CCCXXXII. — • LE GÉNÉRAL COMTE GUUXEMINOT AU COMTE DE VILLÈLE
'( Vitl-oria, le 26 avril I82;3.
« Monseigneur,
« C'est pressé par un sentiment impérieux de reconnaissance que j'adresse à V. Exe. de vifs remerciements pour la généreuse faveur dont elle a honoré mon aide de camp. Placé dans une situation bien douloureuse pour un homme d'honneur, il a du moins trouvé dans votre justice une noble défense contre la calomnie. Au milieu du malheur, je l'ai entouré plus que jamais de mon estime et de mon amitié; et aujourd'hui que je dois tant à la bonté du prince et de V. Exe, je le re-
■.m AVUIL 1823.
trouve avec joie pour partai^er mon sort. Je suis avec un profond respect, etc.
« Le major ijcnéral « Comte (i r i llkuinot. »
CCCXXXni. s. A. 11. M' ' LK DUC DANGOILÈME AU COMTE
Itî: VILl-KLli.
« Vittoiia. ce 2(i avril 1823.
« J'ai reçu, mon cher comte, vos deux lettres des 21 et 22. J'ai la certitude que la junte ne songe pas à faire d'emprunt et qu'elle a renvoyé cette affaire à notre arrivée à Madrid. D'après votre lettre du 22 et celle du ministre de la Guerre, je vais m'occupcr à régulariser le paiement des troupes espagnoles, mais il sera bien difficile de les astreindre à aucune régularité. Aj^ant acquis la certitude que les membres de l'ancienne Régence, l'archevêque préconisé de Tarragone, MM. Mataflorida, Ortofia et Gispert, intriguaient dune manière nuisible, je viens de faire dire au préfet Dessoles de les séparer et de les envoyer poliment à Bazas, Agen, Libourne, etc. Vous en ordonnerez ce que vous jugerez à propos. M. de Martignac vous en écrit plus en détail. Je commence à croire que je ne tarderai pas à recevoir des ouvertures. Si cela se réalise, j'agirai d'après mes instructions, et je vous tiendrai au courant de tout ce qu'il' y aura de positif.
« Je prendrai les moyens les plus sûrs pour faire passer les deux lettres que vous m'envoyez adressées à Madrid.
« L'intendant en chef Regnault est arrivé aujour-
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d'Iiiii. .lo forme un comité composé de lui, de M. Bi'icogne, de (luillemiiiot et de Bordesoulle; ils vont examiner le (raité Ouvrard, pour y faire faire les changements indispensables,
« Je vous renouvelle l'assurance de toute mon estime et atï'ection.
« Louis-An TOI NK. >>
eCCXXXIV. LE COMTE DE VH.LÈLE A M. DE MAIVridNAC.
<< Paris, le 27 avril 182:!.
« Mon cher monsieur, j'ai mis sous les yeux du Roi et communiqué au Conseil votre lettre du 22 et celle que vous a répondue l'archevêque de Tarragone. Il est déplorable de voir ainsi les prétentions et les intérêts personnels mettre obstacle à des entreprises semblables à celle que nous tentons. Mais enfin les hommes sont hommes, notre condition est de faire leur bien en dépit d'eux-mêmes, et notre sagesse doit être de ne nous laisser éloigner de ce but, ni faute de persévérance, ni faute de patience ; il faut beaucoup de cette dernière vertu avec les Espagnols.
« Au reste, je suis peu effrayé de la mauvaise dispositionde l'ancienne liégence; que peut-elle contre nous? rien, puisque nous sommes armés pour la même cause. Essaierait-elle de jeter le désordre dans l'administration du pays occupé par nos troupes et d'y entraverl'exécution des ordres de votre junte? Mais comment le pourrait-elle sans Tappui de la force qui est dans vos mains, sans les secours pécuniaires dont vous êtes les dispensateurs?
« Je comprends néanmoins qu'il faille éviter le
scandale, si ce n'est le danger, de l'opposition de cette Régence, et c'est dans ce but que nous avons ordonné aux préfets de la frontière de se conformer aux ordres que nous savons que Monseigneur leur a adressés à l'égard de ces individus; et que nous y avons fait ajouter l'invitation de se rendre auprès du ministre de l'Intérieur à Paris pour y recevoir communication des vœux et des résolutions du gouvernement du Roi, relativement aux affaires de leur pays, s'ils conservaient le moindre doute sur la désignation légale, par l'autorité qu'ils ne peuvent récuser, des membres qui composent la junte reconnue par Monseigneur. Ils ne viendront probablement pas et seront doublement dans leur tort s'ils tententquelque sottise en Espagne, ce qui n'aura pas lieu, j'espère, et dans tous les cas n'aurait aucun succès.
« Quant à la forme de la reconnaissance à obtenir de la junte pour les sommes que vous leur avez avancées, je ne puis tenir à tel mode ou à tel autre. Le seul but que j'aie eu, en les proposant, c'est de pouvoir défendre, avec quelques motifs, la dépense qui sera faite pour cet objet et qui placera l'opposition, quelle qu'elle soit, à l'époque de la discussion de ces comptes, sur un excellent terrain, si nous ne trouvons le moyen d'adoucir le sacrifice qu'il faudra demander aux contribuables pour ce sujet étranger aux dépenses de l'armée française .
« Que M. de Caux se dispense donc d'y figurer s'il le veut; en l'appelant, c'était bien plus une déférence pour ses attributions diplomatiques, qu'une sanction demandée, ou à lui, ou au ministre dont il
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(léponj. Je vous livre d'ailh^urs rinloiiliôn djiiis laquelle une telle coiivenlion avec la junte peut avoir quelque utilité. Si les difficultés étaient supérieures à l'avantage qu'on peut en retirer, il vaudrait mieux y renoncer. Uecevez, etc.
« J" DE ViLLKLK. »