TOME III
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(l'obtenir dans ces deux guerres les mêmes succès.
" Je sais. Monseigneur, que toutes ces réflexions nous mènent directement à une conclusion que ma qualité spéciale de ministre des Finances devrait mo faire redouter. Y. A. R. va me dire : « Vous H parlez d'or, mais ce n'est pas le tout ; mettez de ce « métal à la disposition de ma Régence et ce sera le « plus puissant auxiliaire, le meilleur conseiller « politique qu'elle puisse recevoir. »
« J'en conviens et ne reculerai jamais dans ce que je regarderai comme vraiment utile, comme nécessaire, comme économique; car ce qu'il y a d'essentiel, d'indispensable, d'un bon calcul, c'est d'en finir bien et tôt, quand on en est où nous en sommes. J'en conviens, j'y pense; car il est possible que Monseigneur voie au premier jour dans nos journaux l'annonce des affiches de notre emprunt de 23 millions de rentes; ce n'est pas que j'aie besoin de faire cette négociation pour subvenir à nos dépenses extraordinaires. Grâce à Dieu, j'ai d'autres moyens d'y pourvoir. Ce n'est pas qu'en attendant plus tard, je ne dusse espérer un taux plus avantageux de la vente de ces rentes. Mais c'est qu'il nous faut désormais songer aux finances de l'Espagne, si nous voulons soigner les nôtres, et que pour pouvoir venir au secours des premières, il faut avoir dégagé les secondes de cet énorme fardeau de 400 millions à emprunter, si effrayant quand c'est à faire, si rassurant, si propre à accroître le crédit quand c'est terminé.
« Mataflorida et son acolyte sont ici, nous allons les veiller de près et les y retenir jusqu'après l'éta-
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blissement do volrc lléj-once. Ce sera à elle ensuite à détormiiicr ce qu'on doit fairo de ces obstinés. Notre opinion est que les prélats devraient être envoyés dans leurs diocèses, où sans doute ils n'auraient ])as do moyens de nuiro et s'appliqueraient probablement à faire du bien.
« La santé du Roi est meilleure; ses yeux et son teint sont beaucoup moins jaunes; l'appétit commence à lui revenir.
(( Notre Midi est aux anges do posséder Madame; elle a eu la bonté en passant à Toulouse de recevoir ma mèro; on est heureux, Monseigneur, de servir des princes qui savent ainsi placer la récompense au lieu qui doit la rendre plus sensible et en faire mieux apprécier toute la valeur.
« Pardon, Monseigneur, de tout ce bavardage, mais rassurez- vous : c'est le loisir du dimanche qui vous en vaut l'importunité. Heureusement pour V. A. R., il n'y en a qu'un par semaine.
<( J'ai l'honneur d'être, etc.
.» J" DE ViLLÈLE. »
CCCLVUI. S. \. R. M''"^ LE DUC d'aNGOULÉME AU COMTE
UE VILLÈLE
« Burgos, ce il mai 1823.
« J'ai reçu, mon cher comte, vos deux lettres du 5 et du 6. D'ici à Madrid je m'occuperai de la formation du gouvernement espagnol, en me conformant le plus possible à vos instructions. Ma lettre pour le général portugais ne partira pas et j'agirai à leur égard comme vous me le marquez. Je laisse ici le
lieutenant général Bourke avec 4000 hommes pour veiller sur leurs mouvements. La perte qu'éprouvent les officiers et soldats sur les monnaies, provient du tarif; on nous donne le quadruple pour 8i francs et il ne passe que pour 80.
« On perd également 5 centimes sur les écus. Le travail que j'ai demandé sur cela nest pas encore fait, j'espère l'avoir aujourd'hui. Je n'ai jamais songé à occuper le palais à Madrid, ni ta m'établir aux environs, parce que cela serait insupportable pour moi et pour les autres. Le Retira est inhabitable. Je crois que je m'établirai à l'hôtel Médina-Cœli. Je joins ici les articles supplémentaires au traité Ouvrard et une note que je vous demande de lire sur les approvisionnements. Depuis qu'elle était faite, l'ordre du ministre de la Guerre est arrivé au sous-intendant à Bayonne de se conformer aux miens.
« Rien de nouveau. Je pars après-demain, et je compte, Dieu aidant, être h. Madrid le 24.
« Je vous renouvelle, mon cher comte, l'assurance de toute mon estime et aHection.
« LOUIS-AXTOINE. »