‹ Mémoires et correspondance de la marquise de CourcellesChapitre 63 sur 81 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

Gregorio Leti au duc de GiovinazzoK

'ai toujours cherclié al cliercherai toujours les occasions do faire connaître t'nliè remont à V- Ex. que je euis à K' ses oixires : mais cette fois je crains de faire naufrage dans le port, parce qu'il me manque ce timon d'éloquence pour me hasarder dans la navigation qu*on me demande. La vue du soleil éblouit les yeux de celui qui ose fixer ses

LETTERA ï.

Gregorio Leti al Duca di Cîioinnarro.

Genova.

lempre iricontrato roletiUeri ^ conie neœprti le Incontrej^, le occanioDi di lur c«UDBCere cou fdl efTcttl, » y. E. 1 tributl dî qnotlA xjbliidlenui^ g\& consiBLCTatA »* »ual fliaprcuiiî coTnnndL Ma quratit yôlta tâmo dl far tutufragit) ntd pHiirto^ perchfe inl manca quel tlraone û* eli>qncnza pcr tngolfânnt la qae»ta nav^gaTiioue cbe *i ricerc*. La Tistft del sole abbaglia gll occhi ai chl ardiscc AssatU a'

[. Le duc de Giorinanu, iiaibaâSiadL'ur d^E-p^Afrifl [ir^a Ia cour d« TuriDi iTait. par ane lettre dutéo de cotte ville, Heiuaittl^ i. firéçCrtio hvii ûet^Tet^i^eif;nvtu^'uis tur Ia mArquii^e i1e CourcvUe^, mfXê **orn uitrâit \e* r^pon*p* rio iii-.i|çt*rlo Lili ttN» corrê«pon> i]Anr«ïaT«çIa zAiitTCtulirfi 4o c^urcelliîbd'*» Lflterrdi Grti^orio Leti^ AmMitrdamQfnpp emo Gregorio QalM, î-t>i, svo/.tnhflo.

Pièces justificatives. an

rayons, et il n'est permis qu'à l'aigle de le fixer sans en être aveuglé. Pourtant Votre Excellence veut que je jette un regard pénétrant sur les charmes de la plus belle dame qui orne peutêtre notre siècle par sa beauté, quoique un peu offusquée par quelques nuages de mauvaise conduite. Telle est la dame sur laquelle V. Ex. me demande des informations, ce que, pour lui obéir, je me hâte de faire, soit comme témoin oculaire, soit d'après ce qu'elle a dit ellemême.

Je ne prétends pas m'étendre sur l'antiquité de sa naissance ; il me suffira de dire qu'elle est fille du seigneur Joachim de Lenoncourt, marquis de MaroUes, gouverneur de Thionville, et d'Isabelle-aaire-Eugénie de Cromberg, dont les mérites sont connus dans l'histoire ; cette dame donc, fille de tels parents , porte le nom de

sBol raggi , non essendo che naturale aU* aqoile il vaggeglarlo fissamente aenza abbagliarsi. Pare V. E. mole che ioenUi a penetrar con on raggnaglio i Imni délia pih bella dama che omi forse il nostro secolo in bellezza, ancorchfe offQscata alqoanto di qoalche nuvoletta di cattiva condotta. Taie CBsendo la signera délia qnale V. E. me ne demanda le informazioni, che per nbbldirla, corne al solito, mi accingo a fiurlo, come testimonio ocnlare, o come istromento di queUo ch' è uscito dalla sua bocca.

Non prétende inalzare il volo nell' antichità délia sna nascit»; baatandomi solo il dire , ch* è flglinola del signor Glaochino di Lenoncourt, marcheae di Mariole , govemator .di TeonTlHe, e. d' Isabella Ghiara Engenia di Cromberg, dei di coi gran merito ne sono piene le istorie. Qnesta signora donque, ^inoJft di tali genitori , porta il nome di Sidffnia,

aj2 Pièces iusTjFicATivRs.

Sidome. province célèbre do rOrient, parce <|ue cbacuiic de ses qualîtéB doit faire contrepokis a une des provinces de rOccidenU Le destin, qui a tant de part aux mariages, voulut qu'elle fut mariée à Tâge tendre de treize îins, mais son esprit semblait avoir été cultivé pendant treize Itistres ; ces noces furent le résultai de ces maximes d'État qui servent les inUrrèts , des parents, et fut plutôt Touvrage de la violence que de Tamour; aussi, peu de jours après, on vit s'élever des désaccords entre les époux, et je tiens d'elle-même que la nuit dcts noces, en entrant dans le lit nuptial, le marquis lui dit qu'il exigeait comme mari qit*elîe fut plus sage que sa mérti : ces paroles furent cause que le mariage ne fut pas consommé cette même nuit.

Go mari fut donc le marquis de Ck}urcellea ; cl,

prcivincia célèbre nell" oriente, iKïrcîiîï ognl Pua qTmlttà d«vo contia-pesiiml ud umi délie prov^incic deir occldonte. Thillti sQftGj cho lia tnuta, ptartc nù* marituggi^ &i destiiuitii coîiflorte neU'ctà tenera fU trcctlcl anni» bcnelib \n M si HCopTlsae u o sptrîto , corne se fossie stuta coltiva-to tredîci liistrL Dico cïie h tali nojBJt© fti cUlamAta du,l destino con quelle m&Asinie dl atato cîié scrrono di max^l agll IntereasJ de' parcntoin, ed al bIi^^uto che vj ruplli vloletisactie amora ; uiidfe In bTCvf giornl »l vïddero sorgare deUe discrepatuse, e dl «tin rapporto tungû che la ateasa nott© deU« nocse, oeir élit rare &1 talamo nuzzfaloi haveiidole detta 11 marclieM eh' eyti pret^ndefa^ corne iuo marito , die fossit psr riuêvir pié iav ta delta madré. Puroie Ohe par queUa notte «on si t'niisuntî) U maritag^o.

i!:in?#lo innrita donquc fil H Baanl»ç«o di Corcdle». e.

Pièces iustificativbs. 213

soit qu'il lie connut pas le prix d'un tel trésor, ou que le destin roulût qu'ils servissent tous deux d'amusement à l'Europe, soit qu'il fut un peu fou, la âi£Corde alla si loin entre eux, que les mauvaises langues répandirent le bruit que madame de Gourcelles n'avait reçu de son mari que son nom : et pourtant il est certain que le marquis était le plus beau cavalier de la cour, comme elle en était la plus belle femme ; enfin cette dame, abreuvée de dégoûts, fut obligée de quitter Pans^ son pays natal, et de se priver de ses jouissances habituelles, pour fuir la colère d'un homme devenu de mari ennemi, de défenseur persécuteur, et fuir exilée vers d'autres lieux. Le marquis, s'appercevant de sa fuite, courut après elle, la joignit avant qu'elle eut fait trois milles, et l'ayant ramenée dans sa

sia che non conoscesse il valore d' nna tal gemma , o che qnalcbe fotalità avesse voluto che servissero ambidae dl trastollo àli' Enrcq^, o che qnalche martello troippo gi-avo gli battease capo , basta che la diseordla passb al ayanti <âie vi ftirono molti di quel che si compiacciono di ciarlar per le piaue, che andavano dicendo, ehe la iignora di CorcetlBê non avna rietvutô itd marito ehe il nome, E pore è certo che il marcheae era il piU bel cavalier della corte, e della atessa r àltra la dama pih bella. In somma, fil neceasarlo che, diagustata, queata aignora laaciaaae Porigi, ano nido natio, e ai priTaaae délie ane natorali coramodità per fiiggire r ira d' un cavalière divennto da marito nemicoi e d» difènaore persecntore, ed andaaae fnggendo, raminga, a cercare altrove altra atanza. Ma aceortosl di ta) ftiga corae dietro il mareheae, la gionae prima di fiar tre miglia dl atrada, e^ rieondottalain oasa, Y andb, coa gnar-

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Pièces justificatives.

mais€Uf la mit sous la garde de gens à lui, qui no lui laissèreot aumne liberté.

Cependant le marquis de Gourcelles, poussé par la jalousie, les soupçons, les indices, ou, comme on le croyait généralement ^ par l'évidence môme, se confirmait de plîjs en plus dans j ropinion que le marquis de Cavoy jouissait de I son bien ; il résolut de rappeler en duel ; ils se [battirent et Qnoy fut assez grièvement blessé au bras d'un coiipd*é]>ée ; mais connaissant tous deux l'excessive rigueur du roi, qiu punissait de mort les duellistes, ils cherclièrent à se mettre ' àVabri. En conséquence, Courcelles, contentée la persuasion que le sang qu'il avait versé suffisait pour laver son honneur, et Cavoy encore plus heureux d'avoir payé tant de doux et secrets plaisirs d'une demi-once de sang et de trois ou quatre ïiélas 1 poussés entre les mains

die dl dDiiiQstlci a lui ben afïïâatl, TÎteneiula plk strottA. In tanto aTsnzacâosl senipro piti nd capo dol i]mrché«e û\ Ciiiri:cVie9 ^ o Ia gelo&ia , o il sospetto^ o gU InAizi , e 1' uvidcnxc effettive (coai «i cretleva ûa tutti | ch6 iJ marcfifife di Cat'O^ grodeva U frutti soavi 41 qudl' iUbero a lui deî>tlnato>Tia<»l*tî d^ chiamarlo In duollo ; e cosl cblaïunto, e battutifil, rmth mm Tnodiocreineutc feritn U Cavoy, d' un polpo tU >qmda nel braccio, Ma coiiosccndo mnbSdue V ecctssivo rip^ore del rfcdl castigar con la vita 1 diielU, pens&roBo di portuTvi rimedîo. Onde conteBto il Corcollo» cou Ia yursuasiva v^a hùstuvii & lavar la niacdiia fatta al auQ onurc il Baii||;tié aparso dalla ferîta dfl Cavoy, e t quB&t<i plîi contente d'avcT pagato una partita dl tanti ûolti e ftirtivi piacorl con lo a^orao dl îuczca oncia dl Kg^n^gue, e con tr«^ o

PlàCBS JUSTIFICATIVES. ai5

du chirurgien ; réconciliés du moins en apparence, ils. coururent se jeter aux pieds du roi, déjà instruit et fort irrité ; ils lui présentèrent ce duel conune une rencontre fortuite. Mais le roi, dont la sévérité, en matière de duels, ne cédait à aucune considération , les remit aux mains du Parlement, avec ordre de faire de rigoureuses informations, et ils furent envoyés à la Conciergerie, qui est la prison ordinaire du Parlement. Là, dormant dans la même chambre, mangeant et jouant ensemble, ils montrèrent qu'il n'avait jamais existé de haine entre eux. Le Parlement n'ayant pas trouvé d'autres preuves, ils furent mis en liberté au bout de six mois, et le duel fut considéré comme une simple rencontre. Tout cela fut un grand sujet de conversation, non-seulement à la cour, mais encore parmi les étrangers qui connaissaient la nature du fait; et l'étonnement fût grand de

qnattro, oimè I nelle mani del chinuriB^, riconcUiati, almeno neU* apparensa, coraero agettarsine* pledl del Rë, gia anisato ed irato, rappresentandogli il dnello come un casuale rincontro. Ma seyero il rh senza minixno rignardo in casi di dnello, li rimisse néUe mani del Parlamento con ordine da fiursene rigorose perqoisizionl , onde da qnesto flxrono mandati nelle Congergerie, che Bono le prigioni ordinArie del parlamento , nelle qnali fecero conoscere, col donnire inaieme in nna caméra, ed inaieme mangiare e giuocare, che non vi era stato mai àlcnn odio tra loro ; onde, non avendo il parlamento altre pruore, di la a sei mesl flourono measi in libertà, ed il dnello riconoaciuto aemplice riseontro, la quai ooaa diede gran aoggetto di diaoorai nella oorte, non aolo tra* dttadinl , ma in oltre tra* gli atranleri , che aapeano la natora del fatto, e non poca fti la marariglia di

^rO

Pièces ji'!*tipicati vbs»

voir que le roi, enDemi déclaré du duel, eut passé si légèrement sur cotte affaire. La prochaine lettre vous dira le reste.

reder cliellH^, nccrrtîno ncmlco dta" ducllî, ctunlnaase In qncatu oocusioDe tûltk togiherft. L' ordln«rlo prossimo i énrh 11 rcato.

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