‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 98 sur 130 · DE M. DE MARTIGNAC · texte numérisé non relu

DE M. DE MARTIGNAC

jours tout ce que vous voudriez, croyez que je ne fais pas toujours ce que je veux. Je suis avec respect et dévouement, etc.

« Je n'écris pas à M. le comte de Corbifere; jevous prie de lui communiquer ma lettre. Aucune nouvelle du comte d'Amarante ; la junte n'a rien répondu. »

- H. UE HARTlGnAC AU COMTE DE VILLfir.E.

« Vittoria, le 28 aïril 1823.

« Monsieur le comte, j'ai reçu ce matin la lettre que V. Exe. m'a fait l'honneur de m'écrire le 2iS. Je suis heureux d'apprendre que le Roi est satisfait de mes efforts. J'ai bien besoin de ce dédommagement, car je fais, je vous assure, un pénible travail.

Il Soyez tranquille pour ce qui regarde le comte d'Amarante. Noire ligne est tracée et nous ne nous eu écarterons pas. 11 parait qu'il s'est rapproché du 1" corps d'armée, et on assure que les constitutionnels portugais, qui le poursuivent, se sont réunis au corps de Morillo : cette nouvelle n'a rien de certain. Au surplus, je présume que M. le major général donnera sur ce point des renseignements plus positifs à S. Exe. le minisire de la Guerre.

« C'est bien à mou insu que la junte a écrit aux gouvernements étrangers pour se faire reconnaître par eux. Je m'en suis plaint vivement dés que je l'ai su, et j'ai fortement insisté pour qu'ancune démarche ne fût faite à l'extérieur. Cela m'a été promis, et

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de ce côté il n'y a aucune inquiétude à avoir pour l'avenir.

« Je suis fftché des embarras que vous donne cette junte provisoire, mais je crois que ces embarras n'ont rien de sérieux et que toutes les difficultés disparaissent devant cette explication, qu'elle et ses opérations sont toutes transitoires. Vous ta croyez disposée à favoriser l'absolutisme et l'inquisition : sous ce rapport je puis la justifier complètement à vos yeux. Les deux hommes capables qui s'y trouvent, et particulièrement M. Erro, ont des principes sages et modérés. Leur résistance à notre système vient, non de leur opinion personnelle, mais de leur conviction que l'opinion générale repousse ce système en Espagne. Au surplus les royalistes exaltés les dénoncent à la nation comme àea francs-maçons et dès modérés dangereux. Voilà leur situation : vous savez ce que c'est.

« Soyez sûr que, malgré tout, je les maintiendrai de toutes mes forces dans la ligne que nous voulons et que nous devons suivre. Je puis vous assurer que ces principes sont bien connus dans le pays que nous avons parcouru, et que tous ceux qui éprouvent des inquiétudes non méritées, s'empressent de s'adresser à nous pour obtenir justice.

« J'ai beaucoup vu à Bayonne M. Alvarado, dont vous parlez à Monseigneur. C'est lui que j'avais envoyé à Toulouse pour engager le marquis à donner sa démission, et l'archevêque de Tarragone à se rendre auprès du prince ; il échoua dans son entreprise. Nous attendions avec impatience que vous nous disiez ce que pense le gouvernement de l'organisation

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LETTRES Di; M. DE MART

proposée par M. Alvarado, et dont vous avez remis ]a Dole à S. Â. R. Subslituez-vouS cette organisatioD au premier plan indiqué dans les instructions et, dans ce cas, quel moyen faudra-t-il prendre pour faire connaître que telle est la volonté du roi, sans compromettre sa sûreté?

H Tous ces graves objets auront été discutés en Conseil et des instructions nouvelles nous éclaireront sur tout cela- Je suspends jusque-là la rédaction de la proclamation aux habitants de Madrid, que j'avais commencée sur la base indiquée dans les premières instructions.

« Le rapport que je vous avais adressé n'a pas paru dans les journaux ; mais Y. Exe. a bien voulu dire à S. A. R. qu'il avait été ag-réable à S. M. J'aime bien mieux cela que la publication. Dorénavant, quand j'aurai la matière d'un rapportîmportant, j'aurai soin de glisser sur ce qui regarde la junte. J'ai l'booneur d'être, etc.

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