‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 85 sur 130 · LETTRE DE H. DE MARTIG · texte numérisé non relu

LETTRE DE H. DE MARTIG

lions, afin de lever pour le moment les entraves que le service administratif éprouve. J'ai l'honneur, etc.

ce Le maréchal ministre, secrétaire d'État de ta Guerre,

CCCVni. — H. DE UARTIGNAC AU COMTE DE VILLËLE.

«Ojarzun, le 9 avril 1823.

« Monsieur le comte, j'ai eu l'honneur de rendre compte avec exactitude à S. Exe. le ministre del'lntérieur de tout ce qui s'est passé depuis mon arrivée à Bayonoe et qui pouvait se rattacher à ma mission. S, A. R. me charge de faire connaître à V. Exe. le dernier état des choses.

« J'avais envoyé à Toulouse M. Alvarado, porteur d'une Ictlre du roi Ferdinand qui annonçait de la part de S. M. une pleine confiance en lui, afin qu'il fit cesser les embarras de notre situation en obtenant la démission de Mataflorida el en déterminant .M. l'archevêque deTarragone à se rendre auprès du prince. Il est venu ce matin nous joindre à Irun et nous rendre compte du peu do succès de ses démarches. M. Mataflorida résiste et annonce des dispositions peu amicales, et M. l'archevêque de-Tarragone écrit au prince que sa conscience ne lui permet pas d'accepter les fonctions qui lui sont offertes. L'évèque d'Urgel no vient pas non plus,

« Ce double refus est tout à fait fâcheux, d'abord parce qu'il laisse notre junte provisoire sans ecclé-

1. ConseUler d'Ëtat, ïice'prâsident de la Chambre des dépuUs, ' e civil près S. A. K. le prince généralissime.

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siastique, easuite parce qu'il annonce une résis»^ tance combinée de la part du haut clergé réfugié en France.

« Il a fallu cependant prendre un parti . Le général Eguia, M. Erre et M. Calderon sont venus nous rejoindre ici. Je viens de les présenter à S. A. R., qui les a officiellement reconnus comme membres de la junte provisoire de gouvernement. S. A. R. a pensé qu'il convenait que M. le comte de Caux, chargé d'affaires de S, M., fût accrédité auprès de celte junte.

(1 Demain je me rends avec elle àTolosapournous occuper de l'organisation et du règlement de plusieurs objets très importants relatifs au pays et à Tarmée espagnole. Le prince, qui couche demain soir à Ernani, nous rejoindra après-demain à Tolosa, où nous séjournerons sans doute trois ou quatre jours. M. de Caux vient avec nous.

« Nous avons entendu toute la journée le canon de Saint-Sébastien. Lo prince, que je quitte à l'instant (à 8 heures du soir), n'a point encore de rapport sur ce qui s'y est passé.

«Jusqu'àprésentles dispositions dupaysparaissent très bonnes. Je ne crains que les suites du désordre dans lequel est encore l'administration de l'armée. Tant de rapports ont déjà du être faits à V. Exe, à ce sujet, que je ne crois pas nécessaire d'entrer dans des détails; je me bornerai h lui dire que tout ce qu'on a pu lui rapporter doit être plutôt en deçà qu'au delà de la vérité.

« Depuis mon départ de Paris, je n'ai pas reçu une seule instruction nouvelle ; j'en aurais cepen-

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LETTRE DE M. DE VILLÈLE. 32r

dant désiré, et je supplie V. Exe. de ne pas me laisser ainsi dans l'incertitude, maintenant surtout que les événements vont se presser. J'ai l'honneur d'être, etc.

» Ue Mahtigmac. »

cccix. — le vicoïite de chateaubriand au comte

DK VILlilLE.

« Vendredi soir II avril.

« Mon cher ami, nous ne pouvons pas faire les affaires comme cela; il faudra bien que vous et moi formions un petit conseil avec celui de nos collè;^ues qui aura des affaires urgentes à traiter. J'avais moimême beaucoup de choses à vous dire. Mais enfin, à demain matin à onze heures et demie.

n Je vous dirai qu'on me vole tout chez moi. On m'a pris encore hier un gros trousseau de clefs où étaient attachées celles des portefeuilles noirs. Je vous les envoie. Ouvrez-les et renvoyez-moi les lettres que vous y trouverez.

it Le télégraphe ajoiié. Ya-t-il quelque chose de nouveau? Tout à vous.

« csateaubriand. »

c€cx. — le cohtk de villèle a s. a. r. m"" le duc d'angoulêue.

« Paris, le 13 avril 1823.

« Monseigneur, '< Je remercie V. Â. R. de tout le bien que ses succès font à notre pays; les circonstances du

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passage de la Bîdassoa nous ont paru si importantes sous ce rapport que nous avons cru devoir en faire le sujet d'un communication aux Chambres; au dehors, le premier engagement de notre armée avec le drapeau tricolore tend à justifier la guerre et à détruire les préventions que l'on pouvait conserver sur tes dispositions de notre armée; au dedans, nos révolutionnaires sont déçus des espérances qu'ils avaient Fondées sur la déFectioD de nos soldais ; tout cela a élé si bien senti ici, que nos fonds se sont rapidement élevés jusqu'à 86 francs et se maintiennent aujourd'hui à 84 fr. 70, c'est-àdire cinq et six francs plus haut qu'ils n'étaient avant qu'on connût le premier mouvement de votre armée.

« On nous annonce l'arrivée du maréchal duc de Bellune pour ce soir ou pour demain ; il n'est que trop évident qu'il a été horriblement trompé par ses agents; nous l'attendons pour savoir ce qu'il conviendra de faire à cet égard et sur les mesures qu'il sera utile de prendre pour réparer le mal qui en est résulté.

« Nous sentons, Monseigneur, que vous êtes obligé, par la pénurie dans laquelle on vous a laissé, de prendre des moyens extraordinaires pour suppléer à ce qui manque sous les rapports des transports et des subsistances; mais je ne saurais me dispenser de prémunir V. A, R. contre les pièges que l'on ne manquera pas de lui tendre sous ce prétexte;je dois même lui avouer que j'ai l'opinion que le marché fail d'urgence avecOuvrard est tout à fait de cette nature; d'abord l'homme auquel on s'est

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livré, est tellement connu et déconsidéré, que lui seul suffirait pour 6ter toute possibilité de succès à son entreprise; en second lieu, quels moyens peut-il avoir que nous n'ayons pas nous-mêmes? Enfin les prix et les conditions de ce marché sont tels qu'il est peu probable qu'on puisse le ratifier ici sans s'exposer aux plus grands reproches, sans livrer V. A. R. elle-même à une confiance sur les approvisionnements de son armée, dont rien ne donnerait une garantie suffisante.

« Je plains bien V, A, R. d'avoir à supporter tous les embarras, tous les inconvénients de nos auxiliaires : nous ne pouvons que nous en rapporter à votre sagesse pour les atténuer.

" Nous pressons le ministère de la Marine d'envoyer au Passage la frégate que vous demandez; elle partira de Brest du {5 au âO; trois croisières composées chacune d'un vaisseau de guerre, d'une frégate et de quelques bâtiments légers, sortiront de nos ports vers la même époque, avec ordre de bloquer le Ferrol, Cadix etBarcelone. Nous avons pris le parti de leur donner l'ordre de ne capturer que les bâtiments armés en guerre.

« Le ministre du roi de Portugal à Paris vient de nous demander ses passeports, comme une conséquence des hostilités avec l'Espagne; nous attendrons de nouveaux actes pour faire demander les siens au ministre du Roi à Lisbonne ; nous croyons utile à nos relations avec l'Angleterre d'user de ce ménagement envers le Portugal.

" Le secretaétélevépour M.dcLostende; aucune charge nouvelle n'ayant résulté de l'Inslruction, je ne

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doute pas que la juslice ne prononce incessamment sa mise en liberté.

« J'ai communiqué au général Digeon Tarticle de la lettre de V. A. R. qui le eonccrnait ; il me charge d'être l'interprète auprès de vous de toute sa reconnaissance.

« J'écris à Monseigneur de la séance même de la Chambre, au milieu de la discussion du budget de la Marine qui va être voté dans l'instant ; il ne restera plus à faire que celui des Finances ; nous finirons ici le budget vers le 13, et la Chambre des députés ne se réunira guère plus après cette époque.

« Le bruit de la tribune et les distractions de la discussion me serviront d'excuse auprès de vous, Monseigneur, sur le peu de suite de celte lettre.

<' Mais je n'aurai jamais besoin d'excuse sur les sentiments dont ne cessera d'être animé pour V. A. R. celui qui a Thonneur d'être, etc.

1. J" BE ViLLÈLE. " CCCXl. — M. 1>E MARTIGNAC AI) COMTE DE VILLÈLE.

« Tolosa, le 12 avril 18-^3.

" Monsieur le comte, je demande à V. Exe. un peu de patience, car j'ai à lui parler de beaucoup de choses difficiles et embarrassantes.

« Nos opérations militaires marchent le mieux du monde. Nos opérations politiques prennent une tournure favorable. Il n'y a que nos opérations administratives et financières qui offrent des embarras sérieux.

<' Je n'ai point à m' occuper, pour ce qui me cou-

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