AUX AUTEURS DU JOURNAL
« Messieurs, •
» M. Cardonne, professeur de langues orientales au Collège- Royal , me communiqua, quelque temps avant sa mort, un recueil de fables indiennes qu'il avait traduites, et dont il me permit de faire usage à ma volonté. J'ai l'honneur de vous en adresser une qui m'a paru pouvoir figurer dans votre journal. A travers la traduction, le poète se montre :
Même quand l'oiseau marche, on sent qu'il a des ailes, a dit M. Lemierre.
» Vous verrez du moins, dans la prose française, une certaine élégance,
Et la facilité, la grâce du génie :
ce vers en maxime est de M. de La Harpe.
» Enfin, on ne lira point sans intérêt une pièce échappée au portefeuille d'un homme qui a mené une vie studieuse, pendant laquelle il n'a jamais connu l'ennuyeuse lenteur du temps, de ce temps dont M. de Marmontel a dit :
C'est le travail qui lui donne des ailes.
» Je saisis cette occasion de payer un faible tribut d'éloges à un érudit qui , peut-être , n'a point joui de tout le bonheur qu'il méritait, mais qui pouvait dire avec l'Œdipe de M. Ducis:
Œdipe est malheureux, mais Œdipe est tranquille.
» J'ai l'honneur d'être, etc. »