‹ Mémoires et correspondance de la marquise de CourcellesChapitre 49 sur 81 · LETTRE XXVI · texte numérisé non relu

LETTRE XXVI

La marquise de Couroelles à Du Boulay,

ou^s vos injures et tous vos emportements ne me pébvent faire oublier que vous éjtes Fhomme du monde à qui j'ai le plus d'obligations, et tout le mal quie vous m'avez fait, à l'avenir, n'empêchera pas * que vous ne m'ayez rendu les derniers services. Ne vous laissez donc pas surprendre, en lisant ce billet, à cette horreur qu'on sent pour le caractère de ses ennemis : songez seulement que ce sont les marques de la reconnaissance d'une personne que vous avez aimée, et qui vous regardera éternellement comme le plus honnête homme du monde, si vous ne «youlez pas que ce soit com^)^ le jneilleur de ses amis. Si la passion' que vous avez eue pour moi ne vous avait coûté que des soins et des soupirs, je ne vous laisserais point rompre avec moi prélentement, ma justifica-

I. n 7 a là une forte ellipse; mais Ton en saisit bien la nlson et le sens; la phrase' est claire ponr celui qui sait lire. Les grammairiens et le prote , on peut-être CharckHi de La Bochette lui-m$me, n'ont pas compris cette phrase ; et, ponr la rendre pAt régulière et plus claire, ils ont corrigé ainsi ;.l|Jie'mal que vous me ferez à Tayenir, nsana s'aperceroir fu'ils changeaient un «sproche en ii\Jure. [Note de M, Walckenaer,)

* Il

1^2 CORaESPONDANCE.

tiou étant la chose du monde la plus facile.

Mais, puisque vous la pourriez soupçonner de ' quelque sorte d'intérêt, je la remets à un autre temps où vous m'^ saurez plus de gré, par le peu de besoin que j'aurai de vous. Gepen^ dant, monsieur, soyez très-aaiuré que je vous estimerai toute ma vie/ Adieu, jepars deopvn pour Annecy, où, j'attendrai les réponses de Chambéry, et que j'aie msk quelque ordre à mes. affaires. Adieu encore une fols. Je n'ai point d'autre crime auprès de vous que ô$ ne vous avoir pas aimé autant que le tnéritait votre attachement.

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