DE MARTIGNAC
le 6 à Burgos, où nous précéderons ainsi S. A. R. de deux jours. Pensez à notre arrivée à Madrid et éclairez-nous.
u J'ai l'honaeur, etc.
« De Hartignac. ,.
cccxlix. m. de martigxac al' conte de vill.èlk,
<i Mirai) da-sur-1'Èbre, le 4 mai 1823.
<( Monsieur le comte, je vous donne à la hâte un avis qui ne doit pas être retardé.
« Les deux étrangers quevous avezfaitvenird'Orthez, doivent être maintenant à Paris et il est nécessaire que vous soyez instruit sans délai de leur projet.
V J'ai dans mes mains la preuve positive qu'ils cherchent à négocier avec l'Angleterre,
« Ils demandent que 1h personne du roi leur soit remise; ils offrent pour conditions: {"de reconnaître les prêts faits par les maisons anglaises au gouvernement espagnol ; 2° d'intervenir auprès du roi devenu lihre, pour obtenir en faveur de l'Angleterre un traité de commerce.
« Ils invitent l'Angleterre à employer tous ses moyens pour que la France cesse d'entraver les opérations de la Régence, soit en reconnaissant une junte provisoire, soit en érigeant en généraux des hommes qui n'ont pas sa confiance, etc., etc. (Je traduis littéralement.) « Si l'Angleterre ne peut pas 11 réduire le gouvernement français, elle sait quels " sont les points de déharquement en Espagne, et V ceux où peut apparaitre la Régence, pour prendre
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<( ses moyens de débarquement, atin de recevoir en V lieu sûr le roi rendu à la liberté. »
« Voilà ce qui résulte des instructions par eux données le 29 avril dernier à un homme de leur confiance, qu'ils ont chargé de se rendre en Angleterre en toute hâte. Ils pensaient alors sans doute, ou être séparés, ou demeurer loin de Paris.
(( Aujourd'hui ils peuvent lier eux-mêmes leur afîaire avec l'ambassadeur d'Angleterre et c'est là ce qu'il importe de surveiller. Une pareille tentative opérerait assurément un très fâcheux effet.
« Je me suis procuré ces instructions en original; mais je pense qu'il ne serait pas à propos qu'ils en fussent informés, et qa'il vaut mieux veiller à ce que leur projet ne se réalise pas.
« Au reste, monsieur le comte, le gouvernement verra ce qu'il lui coQvient de faire. Il suffit qu'il soit instruit pour qu'il n'y ait pas de danger.
n Une seule chose m'inquiéterait, si elle était vraie; ces messieurs ont assuré qu'ils étaient d'accord dans cette opération avec le duc de l'Infantado. J'espère qu'il n'en est rien et qu'ils ont voulu seulement se donner plus d'importance. Nous attendons toujours vos instructions pour l'arrivée.
« J'ai oublié de vous dire que les quatorze individus qui avaient été arrêtés, il y a quelques jour3,à Vittoria, ont été tous mis en liberté, parce qu'aucun fait postérieur à notre arrivée n'a été prouvé contre eux. La confiance renaît; les absents rappelés par le prince, soumis à la junte, reviennent. Le peuple les tolère. Le meilleur moyen que nous ayons trouvé pour le calmer, c'est de lui dire que les excès com-
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mis sur les coDstitutloiineU mettraiont la vie du roi en daoger. Cette crainte a beaucoup d'influence sur leur esprit.
« La Castille est bien autrement encore disposée que le Pays basque. De Vittoria ici nous avons voyagé au travers des danses et des cris de joie. Je suis, etc.
« De Martionac. ..
cccl. le comte de villële a m. de hartignac.
« l>aris, le 4 mai 1823.
u Je ne puis, mon cher monsieur, que vous dire, avant le départ de l'estafette, que j'ai reçu et lu au Roi vos deux lettres du 28 et du 30 avril; que vous avez tort de douter que l'on ne comprenne pas ici les difficultés dont vous êtes entouré; qu'on vous sait le meilleur gré de la manière dont vous les surmontez; qu'enfin vous pouvez compter sur justice et sur concours.
« Monseigneur vous montrera sans doute les instructions supplémentaires que je viens do lui adresser. Vous y verrez, j'espère, la solution de toutes les questions sur lesquelles vous pouvez en désirer.
« Les ordres de Monseigneur sur les membres de la régence d'Urgel sont exécutés.
« Tout va mieux ici, grâce h vos succès : tout ira mieux encore quand tout sera fixé et que vous reviendrez. Comptez, elc*
«i° DE VlLLÈLE. B
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