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<< VilLoria, le 27 avril 182."^.
« Monsieur le comte, S. A. R. me charge de rendre compte à V. Exe. d'une mesure qu'elle vient de prendre.
« J'ai déjà parlé plusieurs fois des mauvaises dispositions dans lesquelles étaient M. de Mataflorida et M. l'archevêque de Tarragone. La lettre de ce dernier, que j'ai eu l'honneur de vous envoyer, et qu'il a pris le soin de publier lui-même par des copies qui circulent dans le pays, a dû vous faire connaître l'esprit d'hostilité qui les anime. Nous en avons aujourd'hui des preuves plus positives encore. J'ai communiqué au prince une lettre signée par tous les deux, et où dos instructions sont données pour diviser et détourner les royalistes. Cette lettre, qui m'a été confidentiellement montrée, annonce des desseins tout à fait ennemis; quoique je ne croie pas de tels efforts bien redoutables, j'ai pensé cependant qu'il était imprudent de laisser si près de la frontière des hommes disposés à nous nuire et constamment occupés de ce soin. J'ai en conséquence remis à S. A. R. le rapport dont je joins ici copie.
« S. A. R, a donné à M. le major général l'ordre
do faire inviter les deux membres et les deux principaux agents à se rendre séparément dans des villes dépendantes des divisions comprises dans son commandement; mais comme il serait possible que, dans rintervalle, d'autres ordres fussent émanés du gouvernement, il sera dit que, dans ce cas, les ordres du gouvernement seront exactement exécutés.
« ?sous n'avons pas. je vous assure, besoin de cette complication pour rendre notre position difficile; la prolongation de notre séjour ici, qui laisse aux passions le temps d'agir, et à nos ennemis celui de se reconnaître, et de consulter et de combiner leurs ressources, augmente chaque jour nos embarras.
« Jusqu'ici la peur avait éloigné les hommes connus par l'exagération de leurs opinions révolutionnaires, ou les avait déterminés à se cacher. L'esprit de modération,, de paix, qui a présidé à tous les actes du prince, et que nous avons communiqué autant que possible au gouvernement provisoire, a rassuré ces hommes. Beaucoup d'entre eux ont reparu et, forts de la sécurité que notre présence leur donne, ils ont affecté de braver la partie saine de la population, qui voit en eux des persécuteurs. La protection qui leur est accordée commence à paraître injuste, et blesse l'opinion royaliste, qui est incontestablement celle de la masse, et qu'il serait bien impolitique d'aliéner.
(( Avanl-hrerau soir, une réunion de quatorze individus, tous anciens volontaires connus par leur exaltation, fut dénoncée au commandant espagnol qui exerce la partie civile. On assura que cette réunion était fréquente et qu'il s'y tramait quelque plan