‹ Mémoires et correspondancesChapitre 54 sur 97 · AUX AUTEURS DU JOURNAL · texte numérisé non relu

AUX AUTEURS DU JOURNAL

« Messieurs, •

» M. Cardonne, professeur de langues orientales au Collège- Royal , me communiqua, quelque temps avant sa mort, un recueil de fables indiennes qu'il avait traduites, et dont il me permit de faire usage à ma volonté. J'ai l'honneur de vous en adresser une qui m'a paru pouvoir figurer dans votre journal. A travers la traduction, le poète se montre :

Même quand l'oiseau marche, on sent qu'il a des ailes, a dit M. Lemierre.

» Vous verrez du moins, dans la prose française, une certaine élégance,

Et la facilité, la grâce du génie :

ce vers en maxime est de M. de La Harpe.

» Enfin, on ne lira point sans intérêt une pièce échappée au portefeuille d'un homme qui a mené une vie studieuse, pendant laquelle il n'a jamais connu l'ennuyeuse lenteur du temps, de ce temps dont M. de Marmontel a dit :

C'est le travail qui lui donne des ailes.

» Je saisis cette occasion de payer un faible tribut d'éloges à un érudit qui , peut-être , n'a point joui de tout le bonheur qu'il méritait, mais qui pouvait dire avec l'Œdipe de M. Ducis:

Œdipe est malheureux, mais Œdipe est tranquille.

» J'ai l'honneur d'être, etc. »

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