‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 77 sur 130 · CCLXIXV. — S. A. H. MONSIEUR AU COMTE DE VILLËLE · texte numérisé non relu

CCLXIXV. — S. A. H. MONSIEUR AU COMTE DE VILLËLE

Aux Tuileries, vendredi soir 21 mars.

« Merci, mon cher Villèle, de votre empressement àm'envoyer le projet de proclamation. Je l'ai lu et

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relu trois fois, et à chaque fois elle m'a fait plaisir. Elle dit en peu de mots tout ce qu'il y avait à dire, elle dit avec force, noblesse et clarté.

« Je l'ai communiquée à la duchesse d' Angoulême, qui me charge de vous en remercier et de vous en témoigner sa satisfaction.

« Je vous renvoie cette pièce importante. Vous la recevrez demain à votre réveil.

« Vous connaissez, cher Villèle, tout ce que je suis pour vous.

« Ce pauvre M. Laînéa fait une triste homélie'. »

CCLSXXVl. — LE COMTK DE VILL£:LE A S, A. B. M°" LE liUC

d'angoulême '.

t Paris, le 23 mars (823.

« Monseigoeur,

« On a arrêté hier au soir une diligence chargée de militaires se rendant k l'armée pour y provoquer

1. Dans la séance du 20 mars, à la Chambre des députés, U. LaJaé avait prononcé un discour» pour soutonir des pétitions contre la guerre d'Espagne; présentées au nom des intérêts du commerce. Malgré l'éloquence de l'orateur et la conDancc qu'inspirait la lojauté de son caractère, la Chambre passa i. l'ordre du jour, sentant bien que ces pitces étaient dictées par un esprit de parti, beaucoup plus que par une préoccupation clairvoyante des Trais intérêts du pays, ou ceux du commerce lui-même.

2. Les lettres de M. de Villèle au duc d'Angoulême sont données d'après une copie certlHée conforme, que ce prince autorisa U. de Villèle à faire relever sur les originaux peu de temps après son retour d'Espagne. Quant aui origïnaui, restés au palais dea Tuileries jusqu'en juillet 1830, ils furent enlevés lors du pillage auquel ce palais fut livré, par un particulier qui les vendit au gouvernement espagnol; ïla se trouvent probablement encore dans ses archives.

Il ; eut un certain nombre de lettres dont M. de Villèle ne put TOHE m. W

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ube défection; deux autres voitures, parties précédemment, ont dft être arrêtées aussi dans les lieux où on avait expédié les ordres à cet cffel ; dans celle arrêtée ici, on a saisi une malle adressée à M. de Lostende, aide de camp de Guilleminot, contenant des unifot'mes, boutons impériaux, et l'aigle ellemême d'un des anciens régiments de la garde impériale. On s'est hâté d'envoyer l'ordre à Bayonne d'arrêter cet aide de camp de Guilleminot.

« Dans cet état de choses le Conseil a pensé, et le Roi a adopté son avis, qu'il était dangereux de laisser la chatte de major général à Guilleminot ; non qu'on ait conçu le moindre soupçon de sa fidélité, mais parce qu'il est impossible que l'arrestation de son aide de camp et ce qui vient de se passer, ne porte un coup funeste à sa position à l'égard de l'armée.

<i On s'est déterminé d'aprës cette considération à nommer major général auprès de V. A. R. M. le maréchal duc de Bell une, qui va partir sur-le-champ et sera à Bayonne dans cinq ou six jours.

« Monsieur, que je quitte à l'instant, m'a chargé de vous écrire, Monseigneur, qu'il croyait comme le Roi que c'était ce qu'il convenait de faire dans la circonstance et nous espérons tous que V. A. R. l'approuvera et sera satisfaite de M. le maréchal, qui a promis au Roi de seconder toutes vos vues et de suivre en tout les ordres do V. A, R,

olitaiiir copie, parce qu'elles s'étaient Irourées dëlruites, lui fut-il ttfQrmë, pendant la campagne. Elles portaieut la data dea lit avril; 1" et 8 mai; 27 juillet; 3, 12, 13, U, 21, 25,27 et 29 août; 5, 15, 18, 2a eC 22 septembre; II, IG et 19 octobre.

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LETTRE DU fiÉNËHAL ti UILLEM) NOT. î^l

'I Le général Digeon eat nommé ministre secrétaire d'État chargé du département do -la Guerre pendant l'absence de M. le maréchal.

« J'ai rendu compte de tout ceci à Madame, qui écrit par cette même occasion à V. A. R.

«J'avais écrit hier fort longuement à ce pauvre Guilleminot, ne me doutant pas de sa fausse position. Je lui envoyais le projet de proclamation que je joins ici, en cas que Y. Â. R. ne l'ait pas reçu d'ailleurs; le Roi l'a approuvé et sans doute il aura également votre assentiment.

« Je finis à la hâte en piiant Monseigneur d'excuser mon griffonnage et de permettre que je lui présente l'hommage des sentiments respectueux avec lesquels j'ai l'honneur d'être, Monseigneur, de V. A. R., le très humble et très obéissant serviteur.

Ca,XXXVII. — LE GÉNÉRAL COMTE GUILLEMINOT AU COMTE DE Vir.LÈLE.

« Bayonne, le -27 mars 1823.

« Monseigneur,

Il J'ai rcQu, avec la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser le 22 du courant, la proclamation que doit publier M^' le duc d'AngouIême en entrant en campagne. Cette pièce doit produire le meilleur effet sur les Espagnols et je ne puis douter que, si nous parvenons à tenir les sages résolutions qu'elle annonce, la guerre ne soit bientôt terminée avec peu d'effusion de sang. Les deux seules difficultés considérables de notre intervention sont de

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