CCCLIV. — l,E VICOMTE DE CHATEAUBRIAND AU COMTE UE VILLËl.E
« Ce jeudi, 8 mai.
M Mon cher ami, je crois que vous devez écrire aujourd'hui même à M. le duc d'An^^ouIême pour une chose capitale : qu'il prenne garde à verser trop dans le sens des constitutionnels espagnols. Il me revient de toutes parts que les royalistes s'effraient de cette disposition du prince. Ce sont, après tout, les royalistes qui font aujourd'hui nos succès, et si leurs généraux, leurs soldats, les curés, le clergé croient que tous les coups et les dangers auront été pour eux et toutes les grâces pour les généraux des Cortès, nous serons abandonnés au milieu de l'Espagne, et en vérité les constitutionnels sont trop faibles et trop misérables pour qu'on soit obligé de les tant ménager. Je vous assure qu'il est de la dernière importance de prévenir le prince, et la lettre de De Caux est très effrayante sur ce point. Prenons garde de nous trouver entre deux selles à terre.
« Voilà Mina en retraite. Il serait bon aussi, s'il se retirait au delà de l'Èbre, de l'empêcher, en le suivant, de se jeter sur Valence et d'y écraser Ulmau, si Ulmau, comme cela parait prouvé, occupe celte grande ville.
Il A vous.
ccclv. — l,e comte de villèle a s. a, h. m"" le «uc d'akgouléhe.
u Paris, le 9 mai 1S23, à o heures du soir.
(< Monseigneur,
« Nous sommes morveillou sèment servis depuis doux jours par le télégraphe, il nous donne de vos nouvelles en vingt-deux ou vingt-quatre heures; à la distance où vous êtes de nous, c'est merveilleux et bien satisfaisant. Avant de quitter Madrid, il faudra que V. A. R. obtienne de Ferdinand qu'il pousse la ligne de Bayonne jusqu'à sa capitale. C'est alors qu'il n'y aura plus de Pyrénées,
<i Mais je fais perdre votre temps et je n'en ai pas trop moi-même d'ici au départ de l'estafette. Le Roi va mieux; sa jaunisse diminue; il n'est pas sorti aujourd'hui parce que le vent était trop froid, mais il se sent mieux que ces jours passés. Je lui ai lu votre lettre du S, que je venais de recevoir et celle de M. de Martignac nu sujet de Mataflorida et de son compagnon d'intrigue. Ils ne sont pas encore arrivés à Pari s, nousiesy veillerons de prèset je crois que V. A. R, doit être fort tranquille sur leurs menées. La création de la Régence et l'envoi des ministres étrangers à Madrid va ôter tout moyen d'agiter et de diviser les esprits, par des prétentions et des intérêts personnels.
« Nous avons à nous féliciter d'avoir pris le parti de borner l'action de cette Régence à des actes d'administration et au concours qu'elle doit amener les Espagnols à fournir aux opérations militaires de
:,q,t,=cdbïGoOglt'
LETTRES DE M. DE VILLËLE. 4Sâ
V. A. B. Déjà rAutriche metUiit au renvoi de son ministre à Madrid, la condition que la Régence ne prononcerait rien sur les questions d'avenir ol de haute politique qui divisent l'Espagne.
« La délivrance du roi va être, après l'entrée de V. A, R. à Madrid, le snjet de toute notre sollicitude. Je viens de me concerter avec le ministre de la Marine pour faire remettre une somme en or et en monnaie d'Espagne, à bord du vaisseau qui va croiser devant Cadix. Je fais ajouter à cette division deux ou trois petits bâtiments afin de pouvoir serrer la côte de plus près et communiquer souvent avec la terre. Si on pouvait de ce côté lier quelques relations el acheter l'évasion et rembarquement du Roi ! Le commandant de la division aura ordre de faciliter, de provoquer même cette opération de tout son pouvoir; si, par ses relations de ce côté, V. A. R. pouvait concourir à faire concevoir et exécuter quelque chose de pareil, elle saura que nos marins sont avertis et prêts à le seconder. Ils veilleront aussi à ce que le roi et la famille royale ne puissent être enlevés d'Espagne, pour être transportés ailleurs par mer.
« Enfm, Monseigneur, si tout ceci pouvait finir par l'occupation de Cadix comme place de sûreté par les débris des Cortès et des hommes compromis dans la dernière révolution, s'ils étaient amenés  laisser embarquer le roi et la famille royale sur notre escadre, à la condition qu'elle lèverait le blocus de Cadix et ne débarquerait ses augustes passagers qu'à Brest, ce qui leur fournirait les moyens de pourvoir à leur sûreté et procurerait à leur pays les
:,q,t,=cdbïGoogle
chances favorables des bons conseils que recevrait du roi de France et des ambassadeurs de l'Europe, le roi d'Espagne à son passage à Paris, au lieu de l'exaltation dont il sera sans doute enivré, s'ils le laissent délivrer par la force et conduire en triomphe dans sa capitale; si... si... si... si la raison avait quelque empire sur les hommes, nous serions trop heureux. Mais aussi Y. A.. H. ne serait pas si près de Madrid .
« Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons déjà prévu sur cette entrée à Madrid. Je crois les choses bien arrangées comme nous l'avons dit. Nous vous avons adressé des fatras de documents, V. A, R. fera son triage, et en cela, comme dans tout le reste, le Roi met dans sa sagesse la plus entière confiance, et lui laisse toujours le choix du parti et des moyens qu'elle jugera les plus utiles ot les plus convenables.
« Nous n'avons rien de nouveau de l'Angleterre ; les journaux sont plus hostiles; les propos du roi sont très rassurants; ceux dos ministres plmns d'humeur. La neutralité sera maintenue, mais on y mettra toute la mauvaise grâce possible. En elTet, les choses n'ont pas tourné comme on l'eût voulu à Londres, et une fois la Régence reconnue par les autres puissances, la situation de M. A'Courl à Sévillo ou à Cadix nie parait si fausse et si honteuse, que j'en redoute l'effet sur l'humeur du cabinet de Saint-James. Ils n'ontqu'un moyen de s'en tirer avec quelque honneur, c'est de contribuer à nous faire rendre le roi. Dieu veuille leur suggérer ce conseil.
Il Nous venons de clore la session de i 823 ; le Roi
:,q,t,=cdbïGoogle
LETTRES DK H. DE VII.LÈLË. 437
n'a plus besoin des Chambres pour rien d'ici à neuf mois.
« Nos rentes sont aujourd'hui à 87,60. J'attends que V. A. R. les ait portées à 90 francs pour vendre nos 23 millions de rentes.
« J'ai l'bonneur d'être, etc.
CCCLVI, LE COMTE DE VILLËLE A H. D?: HABTIGM&C.
« Paris, le 10 mai 1823.
« J'ai reçu, mon cher monsieur, vos diverses lettres jusqu'à ce jour. Lorsque je n'ai pu vous répondre directement, j'ai donné à Monseigneur les éclaircissements que vous me demandiez.
i< Je crains presque d'avoir adressé à S, A. R. trop de fatras sur votre entrée à Madrid. On se perd quelquefois au milieu de tant d'avis divers. Je comptu sur votre zèle et votre sagacité pour recueillir le miel dans tous ces calices, et choisir le bon grain. Celte entrée à Madrid est si importante; ce que vous y direz, ce que vous y ferez, doit avoir une telle influence sur notre entreprise, que nous ne saunons y mettre trop de prudence, de décision et de soins.
« Il est bien important que les Espagnols considérables, dont vous avez besoin pour votre Régence et pour composer le ministère, soient à Madrid quand vous y arriverez. J'imagine que Monseigneur aura pH s'assurer du moins des ducs de l'Infantado et de San Fernando.
« En Angleterre, on est fort tourmenté de la
:,q,t,=cdbïGoOglc
crainte que vous ne fassiez déclarer la banqueroute des emprunts faits par ies Cortès; ce serait une des choses les plus propres à décider le gouvernement anglais à soutenir les révolutionnaires espagnols, parce que c'est sur la Bourse do Londres que sont presque tous les fonds espagnols produits de ces emprunts.
Il Voua avez également agi avec beaucoup de sagesse en retenant les auxiliaires dans la voie de la modération par la crainte des cruelles représailles auxquelles ils exposeraient le roi et la famille royale.
« Cette funeste captivité nous sera utile sous ce rapport et sous celui de la maturité à porter dans l'examen des grandes questions politiques et financières qu'il sera si raisonnable de faire ajourner jusqu'après la délivrance du roi.
« Nous sentons bien ici, soyez-en sûr, tout l'embarras et tout l'ennui de la situation dans laquelle vous placent les relations continuelles avec des hommes dont nous voyons nous-mêmes quelques échantillons,
« Aussi, loin d'être exigeants, croyez que nous sommes très compatissants, et n'ayez aucune crainte àcetégard. Seulement, permettez-nous, dans l'intérêt du service du Roi et de la nécessité de vos opérations, de vous recommander de dissimuler ce dégoût, cet ennui, ce désir de retour qui sont si naturels, mais qui peuvent nuire en présence d'hommes tels que ceux qu'il faut que vous conduisiez.
« Nous veillerons ici Matailorida et ses acolytes quand ils y seront. Ils ont passé à Bordeaux, où je crains qu'ils n'aientété gâter encore quelque alTaire.
:,q,t,=cdbïGoogle
LETTRES DE H. bl£ VIT.LÂLE. 439
« Nous avons sur leur conduite et leurs dispositions d'aussi mauvais renseignements que vous; mais à eux ne sera pas donné, j'espère, de nous nuire dans le bien que nous voulons faire à leur pays.
« Adieu, etc.
H i' DE VlLLBLE. " CCCLVU. I.E COMTE DE VILLËLË A S. A. R. M"" LE
DUC d'akgoulëhe.
<i Paris, le 11 mai 1823.
i< J'ai l'honneur d'adresser à V. A. R. une lettre de crédit qui m'a été fournie par la maison Rothschild sur MM. Wisemann-Gosver, banquiers à Madrid. C'est une politesse plutôt qu'uue réalité, puisque vous aurez toujours plus d'avantage à puiser dans nos caisses de réserve, que d'user du moyen que vous donnerait cette lettre de crédit. Mais je croirais désoblig^er M. Rothschild, qui nous est et nous a été fort utile, depuis nos embarras fmanciers, en la refusant. Ensuite, si V. A. R. se trouvait par quelque circonstance imprévue dans la nécessité d'avoir recours aux banquiers de Madrid, il vaudrait mieux qu'elle le Kt au moyen de cette lettre de crédit, que par une réquisition ou des appels de fonds, en opposition avec les principes qui nous dirigent. Aussitôt que M. Rothschild saura l'entrée de l'armée à Madrid, il compte y envoyer un de ses commis et peut-être un de ses frères. Je prierai V. A. R. de vouloir bien accorder une protection spéciale à cette maison de banque, dont l'intervention pourra nous
:,q,t,=cdbïGoogle
être fort utile, tant pour le service financier de l'armée que pour la négociation des emprunts espagnols, lorsqu'on sera à pouvoir utilement en ouvrir.
« Nous avons reçu la réponse de l'archevêque de Valence. 11 s'est positivement refusé à se rendre à Madrid, s'excusant sur son grand âge et sur l'injustice faite, dit-il, à ses amis de la régence d'Urgel. V. À. R. aura donc à le remplacer dans la Régence qu'elle va établir à Madrid. Je ne pense pas qu'elle éprouve beaucoup de difficultés dans ce remplacement; elle se concertera sans doute avec le duc de rinfantado. le duc de San Fernando et les personnes considérables et éclairées qu'elle pourra réunir et consulter à Madrid, ou avant d'y entrer.
il Monseigneur ne perdra pas de vue combien est importante et délicate sa conduite en cette occasion. C'est ce que je sens avec plus de force à mesure que nous avançons vers cette crise décisive; l'organisation de celte Régence va déterminer la défection des points qui résistent encore et la soumission des provinces, ou préparer une durée indélinie à la lutte dans laquelle nous sommes engagés.
« Si V, A. R. trouve à Madrid des hommes sages et considérables qui veuillent s'associer à ses vues et concourir à la formation de cette Régence temporaire; si ces hommes veulent porter dans leurs actes la modération et la clairvoyance, qui peuvent seules rendre la confiance et l'espoir à une nation décomposée par trois longues années de déchirement et d'anarchie ; tout le monde viendra se ranger BOUS leur égide et se grouper pour assurer leur triomphe. Si l'organisation de ce gouvernement
:,q,t,=cdbïGoogle
LETTRES DE M. DK VILLËLE. 431
provisoire est faible, si ses opéralions soot exclusives, alarmantes, si elles aDooncent des préleatîoas et des intentions contraires à des intérêts puissants et qui méritent ménagement ou satisfaction, son établissement ne nous sera d'aucune utilité et nous n'aurons plus d'autre ressource que d'obtenir par la force la délivrance du roi, ce qui n'est pas sans difficultés, ou de protéger, dans les provinces que nous aurons délivrées, l'établissement d'institutions locales, qui consacreront un régime fédéral bien contraire à la force de la monarchie espagnole.
« Nous espérons que l'établissement de la Régence sera puissamment secondé par l'envoi immédiat, que feront les grandes puissances, de leurs ministres auprès d'elle. Notre influence particulière perdra peut-être quelque chose à cet envoi, mais la cause que nous servons y gagnera; la durée de nos sacrifices sera abrégée. Nous ne pouvons que seconder le désir des cabinets sur ce point.
H Nous vous enverrons en même temps M. de Talaru, comme ambassadeur du Roi ; sa bonne tête et ses bonnes intentions soulageront V, A. R. do quelques parties du fardeau qu'elle a à porter, et qu'elle porte si bien. Du reste M. de Talaru sera entièrement et directement sous vos ordres.
i< Nous cherchons à rendre notre marine utile aux opérations militaires et politiques de la Péninsule. Un de nos croiseurs vient d'arrêter un bâtiment portant des armes ; ils vont empêcher, autant qu'il sera eu eux, toute communication de Cadix avec la mer; il en sera de même de Barcelone, delaCorogne et des principaux ports de l'Espagne. Les bâtiments
:,q,t,=cdbïGoogle
qui, ae portanl pas de munitions de guerre, ne pourront élre saisis, seront dirigés vers Bîlbao ou les autres ports qui auraient fait leur soumission.
V M. le maréchal me fait espérer que, sans trop se dégarnir, il pouri'a dans quelque temps mettre k la disposition de V, A. R. quatre régiments de plus. Si notre marine peut les rendre plus utiles, en les transportant sur quelques points de la cOte, noiis essaierons de combiner cette opération du mieux que nous pourrons, avec les indications que vous nous fournirez.
" Nous envoyonsM. Hamelin devant Cadix ; nous lui remettrons des fonds; nous l'engageons à lier des relations, s'il se peut, avec les royalistes de la côte. Nous lui ordonnons de surveiller avec le plus grand soin l'enlèvement du roi, si ses geôliers voulaient tenter de l'éloigner de l'Espagne; il est chargé, en outre, de favoriser de tout son pouvoir et de payer largement toute opération qui procurerait la délivrance du roi et son embarquement sur notre flotte.
« En combinant tous les moyens par lesquels peut aiTÎver la fin de tout ceci, celui sur lequel je m'arrête toujours comme le plus propre à donner le plusdegarantiesàtous, enon"rantleplusde chances à un arrangement durable, serait la retraite des Cortès et des hommes les plus compromis à Cadix, où ils resteraient sans y être inquiétés, comme dans une place de sûreté ; pour obtenir la levée du blocus maritime, ils remettraient le roi et la famiUe royale à votre escadre, qui prendrait l'engagement de ne quer qu'à Brest ; et ce serait à son passage
:,q,t,=cdbïGoogle
à Paris que Ferdinand, auprès du Roi son libérateur et entouré des ambassadeurs de tous les souverains de TËurope, se fixerait sur le meilleur parti à prendre pour consolider son gouvernement et assurer le repos de ses peuples. Je crois avoir déjà conté ce rêve à V. A. R., mais j'y reviens snns scrupule, parce que c'est une preuve, puisqu'il reste, qu'il a quelque chose de satisfaisant comme solution possible, et que s'il n'est pas probable qu'il so réalise jamais, du moins quelqu'une de ses parties peut fournir à Monseigneur, qui est sur les lieux, qui peut être appelé à prendre des déterminations importantes, des indications, des idées utiles, avec la certitude à l'avance de la manière dont on les verra ici.
(f Pour donnor à l'occupation de Madrid toute son importance, et la faire peser de tout son poids sur l'ordre ennemi, il est nécessaire que les proclamations, les actes de la Régence, les nouvelles de l'armée, soient répandues avec profusion dans toute TEspagne ; il sera bien utile aussi de couper le plus tôt possible les relations du gouvernement opposé avec la plus grande partie possible de la Péninsule. Dès que vous n'avez pas d'armée ennemie qui ose se mesurer avec la vôtre, il faut, ce me semble, s'attacher aux autres moyens avec lesquels on veut soutenir la lutte et déjouer sur ce point, comme dans les opérations militaires, les projets de l'ennemi. La Régence formée, la guerre sera entre elle et le gouvernement des Cortès. C'est tout autant par des mesures politiques que par des évolutions de troupes, que l'on combattra; il faut taire en sorte
:,q,t,=cdbïGoogle
d'oblonii'dans ces deux guerres les mêmes succès.
'< Je sais, Monseigneur, que toutes ces réflexions nous mènent directement à une conclusion que ma qualité spéciale de ministre des Finances devrait me faire redouter. V. A. R. va me dire : « Vous « parlez d'or, mais ce n'est pas le tout ; mettez de ce « métal à la disposition de ma Régence et ue sera le <' plus puissant auxiliaire, le meilleur conseiller <• politique qu'elle puisse recevoir. »
<( J'en conviens et ne reculerai jamais dans ce que je regarderai comme vraiment utile, comme nécessaire, comme économique; car ce qu'il y a d'essentiel, d'indispensable, d'un bon calcul, c'est d'en finir, bien et t6t, quand on en est où nous en sommes. J'en conviens, j'y pense ; car il est possible que Monseigneur voie au premier jour dans nos joumau.<£ l'annonce des affiches de notre emprunt de 23 millions de rentes; ce n'est pas que j'aie besoin de faire cotte négociation pour subvenir à nos dépenses extraordinaires. Grâce à Dieu, j'ai d'autres moyens d'y pourvoir. Co n'est pas qu'en attendant plus lard, je ne dusse espérer un taux plus avantageux do la vente de ces rentes. Mais c'est qu'il nous faut désormais songer aux finances de l'Espagne, si nous voulons soigner les nôtres, et que pour pouvoir venir au secours des premières, il fautavoir dégagé les secondes de cet énorme fardeau de 400 millions à emprunter, si effrayant quand c'est à faire, si rassurant, si propre à accroître le crédit quand c'est terminé.
« Matailonda et son acolyte sont ici, nous allons les veiller de près et les y retenir jusqu'après l'éta-
:,q,t,=cdbïGoOglc
LETTRE DE S. A. R. M"" LE DUC d'aNGOULËME. *35
blissement de votre Régence. Ce sera à elle ensuite à détormiuer co qu'on doit taire de ces obstinés. Notre opinion est que les prélats devraient être envoyés dans leurs diocèses, où sans doute ils n'auraient pas de moyens de nuire et s'appliqueraient probablement h faire du bien.
i< La santé du Roi est meilleure; ses yeux et son teint sont beaucoup moins jaunes; l'appétit commence à lui revenir.
« Notre Midi est aux anges de posséder Madame; elle a eu la bonté en passant à Toulouse de recevoir ma mère; on est heureux, Monseigneur, de servir des princes qui savent ainsi placer la récompense au lieu qui doit la rendre plus sensible et en faire mieux apprécier toute la valeur.
« Pardon, Monseigneur, de tout ce bavardage, mais rassurez-vous : c'est le loisir du dimanche qui vous en vaut l'importunité. Heureusement pour V. A. R., il n'y en a qu'un par semaine.
« J'ai l'honneur d'être, etc.
,. J" DE ViLLÈLE. >>
GCCLVIII. S. A. R. M"" LE DUC D'A>'aOL'LÉME AU COMTE
CE VILLÈLE
» Burgos, ce 11 mai 1833.
« J'ai reçu, mon cher comte, vos deux lettres du S et du 6. D'ici à Madrid je m'occuperai de la formation du gouvernement espagnol, en me conformant le plus possible à vos instructions. Ma lettre pour le général portugais ne partira pas et j'agirai à leur égard comme vous me le marquez. Je laisse ici le
:,q,t,=cdbïGoogle
i36 HAI 1833.
lieutenant général Bourke avec 4000 hommes pour veiller sur leurs mouvements. La perte qu'éprouvent les officiers et soldats sur les monnaies, provient du tarif; on nous donne le quadruple pour 8i francs et il ne passe que pour 80.
(c On perd également 5 centimes sur les écus. Le travail que j'ai demandé sur cela n'est pas encore fait, j'espère l'avoir aujourd'hui. Je n'ai jamais songé à occuper le palais à Madrid, ni à m'établir aux environs, parce que cela serait insupportable pour moi et pour les autres. Le Retira est inhabitable. Je crois que je m'établirai à l'hôtel Médina-Cœli. Je joins ici les articles supplémentaires au traité Ouvrard et une note que je vous demande de lire sur les approvisionnements. Depuis qu'elle était faite, l'ordre du ministre de la Guerre est arrivé au sous-intendant à Bayonne de se conformer aux miens.
« Rien de nouveau. Je pars après-demain, et je compte. Dieu aidant, être à Madrid le 24.
M Jevous renouvelle, mon cher comte, l'assurance de toute mon estime et affection.
a Louis-Antoine, b