‹ Mémoires et correspondance de la marquise de CourcellesChapitre 51 sur 81 · RÉPONSE DB*GRÉGORIO LETI · texte numérisé non relu

RÉPONSE DB*GRÉGORIO LETI

Paris, 26 août 1679.

y Madame,

a lettre de votre illustre seigneurie, recommandée à M. Justel pour, me la faire tenir au logement que je pourrais occuper, comme ce logeix^nt n'est pas très-éioigné dé sa maison, il m'a ftiil l'honneur de venir me la remettre de sa propre main. Véritablement, si je vous ai tou-

fjS. Hi«po«/a d» Gregorio Leli.

Parigi , 26 agosto 1679.

adama, il'foglio di V. S. illustrisslma, raccomandato al signor Justel per fai^elo capitflire air allogglam%nto dove sarb e, corne non è molto discosto di sua casa, mi fece V onore di yenire per consegnarmelo di sua propria

Corheêpondanc e.

jours regardée comme un soleil dès le premier moment où j'eus l'honneur de voasvoir el de vous admirer, je suis plua que jamais confirmé dans mon opinion ^ los expressions de votre lettre étant dos rayons extrâmement bnllantâ. Pour écrire des ténèbres d'une prison avee tant de force d'esprit et de si gais pensers^ il faut être Madame de Cou réelles et un soleil de beauté comme elle, puisque les lumières du visage sont signes de la splendeur de Tes prit. Ne soyez pas étonnée, de grâre, Madame, .si je ne suis pas venu vous voir; je confesse ma faiblest^e, qu'il n'y a pas de chose qui me donne plus dVfrroi que le souvenir même de la prison , et il me semble qu'il doit suffire à toute bonne créature du genre humain d'avoir étédanB une obscure prison les cinq ou six premiers mois de sa vie animée. Si vous n'étiez pas Française et

mttno. Dico il vcTO cbe se r ho RUmata.aempre an sole, daï primo tiiomentu t-lie «bbi C oiiorc di vûderla, c d'amrai- Tnria, plb che mnl mi eanfcrmo aUo stesso fiaxere, eâsendo raggl pur troppo diiari F estprcMlotil dclla 8ua Icttera; e per ecrîvere dane ténèbre d'iina prigione tûn futitii cott&vin tll ftpïrito e giovlalî persierl, bisoiarnu dî esaere ïlailuma di CorceUcâ, eu rni Rnîe dl bçUezze come ella fe , giaccii> i Itiml deUa ficela §odo «egcil deUo Bpietidore âeU' animo.

NtïM trmi strano, di prrazSa , ^fadÉtTlla, se non son vtnota a vedutin, confewnndole la tniû deboluzïa , cke ron è coaa che mi fa pih orrore cbc ia nienioria Istesaa delUa priçione : e inl por iiîie ad ogrni buona crcAttiia d«i Ifcucre mnano , dero bastargU d' caser «tata ia oscura prlgione , li cinqiie o sei prlml lïieeii ôdlu »na vita anirnata. Se ella non fuHse

CORmVSPONDANCE. 167

en France, je dirais qu'il est dans la nature des (j^es d'aimer la prison , puisqu'elles xmi été créées pour servir aux embrassements des hommeB, choses qui se font dans la maison et à huis bien clos, et pour s'occuper en outre des soins^e famille, de la surveillance de l'économie domestique, toutes occupations qui constituent rétat de servitude, comme nous en avons l'expérience dans tous les pays du monde, dans les temps anciens et modernes. Cependant on peut dire que les dames françaises ont mis bon ordre à cet étai de choses, puisque trois portions de la nuit sur quatre^ et deux des quatre portions du jour sont employées en promenades, en visites, en veilles, bals et jeux; enfin, les portes de leur maison n'ont point de fermeture et sont toujours ouvertes pour entrer et sortir.

Donc, Itfadame, il faut savoir si vous êtes en

. Francese, ed in Francia, dire! ch* è délia natnra délie donne, 41 trorar bnona la prigione , giacchè sono state croate per ttttit d' nso agit amplessi degli nomini , che non si fanno «be in casa , e a porte ben chiuse, ed in oltre deibbouo oce«parsl al serviaio doniiwtico deir economia , che pure fk parte d*nna prigione , come ne vediamo Vesperienza quasi in tutti i regni dél mondo, ne' tempi antichi e modemi ; aneorchè le donne francesi hanno dato buon ordine a qnesto , giaccbë le tre parti délia notte di quattro , e duo d«lle qoattro di giorno cbe corrono nelle spasseggiate , o ebe si Canno piacere d' andar mendicando visite , o che r Impi^^o a yeglie, a bàlli , ed a giochi ; ed in somma , le porte délie for case non hanno dansma, sempre aperte ad Mcire ed entrare.

Donqn», Madaina, vi è da considerare se lei è in prigione

x68 CORRBSPONDANCB.

prison avec la qualité de femme ou avec celle de Française : si c'est avec la première, on doit vous mettre au nombre des Amazones, puisque avec le choix que vous avez fait de * vous présenter volontairement à la prison, et la constance et la gaieté avec lesquelles i^His la supportez, vous servirez d'exemple aux femmes pour la vie retirée qu'elles doivent mener, et leur apprendrez que Mtte vie doit être une image de la prison pour celui qui sait la supporter avec patience, fii c'est avec la seconde qualité, j'admire qu'étant Française, n'ayant pas mépri!»é le siècle dftns votre jeunesse , ayant aimé le monde après votre mariage , fille d'une mère si aimée et si adorée dans la société qi|e la France ne vit jaàiais sa pareille, vous ayez voulu vous remettre dans la même prison d'où vous vous étiez échappée avec tant d'adresse, et qu'ayant autant d'es-

cou la qualiâi générale di donna , o con la particolare di FraQCCse ; se con la prima, potrà mettersl con le Amazonl, poielib con 1* scelta fatta di presentarsi volontariameçte in prigione , c con la costanza ed allegrezza che mostra nel piacere di tolerarla , fk conoscere nn maraviglioso esempio elle servirii d' instmzione aile donne per la loro dowta ritiratezza , e che in loro qnesta dovéva essere cosl eaeinplarc, che la prigione a chi sa tolerarla con pazienza. Se con la seconda qualità, non posso che maravlgliarmi ch* esseudo eila francese , che , giovinetta non disprezzb 11 le^ colo, che, maritata amb sempre la società, e che ebbe una madrcche pihrivcritacd adorata nelleconverBazioni,nonne vidde mai alta la Franciae che volesse rimettersi nella stessa Tigionc, che con tanto industrioso inganno se n>ra scap-

Correspondance. 169

prit, la mémoire si heureuse et suffisamment de connaissance de la langue italienne, vous n'ayez pas mieux aimé suivre la maxime qu'enseignmt les Italiens et que n'ignorent pas les Français : Ni pour tort ni pour raison ne te laisfç pas mettre en prison. ,

Je pense, madame, qu'il y a une fatalité, assez manifeste pour celui qui veut l'examiner de près, dans vos prisons redoublées ; permettezmoi de vous dire que, bien que je ne vous croie pas coupable des accusations portées contre voua, parce que vous avez l'âme trop belle pour qu'on puisse la noircir, il était bien juste que le ciel , qui fait la part de chacun , condamnât à bl prison celle qui. n'a jamais fait autre chose qu'emprisonner les cœurs et les enchaîner par des liens tantôt tyranniques et

rata, e che, avendo tanto spirito, e cosi féconda la memom , con cognizione a bastanza deUa lingua tfealiana , che non abbia megUo abbracciato U partito délie massime, che Insegnano gli Italiani , non ignorate a' Francesi : N^ per torto ne per ragione, non ti laaciar metter in prigione.

Ml persoado, madama, cbe ▼! è qnalche fàtalità in qneste •m ndoppiate prigionie , assai manifesta a cbi vnol peuetrarla ; e mi permetta di dire cbe non ostante ch' io la credo éenza colpa neir accuse addottele , per aver r anima troppo bella da soffrir maccbie; con tntto db era b^ gtasto,* che qnelli astri che contrappesano le ragioni di tutti, condannassero nelle prigioni quella cbe non ha fatto altro daochè nacqne che rendersi carceriera di tanti cnorl, e che incatenar quanti vedeva con gli occhi , con catene , gU uni , di fiera tirannia di disprezzo , e , con lacci , gli

t:o Correspondance,

omels» tantôt doux et gracieux. Si je vous parle avec trop de liberté , la faute en est à vous, qui m'avez appris à vous aimera protestant que m je désire vous voir lihrCy c est pour empéctier votre geôlier de se vanter de tenir dans ses mains les clefs de cet enfer qui tient le soleil emprisoniié, quoiqu'on piiisâe appeler ciel tout endroit où se trouve le soleil. Les vertus, la beauté, les grâces endiainées ne servent plus à rien, pu isqu 'elles perdent l'avantage d'en faire jouir les autres ; enfin, ma très^ honorée dame ^ je vous aime trop pour ne pas vous souhaiter promptemenl lalibertL% afin que j'aie plus de plaisir à me dire le très-kumble et trcs-obéissant serviteur de votre dlustreseigireurie*

Gregorio Leti.

4iiïtTi inteisntl dulla graziiv, c dnlla dolcczxa. Se Un p&rluto cou lUierth acciial so stessû , che loi lia fn^to eonoiicere tf omarla + protestando ctie del tutto 1b t1ic«iderû a lel pel" tOTîc al carceriere il vanto di tener tielle sue nittni le {!!liiarl di qnèU' infenio v\ie tJetie iiTJpHgionato M «oie , ancorchï!! clelo puh dlrsi quello in quai un que luo^o dû vie dolc si trova, le Tirtti, le beUez&e, le jj^azie lu ca tenu te non servomo a titilla, p*irclî> pcrdono 1 imtxiraH talenti dl renileral commankabili agi! nUrl. In aoninm, mia ilveritA sif^Dora. V ama troppa per non deHfderarIti al pi h toato la Ifbertk, acelb tusjifgioTe t^ialauiia consolazlone ncl dlrml ûl V. 8. lUastriasinia divotisBiino ed tLbbidientkaimo »errldore, a porte spalani^ate del mlo cnoTf.

Correspondance. 171

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