LETTRE IX
La marquise de Cour celles à Du Bonlûy.
Gendre.
e VOUS ai dit cent fois que j'avais vu M. de Saint-Remy, et il est vrai. Je ne vous ai ^loint dit que ce fût pendant mon séjour inconnu a Paris , et il me semble que je vous ai répété assez Êouvent que M. de Hohan et quelques-uns de ses vieux amis avaient été les seules personnes que j'y avais vues, et qne, s*il ne fallait que des preuves de ce que j'ai assuré lànlessus et de la connaissance que j'avais faîte avec M. de Saint-Remy chez madame Armagnac et que la vieille Courcelles m^avait fait continuer au Luxembourg, elles ne me seraient pas difficiles.
Caaa£ft POND ANC B. tai
Mais^ Monûeur, un édaireittanent n'wt pas apparemment ce que yous demandez^ et on se £edt pas une querelle si nal knàée ; l'on n'écsfit pas à une personne aussi malheureuse que mei 4Jle8 choses affligeantes, et Ton ne pnsnd poônt son temps pour, cela comme tous Tanez pois, et Ton ne se hasarde pas de se brouiller avec ce que Ton aime sur une faute de mémoire , j'entends même de votre part, pour se raccommoder le lendemain. Vous êtes satis£adt. Monsieur : j'entre dans toutes vos raisons, et ma prétendue menterie, jointe au bruit qu'a fait le voyage que vous avez £adt ici et la nécessité où je vous jette de vous ménager sur mes intérêts, sont des obstables trop puissants contre la continuation de notre commerce. — Finissons ici un engagement qui ne peut plus foire votre joie depuis la méchante opinion que vous avez conçue de moi, ni la mienne depuis la eonnaie- •eance que vous m'avez donnée de votre hioirrwie. S'il vous avait plu de Tavanoer de quel- ^pies moia, j'aurais moins sujet de me j^aindre do vous; mais, sans vous faire des reproches, 49ni je ne prétends, je vons jure, aucun e£fet, j# vous avoue que je me défiais si fort de ma eonstanee, que c'est avec quelque plaisir que je vous voie manquer le premier à ce que nous nous 'étions juré , et vous tirer d^aflàire avec moi par un méchant détour dont je ne vous
laa CORHBSPOlfDANCB.
aurais jamais cru capable. Je vous envoie une lettre que je vous avais écrite hier pour justifier de ma conduite jusque aujourd'hui. Ne m'envoyez rien ici, s*il vous plait, car je crois en partir bientôt. Je vous donnerai de mes nouvelles si je demeure , et. si j'en pars, du lieu où je serai. Adieu, Monsieur.