je vous ai dans La tel»
tous vos beaux endroits et de la différence qu'il y a de vous aux auUes hommes* Je me porte bien.
BILLET
La marqtUse de dmroettes à Du Bùuk^:
e vous renvoie votre billet d'hier ftu j^ soir. J'en déchirai les deux pM»
^ mières lignes dans mon prenûer
mouvement de chagrin; mais la fis ■w fera bien souvenir du commencemeni;, efe^
Co-RRESPOKDi^KGE. 1x7
en tous cas, il y en a encore assez pour vous faire avouer qu*il ne répondait guère à celui que je vous avais écrit. Il m'a empêché d'envoyer ce matin à six heures savoir de vos nouvelles, et il me corrigera toute ma vie des contre-temps. Bonjour, Mon^ur ; ne vous levez point aujourd'hui, si vous voulez m'en croire; et si vous pensez que je puisse vous aller voir chez vous, mandez-le moi; ne sortez pas, je vous en prie. Ce n'est que pour votre rhume que je parle ; ne tirez point de conséquenoe ; mettea-vous bien dans la tète qu'il y a cent fois plus d'enfance dans mon coeur que dons mon esprit.
BILLET
La marquise de Cour celles à Du Boulay.
ue je hais mon enfance ! et que je crains , mon pauvre Boulay , qu?eUe ne vous ait fait faire des réflexions contre moil Pardonnez-moi, mon pauvre ami, les défauts de mon cœur, et quand vous serez blessé de ma dissipation, souvenezvous que je vous la cacherais bien si je n'avais pas pour vous une sincérité qui vous doit fteu'r lieu de tout. Venez plutôt ici ce mr que de
ilH GOMBBSPONDANGB.
V0U8 coucher de chagrin. Je vous consolerai en un moment de tous ceux que je vous ai donnés aujourd'hui.