‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 104 sur 130 · CCCXLVI. s. A. R. MONSIKUR AO COMTE DE VIl.LtLË · texte numérisé non relu

CCCXLVI. s. A. R. MONSIKUR AO COMTE DE VIl.LtLË

« Je vous renvoie, mon cher Villèle, les pièces que vous m'avez confiées. Ne vous inquiétez pas du mouvement d'humeur de mon fils, le premier est vif et il revient promptement, vous en avez déjà eu la preuve. Cependant, surveillez le maréchal qui, mu par de bonnes intentions, fait et Fera des fautes qui lui seront suggérées par de mauvais conseils. Au surplus, si mon fils vous adressait les plaintes directes qu'il vous annonce, vous devriez les soumettre d'abord au Roi, et avoir ensuite une bonne et franche explication avec le maréchal. Cela fait et bien fait, s'il ne change pas sa conduite, votre devoir serait de déclarer an Roi que les choses ne peuvent pas rester ainsi, et lui demander ses ordres.

« La lettre de Martignac me paraît bonne et sage, et il me parait que vous pourrez l'approuver, tant vis-à-vis de la junte espagnole, que vis-à-vis du comte d'Amai-ante. Je ne croîs pas que Rego le poursuive en Espagne; mais s'il le faisait, il n'y aurait plus de mesure à garder, et je ne concevrais

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T.KTTIIIi DE M. DE VILLÈLE. 411

pas ce que les Anglais auraient à répoodre à une lionne noie que l'on leur adresserait à ce sujet.

i< Bonjour, cher Villèle, je vous verrai ce soir chez la duchesse de Berry, ou demain à l'ordinaire du dimanche. Amitié el confiance.

« La lettre de Guilleminot est fort bien.

cccxi.v11. — le comtb de villèle a s. a. r. m"" le dl'c d'angoulême.

« Paris, le 3 mai i8à3, 3 heures de l'après-midi. « Monseigneur,

H Je reçois à l'instant votre lettre du 29 ; celle du 28 ne m'est parvenue qu'hier à 6 heures du soir ; ce qui fait que la réponse n'a pu vous èlre adressée que ce matin par le télégraphe.

« V. A. R. peut èlre tranquille sur ce qu'elle a la la bonté de me marquer coalidentiellement ; jamais mes collègues n'en ont vu ni n'en verront rien qui puisse leur être désagréable. Unis d'intenlions et d'elîorls avec V. A. K. pour faire marcher le service du Roi, nous pouvons réciproquement nous confier les mouvements d'impatience que nous causent les obstacles que nous ne devrions pas rencontrer. Mais ce serait les accroître au lieu de les lever, comme c'est notre devoir, que de donner suite aux trois quarts des observations qui nous sont suggérées par la position du jour et deviennent sans objet par celle du lendemain.

« Nous allons au Conseil pour y délibérer sur les

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dernières inslructions à donner à Mouseigneur sur la conduite politique à tenir à Madrid ; c'est bien délicat, et décisif pour l'entreprise. Si je le puis, j'adresserai dfes demain nos résultats à V. A. R.

V Je crois fort utile que ce soit Monseigneur luimême qui aille à Madrid.

M Je crains que, si nous ne pouvons opérer plus au Midi et poursuivre la délivrance du roi, ne fûtce que par l'armée royaliste espagnole, on neconsidëre notre opération comme manquer. Ne pourrait-on pas monter les choses de manière que la Régence qu'on organiserait et qu'on maintiendrait à Madrid, parût avoir spécialement la mission d'organiser les moyens de délivrer le roi, et soumettre le reste de l'Espagne au moyen de l'armée espagnole elle-même?

Monseigneur se moque de moi avec mes transports, mais il oublie que nous ue devions lui fournir que huit millions par mois et que nous lui en don- .nons douze ou treize. C'est bien le moins qu'on emporte ce surcroit de fonds, j'ai bien assez de peine h me les procurer; voilà ma prétention que je soumets, au reste comme toute autre, à la sagesse et à la justice de V. A. R. qui peut être tranquille sur l'exacte remise tous les mois, à ses caisses de réserve, des fonds nécessaires au service du mois suivant.

« J'ai l'honneur d'être, eLc.

« P. S. — On se plaint beaucoup des lenteurs et de la circonspection du maréchal Moncey: on va jusqu'à craindre que ses opérations n'entravent les succès

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