LETTRES DE M. DE MARTIGNAC
cdtés que le choix était trës agréable aux royalistes et que les cohstilutioonels reconnaissaienf^u'il n'y avait rien à reprocher aux élus.
» Aussitôt que les ministres seront nommés, j'aurai avec eux une conversation sérieuse pour leur faire connaître vos vues, et leur faire sentir la nécessité de s'y conformer.
« Maintenant, monsieur le comte, permettez que je vous parle un peu de moi et accordez-moi un peu d'attention.
H M. de Talaru va arriver. C'est lui qui sera chargé de toutes les relations politiques des deux Ëlats entre eux. Ma mission doit cesser, ce me semble, au moment où la sienne va commencer. Je ne crois pas que les deux puissent se concilier.
i( J'avais parlé de cela à Monseigneur, il y a déjà quelques jours, et S. A, R., à qui j'ai le bonheur du voir que mes services sont agréables, m'avait répondu que je lui étais nécessaire et qu'elle ne voulait pas me laisser partir. Depuis, S. A. R. a pensé elle-même qu'à l'arrivée des ambassadeurs des puissances étrangères, elle devrait cesser de se mêler de politique, parce qu'elle ne pouvait entrer en discussion avec les ministres, et concurremment avec les envoyés étrangers. C'est du moins ce que j'ai vu dans une lettre que S. A. R. vous a écrite hier et qu'elle a bien voulu me communiquer.
« Cette résolution termine toute indécision en ce qui me concerne, et mon opération sera consommée au moment où les ambassadeurs arriveront. Vous concevez aisément, monsieur le comte, combien ma positionseraitfausseetfàcheuseici. La haute mission
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de M. de Taluru, la représentation qui l'accompagnera, ssfqualitéde représentant du Roi, les pouvoirs dont il sera chargé, ne me laissent plus ni place ni emploi. Vous reconnaîtrez donc que je dois cesser mes fonctions à son arrivée et retourner en France. Je crois pouvoir compter sur votre bienveillance, et je dirai même sur votre justice, pour que mon rappel ne paraisse pas le résultat d'un mécontentement.
« J'ai rhouneur d'être, etc.