X. SingDlier éloge
Pièces justificatives. 229
se sdit trouvé tant de Jasons qui se soient risqués à combattre contre le dragon de la jalousie et contre la vengeance d'un mari. En disant que, des pieds à la tète de cette dame, ce ne sont que merveilles de la nature, je dirais peu et peut-être ne serais-je pas crîi, et pourtant il est certain que sa beauté, qui est un miracle du siècle, ne forme que la moindre partie de ses mérites.
La grâce de son esprit, le charme de sa personne, l'affabilité de ses manières, la douceur de son commerce, la fécondité de son intelligence cultivée par l'étude, la vivacité de ses saillies et son habileté dans les arts, font qu'elle a plus d'admirateurs que d'égaux ; ceux qui la voient et qui ne savent rien de sa vie, ne peuvent s'imaginer qu'elle ne soit pas un ange; d'un autre côté, ceux qui connaissent
ehe si sono arrischiati di combattere contro il drago délia gelosia, e délia vendetta d'an marito per rapirle ? Qoando io dicessi che dal piede al capo di qnesta signora non si yeggono che maraviglie délia natora , direi poco , e non sarei con tntto cib crednto ; e pnre Yoglio dire che la sna bellezza ch* è nn miracolo del secolo, forma la minlma parte délie sue glorie.
La gentilezza del sno spirito, la leggiadria délia sna persona, ra£bbiltà de' snoi costnmi, la sua grazia nelle conTersazioni , la fecondità dell* ingegno coltivato da qoalche studio, la vivacitit de' suoi concetti, e la perizia in diverse nobilissime arti, hanno pih adorati che ugoali, quei che la veggono senza nnlla saper délia sna vita , non possono che imaginarsela angiola nel di dentro , e nel di foori. Dali' altra parte quel che sono informati de' distnrbi
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Pièces justificatives.
les troubles de son ménage et la cause du duel de son mari avec le marquis de Cavoy, lee accusations d'adultère portées contre elle au parlement, la sentence qm la condamna, son emprisonnement * sa fuite et sa position qui fait qu'elle ne peut trouver de refuge que dans la ville de Genève, ne peuvent comprendre eommenl il se peut qu'avec une beauté ausâ angélique, elle puisse avoir une âme aussi cor^ rompue par le péché et une aussi mauvaise réputation. Mais pourquoi nous étonner autant? ne voyons-nous pas tous les jours dans les églises des sépulcres resplendissants, pour lesquels la terre s'est dépouillée de ses trésors les plus précieux et les arts de ses plus grandes merveilles, et qui ne renferment que des cendres en putréfaction?
Tant il est vrai qu'un aromate précieux est
col marlto, o dcUe cauh dèl duello di queato cul nmrcbese di Cbvoy; doll' accuse d'odaltËrlii porliiti; aî pftrlAnnemtc , ficlla suiTttenxii ûl qnesto, che la condjjnnî) corné Bjdcilteiu, délia sua prigionla, e fuga, e deUa qimUtà del suo Btato, di non saper trovarâ altro rifoglo che neU» cittk dl Gènera, non pab roiuprendere corne sla posslbao che ai^ttto ad ona beUessft cosl an^pelica ptat» UDnliïarBl niC anima brntta tanto nèl peccato, coioe neUa rlpotaflone. Ma che tAnto TnxkeggiaT^ i iêib nol yedîamo giamalmtMik- , e nelle chJew plli ittparbc , nsplendere sepolcrl ^ che pcr abtûUtFcf fi fe «pogliata la terra de^ suot piti preKfoid te«Dri , e Tarte deUe sue pib rare r&gbetxB , d piire non raccModona che ceneri putrefatte ?
Cjuauto ^ Tfro ch« piti^ iioggetta ad nna grave corrttii<M]«
PlàXSBS XU8TIF1GATIVBS. a3i
plus sujet à la corruption qu'un autre plus ordinaire, conformément à la sentence corruptio op$ima pemma. L'homme naît sous une certaine influence fatale à laquelle il faut se soumettre en mal comme en bien. Je parla ici en ce qui concerne les habitudes ordinaires du genre humain dans le paganisme, car les chrétiens^ ^'ild veulent l'être réellement, doivMit croire à une cwtaine Providence qui gouverne tout, qui nous conduit et nous guide à ce qui est bien avec son infaillible savoir. Tout ce que le monde peut avoir de prudence et de pouvoir, est insufiBisant pour la détourner de ses résolutions les plus légères, car malgré qu^elle soit invisible, on y; croit généralement, quoiqiae les théologiens en forment des aphorismes; il suf&t de voir que même les enfants ont coutume de dire qu'i/ ne se meut pas une feuille d'arbre sans la
^ un& drogfr preziosa clie on altx» ordinaria , in conformità délia aentensa : corruptio optima pêtiima. L'uomo naice con una certa &taUtk, che, nél maie e nel bene bisogna Bottomettersi ail* inflnenze dégU astri; parlo in qnello che rlgoacda Tiiso comnne dèl génère mnano, che comprende il paganisme, che, in qnantb a* cristiani , bisogna se vogUono esser tali credere ad ona certa Froyidenza che regge fl tntto, e che ci condnce , e guida dôve stima conTcnirsi col sno impeccabil sapere; e qnantâ pmdènaa, e potenaapnb avereU monde, a nnlla vale per distomarla dalle sne riso- Insioni , benchV leggiere, che, qnantnnque non si yede ,.non laadano generalmente di crederla, ancorchë H Tèologi no rânno formandô aforisml, e bastti che, sino i ftnciiilU, sogliono dire çk$ }%on $% muove fbglia d* oAtro stnza te
aia PlàCBS JUSTIFICATIVES.
volonté divine, ce qui veut dire la souveraine Providence.
Bien que tous les événements de la vie de cette très-belle dame soient très-connus, les principales dames de la ville, telles que madame la comtesse D'Hona, la femme du général Balthasaret beaucoup d*autres encore la fréquentent, l'honorent , la recherchent et l'admirent, ne recherchant en elle que ses brillantes qualités, recueillant adroitement les roses sans se piquer aux épines.
Voilà tout ce que je puis faire maintenant pour satisfaire la curiosité de Votre Excellence. Je lui donnerai en son temps avis de ce qui pourra arriver de nouveau, car il est certain, selon toute apparence, que le ciel lui réserve encore des aventures extraordinaires, et je ne pense pas que cette dame cherche à les éviter.
volonlà dtvt'na, che vnol dire la sovrana Proyidenza.
Basta elle questa béllissima signora , non ostante che da tntti ormai b1 sanno gli evenlmenti délia raa ylta, con tutto cib la freqnentano, la prattcano, ranunirano e Tonorano le dame principali , corne la signora contessa di Donà , la moglie del signer générale Baltasarro, ed altre ancore, non ricercandosi che quelle nobillissime qoalità che risplendono in tal dama, raccogliendo destramente le rose, senza pongersi con le spine le mani.
Ecco di qnanto posso, per ora, soddisfSare alla cnriosità di V. E. è di qnello che di pih succédera gliene darb , a soc tempo, distinto awiso, poichè è certo, seconde aile apparence, che le stelle hanno riserbato ancora alla sua vita successi non mediocri , e non veggo che questa signora vada
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Je supplie Votre Excellence d'agréer mes renseignements et de se contenter de mon zèle, avec lequel, etc.,. etc. *
aU' incontro per rimediarli. Supplico V. £. o di gradire la materia, o di contentarsi dél mio zelo, con il quale, etc.
I. Ces lettres de Gregorio Leti sont un yéritaUe modèle de bouf&ssare et mdme d'eztrayagance. M. Chardon de la Rochette remarque, arec raison, que s'il est plus naturel dans la correspondance qu'il eut k Paris arec la marquise détenue à la Conciergerie {voir pages i65 et 174) « c'est que les lettres de la marquise, auxquelles les siennes serrent de réponse, sont pl«ines d'esprit et de gr&ce, et qu'on prend ordinairement le ton de son correspondant, comme on prend celui de son interlocuteur. » Au reste, nous n'ayons donné ces dernières lettres qu'à ti^re de pièces justiflcatiyes, et parce qu'en «flét elles renaient à l'appui de notre notice.