CCCLSXV. — M. DE MARTIGNAC AU COMTE DE VILI.ÈLK
« Monsieur le comte, je dois compte à "V. Exe. des événements de cette grande et mémorable journée.
" Vous savez déjà que l'imprudence commise par Bessiëres, et l'exaspération qu'elle a excitée dans le peuple, ont obligé S. A. R. à avancer d'un jour l'occupation de Madrid'.
« Ce matin à quatre heures et demie, le général Latour-Foissac est entré à la tête de quelques bataillons et a fait relever la garde constitutionnelle. Le tambour et la musique ont averti les habitants de cet événement qu'ils n'attendaient pas aujourd'hui. Le général Zayas a couru quelques risques, mais il a été préservé et il est sorti sans accident.
« Je suis arrivé peu d'heures après, et je n'essaierai pas de vous exprimer les transports de joie, d'amour et d'ivresse, dont j'ai été le témoin pendant
1. Dans une tetti'e datée de Cavanilloa, SI mal, qui n'est pas resiée entre les mains de M. de Villèle, Ms' le duc d'Angoulènie éorÎTait ; " Malgré les précautions prises, il j a dn train à Madrid ; Bessiëres a voulu y pénétrer de force et a été cause du sang qui y a été répandu; il en a été chassé avec perte. Cela m'obligera peut-être à faire occuper la capitale plus tôt que cela n'avait été convenu. J'y ai envoyé un colonel d'état-major pour s'entendre avec Zayaa. Quand même mon avant-garde y entrerait le 22, cela ne changera rian à mes projets. »
:,q,t,=cdbïGoogle