A VI! IL
télégraphiques qu'il nous envoie ; ce défaut de date nous met chaque jour ici dans le plus grand embarras.
« Adieu, etc.
« J" DE ViLLÈLE. »
cccxx. le comte de villèle a s. a. r. m"'"' le duc
d'angoulême.
« Paris, le 20 avril 1823.
(( Monseigneur,
« Je reçois votre lettre de Montdragon du 16, et nepuism'empêcher de commencer celle-ci en offrant à Y. A. W. les tributs dadmiration et de reconnaissance qui lui sont dus pour la peine qu'elle se donne de nous écrire aussi souvent, au milieu des soins et des fatigues que sa situation lui impose d'ailleurs.
« Monseigneur a raison de redouter que nous n'entravions son service et ne le jetions encore dans de nouveaux embarras pour l'approvisionnement de son armée, si nous voulions diriger d'ici une affaire aussi délicate ; c'est pour éviter ce danger que pour toutes les mesures que nous vous indiquons, même pour celles que nous prenons, j'ai toujours le soin de dire à Y. A. R. : Yoilà ce que nous croyons bien, voilà ce que nous faisons en conséquence ; mais si vous jugez que ces dispositions soient mauvaises, inopportunes, ou seulement exposent votre service à des chances qu'il soit utile d'éviter, faites ce que vous croirez préférable.
« Nous sommes aux anges ici de la belle conduite de l'armée et des dispositions satisfaisantes dans
LETJUIiS ItK M. |»K V I [,L1> L K. 3"i;(
lesquelles vous Irouvez la population espagnole; la noble mission de votre armée va ainsi se trouver accomplie et servie de réponse à la mauvaise disposition de r Angleterre, et à la méiiance des puissances continentales. Jusqu'à présent l'armée française n'a fait que délivrer rEs|)agne du joug révolutionnaire qui lui était imposé; le peu de résistance de l'armée espagnole, le bon accueil des populations le prouvent. Il faut à tout prix conserver ces deux avantages jusqu'au bout. L'effet, loin de s'affaiblir, doit, ce me semble, aller au contraire en croissant, si V. A. R, continue à maintenir parmi ses troupes la même discipline, si leur passage, au lieu de peser sur les populations, leur est avantageux. Je sens, sous ces deux rapports, combien il importe que notre armée paie tout et puisse toujours tout payer. Aussi prcnds-je toutes mes mesures pour que V. A. R. ait sans cesse à sa disposition les sommes dont elle a besoin, et vous pouvez être en toute sécurité sur ce point. Monseigneur doit aussi l'être sur mon opinion à l'égard des dépenses d'une semblable guerre. Je sais plus qu'un autre que le succès, c'est-à-dire notre propre existence , tient en grande partie à cette dépense elle-même, à l'ordre qu'elle garantit dans l'armée, à l'appât dont elle doit être pour la population ; et tout grognon que doive être un ministre des Finances à pareille fête, V. A. R. peut être certaine que, sauf les abus qui partout sont un mal, loin de me plaindre des dépenses utiles que vous ordonnerez, je serais désolé de voir un seul des résultats que vous pouvez obtenir, reculé d'un jour par une dispendieuse économie.