‹ Mémoires et correspondancesChapitre 85 sur 97 · LORD MARSHALL (GEORGE KE1TH] AU BAROX DE BRACKEL · texte numérisé non relu

LORD MARSHALL (GEORGE KE1TH] AU BAROX DE BRACKEL

« 26 novembre l"Ti.

» Mon bon baron, j'ay appris par M. Chaillot, avec grand plaisir, que votre santé est très bonne ; je la souaite telle de

1 Le Siège de Calais, par Dubelloy.

2 L'église Saint-Sulpice.

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longues années. La mienne n'est pas mauvaise, selon mon âge, mais faible, par la même raison.

» Doresnavant, tout le monde pourra lire les ouvrages des académiciens (dont M. de Voltaire est un ornement) sans crainte de blesser les oreilles pieuses. Voyla bien de belles réformes en France.

» Je me souviens d'une chanson que j'ay entendue dans ma jeunesse, des gens de la cour de Charles II d'Angleterre. Ce bon roy ne demandoit pas mieux que de vivre tranquille avec ses catins. Il venoit de réformer quelques régiments de cavallerie dont un des colonels fit cette chanson:

« Quoth the king to his new livred troops of horse,

» New the war's at an end you may hiss mine arse.

» Quoth the troops to the king, were at jour command,

» When it pleases your Majesty us to disband,

» Its a pity that any thing in tins land,

» Except your majesty's prick should stand. »

» Si vous voyez M. de Voltaire, vous pourrez bien lui montrer cette chanson qui me paroît plaisante. Bonjour, je vous embrasse de tout mon cœur.

» Mes respects à Madame. »

Je m'abstiens de traduire la chanson du colonel. Ceux qui entendent l'anglais comprendront mes scrupules. Tout ce que je puis dire, c'est que si cette chanson vint aux oreilles de Charles II, elle dut le charmer, et par la pensée qui en est spirituelle et par l'équivoque qui en est grossier. De plus, il était homme à en récompenser l'auteur. Le deuxième paragraphe de la lettre est une allusion à la

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loi imposée en 1771, à L'Académie, de soumettre ses discours à l'examen de son bureau, avant d'en autoriser la lecture publique. J'ai parlé ailleurs de l'événement qui avait donné lieu à cette mesure.

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