CCCIV. LE KAHÉCUAL DLC DE BELLl'SE AU COMTE
DE \1LLËLE.
« Bajoane, le 7 «Tril \fii3.
« Monsieur le comte et cber collègue, les troupes du Roi ont passé la Bidassoa ce matin aux cris de : Vive le Roi! Hier vers midi, le régiment espagnol Impérial-Alexandre s'était rangé en bataille sur les hauteurs d'inin et paraissait se disposer à défendre le passage de la rivière ; un peloton de cent hommes que l'on reconnut être des réfugiés français, ayant un drapeau tricolore, descendit près de lu Bidassoa et offrit à boire aux soldats du 9" régiment d'infanterie légère. Les transfuges tentèrent par toute iiorle de moyens de débaucher nos soldats. Ceux-ci n'acceptèrent point leurs offres et ne répondirent en
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aucune manière à leurs provocations. Le général Vallin, qui se trouvait présent à cette scène, fît avancer une pièce de canon et ordonna de la charger k mitraille. Pendant que les canonniors exécutaient cet ordre, les transfuges ne cessèrent de crier : Vivent nos braves canonniers! Vivent nos amis de l'artillerie! Voyant le général Vallin s'avancer près de la rivière, ils poussèrent des hurlements épouvantables, en criant : Vive Napoléon! Au même instant le général Vallin répondit à leurs insultes par un Vive le Roi! qui fut répété par tous nos soldats, et ordonna à l'artillerie de faire feu. Le premier coup abattit dix hommes, le second trois. Les autres se dispersèrent aussitôt et se jetèrent dans les montagnes. Une compagnie de carabiniers du 9° régiment s'élança dans un bateau pour passer la Bidassoa et poursuivre ces méprisables provocateurs, mais elle ne put les atteindre, non plus que le régiment espagnol Impérial-Alexandre, qui ne crut pas devoir l'attendri!. II était, comme les transfuges, en fuite dans la direction d'Ernani, en sorte que la ville d'Irun a été occupée dans la nuit même.
V L'armée est dans ce moment en pleine marche dans la direction de Pampelune, de Tolosa et de Saint-Sébastien, et tout fait espérer qu'elle obtiendra tous les succès que l'on a Heu d'attendre d'elle.
« Les Espagnols sont disposés àTaccueillir; tous, excepté quelques révolutionnaires, l'attendent avec impatience. La discipline qu'elle observe, dont il faut espérer qu'elle ne s'écartera pas. justifiera sans
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LETTRE Pr MARËCHAI. DUC DE BELLUKK. 319
doote l'opinion qu'ils ont d'elle. On croit généralemeatqu'elie trouvera des vivres en abondance dans ce pays; plusieurs négociants espagnols se sont déjà otTerts pour les lui fournir; ils la serviront beaucoup mieux que nos administrations, dontj'ai beaucoup à me plaindre. Aucun de mes ordres n'a été exécuté par elles, et je suis porté à croire qu'elles font cause commune avec les ennemis du Roi. Je me propose, à mon retour à Paris, d'en faire poursuivre le chef judiciairement. Les pièces pour le convaincre de perfidie ne me manquent pas. Je dois cet exemple à la France et à moi-même '.
« Le voyage que je viens de faire m'a donné tous les désagréments qu'un homme peut éprouver; il ne fallait plus que la goutte pour les compléter ; j'en suis atteint depuis deux jours, de manière que je ne pourrai pas aller à Perpignan, comme je me l'étais promis. J'y envoie M. le général du Coëtlosquel pour savoir ce qui se passe sur ce point, s'assurer des moyens d'existence du 4' corps d'armée. De mon côté, je vais m'acheœiner pour Paris, où je compte arriver du 12 au 14 du courant. J'ai l'honneur, etc.
I. Le maréchal duc do Ballune revint de l'opinion sinistre qu'il s'était formée, ayant pu constater qu'un des ordres les plus imporlaiiU qu'il avait signes n'avait jamais été expédié du ministère de la Guerre.
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