LETTRES DE M. DE MARTIGXAC. *I
de votre armée par rinaction de ses forces. Y. A. R. est à même de le juger, mais on commence ici à craindre que vous ne soyez pas bien secondé, sans cesser de rendre une complète justice aux intentions du maréchal, dont personne ne doute. »
CCCXLVni. — M. DE MARTIGNAC AU COMTE DE VILIÈLE,
« Vittoria, le 3 mai 1823.
11 Monsieur le comte, je reviens encore à notre affaire des Portugais. Avant de recevoir la lettre à lui adressée par ta junte et dont j'ai eu l'honneur d'envoyer une copie à V. Exe, le comte d'Amarante amanifesté la disposition de se rapprocher d'un corps d'armée français ou espagnol royaliste. Le chef d'élat-major du général Quesada a donné avis de cette manifestation à la junte, qui me l'a communiqué. J'ai répondu, après avoir pris les ordres de S. A. R., la lettre dont je joins ici la copie.
« Hier au soir,j'ai eu la visite de M. de Souza, ancien ambassadeur du Portugal à Londres. 11 a quitté le Portugal avec le comte d'Amarante, et il est venu i Vittoria pour savoir ce qu'il avait à espérer dans l'intérêt de ce dernier et de sa division. M. de Caux a assisté à notre conversation et y a pris part. Je lui ai répété de vive voix ce que j'ai écrit à la junte, et lui ai déclaré que le prince était décidé à n'avoir aucune espèce de relations avec la division portugaise, et à ne pas souffrir que ces relations s'étabUssent avec aucun des corps soumis à son commandement.
M M. de Souza, tout en s'affligeant vivement de
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cette détermination, a reconnu la gravité des motifs sur lesquels elle s'appuyait. Il m'a annoncé que le comte d'Amarante et sa division, qu'il assure être forte de six mille hommes, pouvaient rentrer en Portugal et qu'il allait faire ses dispositions en conséquence. Je l'ai engagé dans son propre intérêt à s'éloigner sans retard du lieu de nos opérations, en lui répétant que S. A. R. ne pouvait considérer la division du comte d'Amarante comme une troupe amie, si elle se trouvait on contact avec l'armée française.
<• M. do Souza a alors demandé si la France persisterait dans celte résolution dans le casmêmeoùla division de Rego se porterait à quelque acte d'Kostilité envers les troupes françaises. J'ai répondu que si le cas se présentait, S. A. R. verrait ce qu'il lui conviendrait de faire. Voilà le résultat de notre entrevue.
" L'ordre du ministère de l'Intérieur est arrivé à Pau après celui de Monseigneur. Déjà ce dernier avait été notifié, mais l'autre est arrivée temps pour être exécuté. M. de Mataflorida et l'archevêque de Tarragone ont témoigné un grand mécontentement ; ils ont trouvé dans des mesures de prudence, exécutées avec tous les égards qui leur sont dus, de la violence et de l'arbitraire. Le temps et laréfle.\ion calmeront cette humeur, et quand ils verront leur patrie heureuse, ils approuveront lesmoyens qu'on a pris pour les empêcher de porter obstacle à ce succès. Vous savez s'il y a eu à leur égard rien qui ressemble à la haine ou au désir de nuire.
«Je pars demain malin avec la junte etM.deCaux. Nous irons coucher le 4 à Miranda, le 5 à Briviesca,
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