I.K'1'TBI:; UE M. DE VILLÈLE
fourniture de l'armée, et qu'il soil déduit des tonds à faire au munitionnaire général, tout ce qui aurait été destiné à ces achats s'ils n'eussent pas existé; de même M. le maréchal assure que, dès le \" juin, il aura à Bayonne 12400 mulets de bât, 299 caissons attelés de 4 chevaux, 200 voitures auxiliaires de quatre colliers, et 1 200 mulets, 130 caissons et 100 voilures auxiliaires à Perpignan, Si ces arrivages se réalisent, il me semble que Monseigneur doit les utiliser pour le service de son armée, et exiger, dans les moyens de transport de M, Ouvrard, une réduction proportionnelle de ceux qu'il a temporairement fournis; une double dépense dans ce genre serait intolérable et il n'est pas possible que V. A. R., avertie que plus tard tout ce qui lui manquait au moment de son départ lui arriverait, puisque l'administration de la guerre eu avait fait la commande, ne se soil pas réservée vis-à-vis de M, Ouvrard les moyens d'éviter le double emploi dont on semble menacé en ce moment.
H Je joins ici conûdentiellement, mais aGn que Monseigneur en juge, la note que m'a communiquée M. le maréchal, comme comparaison des prix de la fourniture du munitionnaire avec la fourniture telle qu'eût pu la faire l'administration. L'excès de dépense s'y trouve porté à 2600000 fr. par mois; j'admets qu'il y ait des erreurs et de l'exagération, mais il me semble que cet aperçu doit servir à convaincre V. A, R. qu'elle doit chercher à restreindre autant qu'il sera en elle les fournitures directes du munitionnaire général, et pour cela réduire, autant qu'il se pourra sans danger pour
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l'armée, les transpoi'ts fournis (>ar Ouvrard el ne lui doaner de l'argent pour achats de subsistances qu'autant que les magasins de l'administration seraient épuisés, ou qu'il y aurait impossibilité ou perte à en extraire l'approvisionnement de l'armée.
« M. le maréchal m'a assuré avoir fourni ou fait préparer des habillements pour vingt mille Espagnols. V. A. R. doit se faire rendre compte de ceux de ces effets qui sont encore disponibles et les utiliser; par l'aperçu ci-joint que le maréchal m'a remis, elle verra également les sommes mensuelles auxquelles peuvent s'élever les dépenses de ces 20000 hommes. Ce point me paraît d'une grande importance dans le moment où Monseigneur aura probablement à s'occuper de la formation de l'armée espagnole, ou du moins à porter jusqu'à cinquante mille les auxiliaires avec lesquels elle doit délivrer le Midi de l'Espagne, comme elle a délivré ses provinces du Nord.
Il Depuis mes dernières lettres à Monseigneur, on m'avait dit en effet que le Relira n'était guère habitable; on, m^avait parlé comme â lui de l'hôlel Medina-Cœli ou de celui de Berwick, qu'on m'avait dit encore mieux situé.
« Nous avons ici Mataflorida et l'archevêque de Tarragone. J'ai eu leur visite hier. Le premier est, je crois, un bien mauvais homme, bien décidé à contrarier tout ce qui ne fondera pas sa domination; l'autre est entièrement à la discrétion du premier; nous nous arrangerons pour leur 6ter les moyens de nuire à V. A. R., en évitant qu'ils ne fassent du mal ici.
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LETTRE DE S. A. R. M"» LE DUC D A MÎOUr.ÈME. «:i
H Nos fonds s'étaieol élevés jusqu'à 88 Francs; ils retombent aujourd'hui à 87 fr. 20, sur la nouvelle que Mina a échappé à nos troupes, forcé le passage par Ripolt et pris la position de Berga. La vérité est que, de ce côté, nos généraux paraissent s'ëlre laissé jouer par ce chef de partisans.
« Nous sommes étonnés de n'avoir pas encore entendu parler de la colonne que Molitor devait envoyer pour se mettre en communication avec le maréchal Moacey.
« Nous recommandons à V. A. R. de se tenir en garde contre les mouvements que pourraient faire les Portugais sur les derrières. Nous imaginons bien qu'elle a pris ses précautions à cet égard,
H Nous allons faire Ions nos efforts pour faire .passer en Espagne soit des dépôts, soit par les quatre régiments disponibles, un renfort d'une vingtaine de mille hommes d'ici à cinq ou six semaines. « Recevez, etc.
« J" deVillèle. »
CCCLSIV. — S. A. B. M"" LE DCC d'aNGOULÉME AU COMTE DE VlLr.ÉLE.
" Aranda, ce )6 mai 1823.
« J'ai eu le plaisir de recevoir, mon cher comte, vos deux lettres des 9 et H, Nous avançons tranquillement sur Madrid. Je viens d'en recevoir des nouvelles d'hier par un courrier du commerce. Il paraît que Labisbal était à Ségovie avec 40OO hommes, se disposant à se retirer derrière le Tage: Je voudrais beaucoup que le duc de l'Infan-
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tado vint me trouver avant mon entrée dans la capitale, afin de convenir de beaucoup de choses avec lui ; j'agirai avec le plus de sagesse possible ; mais la besogne politique est si difficile, que je ne réponds pas de réussir; au moins j'y ferai de mon mieux. Je ne profiterai qu'en cas de besoin de la lettre de crédit de M. Rothschild. L'annonce que vous me faites de quatre régiments de plus me fait grand plaisir; mais pour pouvoir dire où ils me seraient le plus utile, il faudrait que je susse où ils sont, et l'époque de leur arrivée sur tel point déterminé.
(1 J'ai eu hier des nouvelles du général Obert d'Almojar; il est aujourd'hui à Siguenza; il était en communication avec le général Bessières. Je vieas de voir M. de Martignac ; il va écrire au duc de l'Infanlado pour l'engager à venir au-devant de moi, et alorsjemeconcerteraiaveclui d'après lesinstructions que vous m'avez envoyées. Comptez, mon chercomte, sur toute mon estime et mon. affection pour vous. " Louis Antoine.
o Je pense qu'il serait fort utile de profiter des moyens que M. Rothschild peut procurer d'avoir des fonds à Madrid. Ce serait beaucoup plus court et sans doute plus économique que de tes faire venir de Rayonne. »