HISTORIQUES ET I.I T I É H A I RES
somma le nouveau duc d'abdiquer. Le comte répondit respectueusement qu'il n'en ferait rien. Forcé enfin de se soumettre, par l'impuissance où il était, comme l'observe la lettre, de lutter contre deux royaumes et l'empire de Russie, il regagna la France, qu'il ne quitta plus.
Ce sont là les événements que mademoiselle Lecouvreur raconte, avec l'abondance et la précipitation d'un cœur oppressé qui se décharge, et avec des détails, principalement sur la conduite du roi de Pologne envers son fils, que l'histoire avait laissés en partie dans l'ombre. On y remarquera aussi la délicatesse de l'actrice, qui dans le temps même où elle constate que le charme a cessé, passe noblement sous silence le sacrifice qu'elle a fait pour un amant ingrat, et, maîtresse désabusée, parle sur tout le reste, comme si elle était aimée encore et qu'elle fût sûre de l'être.
La seconde lettre est un tableau, tracé avec autant de modestie que d'esprit, des importunités, des critiques auxquelles est exposée dans le monde une actrice célèbre ; ce sont aussi de nouveaux détails sur le comte de Saxe, et des révélations piquantes sur le personnel, les amours et les intrigues de l'Opéra.