‹ Mémoires et correspondances du comte de VillèleChapitre 22 sur 158 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

en avais demandé la permission qu'il a bien voulu m'accorder. Je joins la lettre ici, pour que vous veuillez bien la remettre à S. M. J'espère, je suis sûr qu'elle vous la remettra ou renverra immédiatement après lue. Ainsi pour vous, comme pour nos collègues, elle fera suite à nos dépèches officielles qui vous racontent mes conversations avec les ministres influents. Vous serez parfaitement au courant des dispositions qui régnent aujourd'hui dans cette ville centrale, et de ma position particulière, qui est entourée de beaucoup de marques de considération et même de témoignages extérieurs de bienveillance. Mais cen'est pas là la question, ni le résultat important à obtenir.

« Je crois devoir vous parler ici d'abord en toute confiance sur la nouvelle que vous m'apprenez en même temps que le Moniteur du jeudi 5, et qui en a été une pour moi, quoique le Roi m'eût fait l'honneur de m'en parler le jeudi soir 29, quand je pris congé de lui. S. M. m'avait en effet annoncé son intention, sans me faire connaître à quelle époque elle la déclarerait. Ma réponse dut être et fut un silence respectueux. Une discrétion absolue et sans exception m'était prescrite. Je dus la garder même avec vous dans le court entretien de nos adieux. Je l'ai regretté depuis : j'ai regretté encore davantage que vous ne m'en ayez pas parlé, si vous étiez déjà informé. J'imagine que vous vous en serez entretenu avec nos collègues quelques jours avant le Conseil du mercredi : je vous aurais répondu alors ce que je crois devoir vous exprimer encore avec toute franchise aujourd'hui, parce que la réticence me met-

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