IC MARS
Il fallut expliquer en son entier la situation réelle du Trésor, qui se trouvait à découvert de deux à trois cents millions, afin de nous justifier d'accumuler des fonds surabondants, inutilement enlevés aux contribuables, comme le prétendait l'opposition. Il fallut, bientôt après, se défendre vis-à-vis des banquiers, afm de ne pas se mettre dans leur dépendance pour les mouvements de fonds, et prouver que les receveurs généraux étaient des agents bien plus sûrs, bien plus soumis et bien moins chers que ces banquiers eux-mêmes. Il fallut justifier mon prédécesseur sur l'émission de douze millions de rentes, créés pour rembourser des titres échus; sans cette ressource le Trésor eût été contraint de mettre en circulation des valeurs à terme, au lieu de se libérer définitivement avec des rentes perpétuelles.
Les députés de l'opposition s'efforcèrent de répandre des doutes sur les comptes rendus aux Chambres par les ministres ordonnateurs des dépenses, comme étant fournis sans contrôle ; ils voulurent obtenir des garanties en établissant des relations directes entre la Chambre et la Cour des Comptes. Je dus m'y opposer ; cette Cour n'avait à juger que les seuls comptables, et la Chambre des députés, en se mettant en rapport direct avec elle, l'aurait par cela seul fait entrer en partage dans la critique et le jugement des actes ministériels ; on eût porté une grave atteinte à l'autorité des Chambres, comme à l'institution si utile de la Cour des Comptes. J'exprimai l'espoir d'être, dès l'année suivante, en état de fournir par un arrêt de conformité entre les