‹ Mémoires et correspondance de Mallet du PanChapitre 14 sur 46 · I.a réponse fut telle que Mallet commença sérieu · texte numérisé non relu

I.a réponse fut telle que Mallet commença sérieu

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sement à se rassurer. I.e général leva ses objections en peignant avec chaleur les principes et le caractère du ministre, la loyauté de ses sentiments , la rectitude de ses vues personnelles, et surtout son désir exprès que Mallet n’épargnât pas même les vérités désagréables, en donnant encore plus de vigueur à ses arguments. Force était bien à notre publiciste de chercher d’autre but qu’une paix partielle à ces conférences de Bâle ; il crut un instant que c’était une comédie arrangée pour rogner quelques palatinats à la cour.de Vienne. 11 écrivait alors à M. de Castries :

IJîTTRE DE MALLET DU PAN AU MARÉCHAL DE CASTRIES

4 avril 1795.

« J’ai des raisons personnelles de croire M. le baron de Hardenberg aussi éloigné , par ses opinions que par la sagesse de son esprit et l’élévation de son caractère, d’une transaction aussi honteuse et aussi dérisoire. Ce ministre me fit prier, il y a trois mois, de lui développer mon opinion sur les questions courantes. Ma réponse fut étayée de preuves , de faits , d’inductions si convaincantes, que j’appris sans étonnement que M. de Hardenberg partageait absolument mon sentiment. Il partit pour Berlin , en me faisant savoir qu’il l’appuierait de toutes ses forces; mais, pour tout résultat, on a recommencé à négocier. Le ministre est venu luimême à Bâle : peu après son arrivée, j’ai reçu de lui la demande d’une entrevue et la suite de ma correspondance , et j’ai refusé l’une et l’autre , en déclarant que, dévoué à la cause de la monarchie française et de l’Europe, je ne voulais intervenir pour rien dans

les intérêts pi ivés «le la Prusse avec la Convention.

« Vous induire/ de ces dernières demandes qu’on n’est rien moins qu’affermi dans ses desseins, ni près de conclure; mais vous approuverez, je pense, la réserve que je me suis impos»;e. »

Il venait de fermer cette lettre , lorsqu’il apprit le traité de paix et d amitié signé le 5 avril, à Bâle, entre le roi de Prusse et la république française. M. de Hardenberg était arrivé de Berlin pour reprendre les négociations un moment interrompues par la mort du baron de Goltz. Les conséquences prévues par Mallet ne tardèrent pas à se dérouler; seulement l'Autriche, qui venait de perdre ses Pays- Bas et les contingents de la Hollande conquise par Pichegru, l’Autriche exaltée par ses malheurs mêmes, par l’isolement dont elle était menacée et par son indignation , au lieu de se laisser abattre soutint hardiment la campagne, avec la seule alliance plutôt qu’avec le concours heureux et effectif de l’Angleterre.

Une lettre confidentielle où Mallet donnait carrière à sa première impression , vint à la connaissance du baron de Hardenberg, qui s’en plaignit à son tour dans les termes d’un vif mécontentement. Mallet, tout en protestant contre l'indiscrétion qui lui , avait donné des torts apparents, se défendit avec franchise :

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