‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 123 sur 130 · MAI 1S · texte numérisé non relu

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nos succès. Nous enveiTous de ce côté tout ce dont nous pourrons disposer et mettrons ainsi Monseigneur en mesure de tirer sans inconvénient des troupes du 2' corps les services qu'elle leur aura demandés ailleurs. J'écris aussi à M. de Martignac sur sa proclamation, dont j'ai recula première communication hierau soir. Je le gronde de ce qu'il n'a pas averti V. A. R. de la difficulté qu'il a dû éprouver à exposer les motifs du mauvais parti de faire nommer la Régence par Monseigneur et de soumettre ensuite ces choix k la sanction des Conseils. Mais tout devient sans objet aujourd'hui que V. A. R. est depuis trente heures à Madrid et que le seul parti à sou tenir est celui qu'elle aura pris; d'ailleurs grogner n'est pas si bon qu'on ne doive cesser aussitôt qu'on peut, et non seulement je le puis, mais encore je le dois, puisque c'est à Monseigneur que j'écris.

Cl Nous n'avons pas mal d'alTaires ici et je dois tenir V. A. R. au courant de ce qui se lie à celles sur lesquelles elle est appelée à exercer une si grande et si salutaire influence.

« Nos bons alliés continentaux voient avec joie la facilité des succès de votre armée sur les révolutionnaires, parce qu'ils craignent et haïssent la révolution; mais ils jalousent la position dans laquelle ces succès vont placer la France; ils vont peut-être mêmejusqu'à redouter la force que votre maison va puiser dans la campagne qui lie si bien V. A. R. à l'armée du Roi.

<' On a peut-être aussi dans certains cabinets une telle crainte des formes représentatives qu'on ne voudrait pas s'en fier à nous du rétablissement de

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l'ordre en Espagne, de crainte que nous ne le Jugeassions lié au maintien ou au rétablissement de quelque chose qui leur ressemblât.

« Quoi qu'il en soit des iutentîons, voici les faits. Od a promis monts et merveilles pour l'envoi des ministres à Madrid, aussitôt que vous y seriez; ensuite on a tenté, je crois, de nous y faire reconnaître la régence d'Urge!, dont les principes et les vues sont connus; entin aujourd'hui, m^me avant d'avoir un prétexte sur le mode d'établissement de ce gouvernement, la Russie ne sait plus qui elle doit y envoyer, l'Autriche attend la Russie, et la cour de Rome veut se consulter avant d'y laisser aller le nonce.

« D'autre part, sir Charles Sluart vient nous confier que les actes de L'Âbisbal et ses propositiens ne sont pas de lui seul, qu'elles sont concertées •avec Morillo ut Ballesteros, enfin que son gouvernement pourrait bien abandonner ces Certes, dont la cause est perdue, cette constitution dont la majorité ne veut pas concourir même à ramener Ferdinand dans Madrid; mais qu'il ne comprendrait pas comment son cabinet pourrait intervenir dans tout cela, sans obtenir de nous des garanties en faveur des -personnes compromises par la révolution qui finit, et des institutions propres à rassurer contre le retour k l'absolu, avec Ferdinand à Madrid.

« Nous avons délibéré sur celte situation et nous nous sommes arrêtés à proRler de cette espèce d'ouverture de l'Angleterre et de votre entrée à Madrid pour sonder les ambassadeurs de Russie, de Prusse «t d'Autriche, pour savoir s'ils seraient disposés à

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