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Ils jHMisciil (|iie rélablissemenl en l^spaj^iic d'une {^•eudarmorie orfiaiiisée sur le même pied que celle de France, esl un des meilleurs moyens d'y maintenir Tordre et la tranquillité. Ils croient que c'est une des choses que la Régence aurait à faire aussitôt qu'il se pourrait, qu'elle trouverait un grand secours pour cela dans les localités, qu'on amènerait aisément même à en supporter les premiers frais. Enfin ils croient que celte mesure nous éviterait la nécessité de tenir nos troupes éparpillées et nous ferait rentrer dans la libre disposition du plus grand nombre. Ils pensent encore qu'au moyen de cette gendarmerie, une armée de quarante mille hommes de troupes réglées suffirait à l'Espagne, et qu'ainsi l'organisation de ces 40000 hommes, qu'il nous esl facile d'opérer dans cette campagne, puisque le minisli'o de la Guerre prétend avoir déjà fourni, ou être prêt à fournir, ce qui est nécessaire à l'équipement de 20000 et qu'il nous est facile d'ici à six semaines ou deux mois de vous avoir fait parvenir les habits nécessaires aux autres 20000; l'organisation de ces 40000 hommes, disaient-ils, nous ôterait la nécessité d'un trop long séjour en Espagne, ce que nous tlevons désirer sous tous les rapports, « M. de Talaru, le ministre d'Autriche et celui de Sardaigne sont prêts à partir pour se rendre auprès de la Régence, aussitôt que son établissement sera connu. Nous attendons les derniers ordres et le choix du cabinet de Saint-Pétersbourg pour le départ de son ministre; la Prusse est en relard, parce que nous avons désiré qu'elle ne renvoyât pas le même, qui ne valait rien.
« Nous allons être bien empressés de savoir comment Monseigneur aura été accueilli à Madrid, si elle y a trouvé le duc de Tlnfantado et les autres personnages nécessaires à la formation de la Régence, enfin si elle y aura recueilli quelques renseignements sur Sévillé, ce qui s'y passe et ce qu'on paraît prévoir de relatif à la délivrance du roi. Une petite dépèche télégraphique sur ces divers points sera bien reçue et vivement attendue dimanche ou lundi prochain.
« Nos rentes sont aujourd'hui à 88 fr. 80 et restent après la Bourse à 89 fr. 20. Elles vont arriver à 90 fr. On escompte l'entrée de Y. A. R. à Madrid et la retraite de Mina dans Rarcelone.
« Je finis, Alonseigneur, pour ne pas manquer l'estafette, et prie V. A. R. de recevoir, etc.
« .J'' DE VlLLÈLE. ') CCCLXXni. — LE COMTI-: DE VUXÈLE A S. A. R. m"" LE DUC
d'angoulème.
« Paris, le 21 mai 1823.
« Monseigneur,
« Nous en sommes ici à vos lettres d'Aranda du 16, à votre dépècbe télégraphique de Boceguillas et aux nouvelles du 4^ corps du \6, et Y. A. R. est aux portes de Madrid, oii nous prévovons que vous serez obligé d'entrer plus tôt peut-être que vous ne l'aviez calculé, l'approche de l'armée pouvant, là comme à Saragosse, faire craindre des désordres qu'on invitera V. A. R. à prévenir en hâtant l'entrée de ses troupes.
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« Je vois avec une grande satisfaction, par lalclUo que je reçois de M. de ^Marlignac sous la mrnie date du 16, qu'il a écrit au duc de l'infantadoetque vous avez la presque certitude de trouver, et lui et le duc de San Fernando, à Madrid. Ce sont des noms qu'il est bien utile do pouvoir présenter à l'Espagne et à l'Europe dans votre Régence, et c'est parla conviction que j'ai de l'importance décisive de cette opération sur l'issue de celte entreprise, que je me réjouis bien sincèrement de voir les obstacles que nous avions à redouter dissipés. Nous allons vous expédier le duc de San Carlos et Casa Irujo. Ceci aidera peut-être à les faire partir avant samedi. Tout ce qui, dans les actes de la Régence, tendra à montrer la spontanéité et le but d'arriver le plus promplemenl possible à la délivrance du roi, et par conséquent à la cessation de ses fonctions, lui donnera delà force et l'honorera.
« Nous avons fait une recrue depuis hier pour l'envoi desminislres étrangers auprès de la Régence ; la Prusse a fait son choix, on le dit bon, et son ministre partira avec ceux de Vienne, de Sardaigne et le nôtre, le jour où nous le voudrons.
« Nous avions d'assez tristes nouvelles de la Catalogne, où le 2" corps est généralement accusé d'agir avec une excessive mollesse. Nous avions vu avec regret, dans la dépêche du 16 de Guilleminot au ministre de la Guerre, que V. A. R. croyant Mina détruit, s'était décidée à donner l'ordre de faire retirer Molitor de ce côté de l'Ebre pour opérer vers Valence sur l'autre rive. Nous allions chercher à nous tirer comme nous l'aurions pu des difficultés qui
restaient encore dans la Catalogne. Mais la dépêche télégraphique du 18 nous fait espérer que V. A. R, aura laissé continuer son premier mouvement au 2' corps et que son concours aux opérations du 4" va décider la retraite des corps constitutionnels dans les places fortes où, une fois contenus par les forces aux ordres du maréchal Moncey, Y. A. R. pourra disposer sans aucun inconvénient de Molitor et peut-être de tout le 2'' corps pour faire telle opération qu'elle jugera convenable. Je fixerai Monseigneur sur les points qu'occupent en ce moment les régiments dont M. le duc de Rellune m'a promis de pouvoir incessamment accroître les forces aux ordres de Y. A. I{. Je crois me rappeler dès ce moment que deux de ces régiments ne sont pas éloignés des Pyrénées, qu'un troisième est dans l'Isère ; je ne me souviens plus où il m'a dit qu'était le quatrième. Mais nous allons hâter leur envoi autant que notre repos intérieur le permettra.
« Ce ne sera que lorsque l'établissement de la Régence sera terminé, que les relations du commerce et delà banque seront rétablies entre Madrid et les autres principales villes de l'Espagne et de l'Europe, que nous pourrons, au mo}en de la maison Rothschild, éviter des trausports de fonds et nous faire livrer, à Madrid même, une partie de l'argent qu'elle fournit en ce moment à Rayonne et à Perpignan. La banque ne peut recueillir que là où il y a et que ce qui existe ; dans l'état actuel, Madrid a peu de numéraire et on y est peu disposé à faire sortir celui qu'on y cache. Lorsque votre armée y en aura répandu, lorsque la conduite de
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V. A. R. et los événements y auront ramené la conliance,*nous no négligerons aucun des moyens que les connaissances et le crédit de la maison llotlischild nous [)résentent pour économiser les frais et les risques du transport matériel des espèces, de la frontière jus([u'à Madrid.
« Le ministre de la Marine m'assure qu'il a devant Barcelone la frégate hiJunoft, la corvette la Victorieuse, les bricks le Dragon, et le Cuirassier, les goélettes la Torche et VArièye ; le vaisseau de 74, le Trident, était aussi dans ces parages. Il va remplacer le Centaure de 80, qu'il trouvera devant Cadix, et le Centaure reviendra devant Barcelone et restera aux ordres de V. A. R. avec les autres bâtiments dont je viens de donner les noms, pour seconder vos opérations sur les côtes d'Espagne dans la Méditerranée .
« Du côté de l'Océan, le Colosse, qui est en ce moment devant Santona, Santander et Saint-Sébastien, va se porter devant le Ferrol et la Corogne, où il espère pouvoir enlever quelques bâtiments armés pour ravitailler Saint-Sébastien; de là, il ira s'établir ajec la Guerrière, la Cybèle et deux corvettes devant Cadix, d'où il expédiera le Trident pour le remplacer dans le golfe de Biscaye, où seront restées les frégates et corvettes que nous y avons en ce moment.
« J'avais désiré que ces mouvements inutiles entre ces vaisseaux n'eussent pas lieu, afin de ne pas perdre le temps que chacun va mettre à faire ces changements de station. Mais quelques considérations personnelles relatives aux commandants ont