‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 84 sur 130 · CCCV. — M. BBICOONE, PAYEIiH liKNËRÂL, AU COMTE DE VILLÈI.E · texte numérisé non relu

CCCV. — M. BBICOONE, PAYEIiH liKNËRÂL, AU COMTE DE VILLÈI.E

« Au quartier général de Bayoïme, ce 7 avril )8Î3.

« Monseigneur, hier 6 du courant, un mandai de cent mille francs à l'ordre de M. Ouvrard, nommé dans la journée munilionnaire général, a été présenté chez moi; ce mandat imputable sur un crédit supplémentaire ouvert le même jour par arrêté de S. A. R. h M. l'intendant en chef. J'aî dû d'abord refuser ce paiement, quoique les ordres deV. Exe. contenus dans sa lettre du 23 mars laissassent toute latitude h cet égard à S. A. R., parce que M. l'intendant en chef avait exprimé, dans la colonne d'indication des pièces à fournir à l'appui du mandat, ces mots : sans pièces à l'appui. J'ai exigé une copie du marché aux termes de l'article 7S du règlement du 10 octobre 1822. Cette pièce m'a été remise et le paiement a été fait.

" Je m'empresse de profiter de l'estafette de ce jour pour en transmettre une copie à V. Exe. ; je ne me permettrai aucune réilexion sur un traité présenté à l'approbation de S. A. R. par M. l'intendant en chef, et revôtu de la signature de Monseigneur, mais j'appellerai l'attention deV.Exc.sur l'article 13.

« Cet article porte que les onze douzièmes du prix des fournitures à faire pendant chaque mois seront payés dans les cinq premiers jours du mois. M. l'intendant ne m'a pas fuit connaître à quelle somme s'élèveront ces onze douzièmes pour le mois d'avril; mais M. le munilionnaire s'est empressé de

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LETTRE DK S. A. R. U™ LE Dl'C DANGOLLËHE. 321

me commuDiquer aàe lettre de M. l'inteodaDt ea chef, par laquelle j'ai va que celte évaluation était de 7 1 00 000 francs. D y aurait donc à payer dès aujourd'hui cette somme en excédent des premières dispositions du crédit de 2 ^00 000 francs ou vert pour avril à M. l'intendant en chef. D est donc indispensable d'user dès à présent des 4 314 000 francs destinés au service du mois de mai.

« J'attends une lettre de M. le munitioonaîre général, qui me fixera d'une manière plus positive sur ses besoins, et une réponse de M. l'ioteudant en cbef, qui s'expliquera sans doute sur la question que je lui fais, pour connaître s'il y a double emploi entre les répartitions de son crédit de 2400000 francs pour avril, et les demandes de M. le munitionnaire général.

<( Je n'ajouterai point que jusqu'à présent on ne m'a présenté que des mandats informes, et que n'ayant reçu aucun avis officiel des ordonnances du ministre do la Guerre, je n'ai encore payé que par des mesures d'exception. Je pourrai dans un autre moment en rendre compte d'une manière plus détaillée à V. Exe. J'ai l'honneur d'être, etc. « A. Bricogne. «

nCCVI. s. A. R. M"" LE DUC u'aNGOL'LËHE AU COMTE

DE VILLËLE.

« Monsieur le comte de Villèle, j'ai eu le plaisir de recevoir hier votre lettre du 4. Ce que vous me proposez était à peu de chose près ce qui avait été

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convenu entre le maréchal duc de Belliine et moi, II devait voir défiler toute l'armée, prendre toutes les précautions nécessaires pour assurer autant que possible nos subsistances et nos transports, ensuite se rendre à Toulouse, puis à Perpignan, pour surveiller tout ce dont a besoin le 4* corps, et enfin retourner à Paris rendre compte de ce qu'il aurait vu, et qu'il n'aurait jamais voulu croire s'il n'avait été sur les lieux. Je viens d'apprendre que ses souffrances ne lui permettent pas de mettre ce projet à exécution et qu'il retourne directement à Paris, en chargeant le général Coëtlosquet d'aller à sa place à Perpignan. Le maréchal pourra dire que s'il a à se plaindre de quelqu'un, ce n'est pas de moi ; je me suis plu à lui rendre tout ce que méritent son dévouement et sa loyauté, et les services qu'il a rendus au Roi en lui formant une brave armée.

(1 Conformément aux ordres que j'en avais reçus, je suis entré hier en Espagne avec le 1" corps; nous y avons été reçus à bras ouverts. Je maintiendrai le plus possible la discipline ; mais les subsistances nous manquent perpétuellement, surtout par manque de transports. Il est impossible qu'il n'en résulte pas quelque désordre.

(1 J'ai appris avec peine que vous aviez été affecté de ma lettre du 27 mars; ce n'était pas mon intention; je vous rends toute la justice que vous méritez; mais il y a des choses qu'il est impossible de ne pas sentir.

« Il parait qu'on se plaint beaucoup en Espagne des corps dits de la Foi. Quesada a fait enlever tous

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LETTRE DE 3. A. R. H ■ LE UUC D^NGOLLËME. 323

les chevaux de poste; je lui ai envoyé hier un aide do camp pourluiordonaerde quitter la grande route et de couvrir nos flancs. Le maréchal me marque qu'il n'en a tenu compte et qu'il continue à le précéder sur la grande route. Je puis bien ne lui faire donner ni argent, ni armes, ni cartouches, mais il s^en dédommagera aux dépens de ses compatriotes. Je ne sais quel parti prendre envers lui et ses confrères. Le maréchal sera aujourd'hui à Ernani, son avant-garde à Tolosa.

a Je vous prie de croire à la sincérité de ihon estime, de ma confiance, et de mon affection.

(1 P. S. — Le dénuement dans lequel j'ai trouvé l'armée sous les rapports des subsistances et surtout des transports, renchérira beaucoup la campagne, étant obligé de trouver les vivres qui nous sont nécessaires en Espagne et de payer tout comptant Je vous prie de dire au général Digeon que j'ai reçu sa lettre du 4, et que je lui répondrai demain ou aprèsdemain.

« Je viens de recevoir votre lettre du 5; je n'ai rien à ajouter à ce que je vous ai dit plus haut.

« Le port et le fort de Passage ont été occupés le 7 par nos troupes; il est bien important que Clermont-Tonnerre y envoie le plus tôt. possible une frégate ; c'est un excellent port. Je n'ai pas encore de nouvelles de Saint-Sébastien. L'archevêque de Tarragone "persiste à rester attaché au marquis de MataÛorida et à ne pas entrer dans le nouveau gouvernement. Le général Ëguia, MM. Erro et Cal-

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deron, membres de ce dernier, seront demain à Oyarzun el m'y seroat préseatés. Ayant appris que le marquis Mataflurida se rendait à Bayonno, et qu'il continuait à être hostile envers nous, j'ai envoyé l'ordre au généralJanin, commandant la subdivision de Bayonne, deTempècher d'entrer en Espagne, et même de le faire rétrograder dans l'intérieur de la France. Vous ordonnerez à son égard ce que vous jugerez convenable. »

CCCVU. — LE MâBÉCHAL DUC DE BELLUNfe: AU GÉNÉRAL COMTE GUILLEUINOT'.

- •• Bayoïiiie, le 8 avril 1823.

'< Monsieur le comte, j'apprends indirectement qu'un marché pour les vivres eL transports de l'armée a été passé avec M. Ouvrard. Les circonstances ont pu dicter cette mesure extraordinaire et, sous ce rapport, je dois l'approuver; mais on a oublié que le ministre de la Guerre était seul responsable des dé* penses résultant de ce marché, el que celui-ci ne pouvait être légal sans une approbation authentique de ce ministre. Celte omission était facile à éviter, puisque je me trouvais sur les lieux; mais je me suis aperçu déjà plus d'une fois que l'on s'occupe aussi peu des règles que des convenances. Du reste, je vous prie de m' adresser ce marché à Paris, afin qu'il y reçoive les formalités sans lesquelles son exécution pourrait présenter quelques difficultés. J'en approuve toutefois provisoirement les disposi-

lie ceniH^e conforma

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