‹ Mémoires et correspondances du comte de VillèleChapitre 49 sur 158 · TOME m · texte numérisé non relu

TOME m

I'i6 OCTOBRE 1822.

(( Je voulais d'aljord attendre, pour vous expédier un courrier, la deuxième conférence ou conversation confidentielle, que je presse chaque soir pour le lendemaiu matin, mais qui, après m'avoir été promise pour aujourdhui, vient encore d'être remise à demain. Ayant ici trois courriers disponibles en ce moment, outre un jeune Billecocq que je veux envoyer une fois à Paris, je me décide à vous renvoyer immédiatement votre dernier courrier, avec les dépêches déchiffrées, et celles qui viennent de m'arriver de Constantinople par Vienne, et surtout le récit de la conversation que j'ai eue hier même pendant une heure avec l'empereur Alexandre, ce qui vous mettra au courant de mes espérances légitimes. Je la joins ici sur une feuille séparée.

« J'ai bien peu de chose à ajouter, mon cher collègue, aune lettre déjà énormément longue. Je suis ici dans de bons rapports avec M. de Chateaubriand; j'imagine qu'il vous écrit et qu'il vous parle de même; il fait un peu peur ici, ou plutôt certaines personnes affectent ce sentiment et disent qu'il a des projets magnifiques en poche pour tous les pays. Je réponds comme je le dois, en particulier à l'empereur Alexandre, qui me demanda hier de confiance si j'étais content de lui. Il me semble que Chateaubriand a été content de son audience avec lui, comme avec l'empereur d'Autriche. 11 a fait une petite maladresse, dont j'aurais pu un peu me blesser, mais je me réserve de vous en parler à mon retour, si l'on en écrit à Paris, ce que j'ai promis moi-même de ne pas faire le premier. Je dois vous dire dans cette fin de lettre, toute confidentielle, qu'il m'a beau-

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coup parlé do ses conversations avec vous, de la nécessité qu'il vous avait exposée de placer quelques hommes encore marquants de la droite, de la promesse formelle que vous lui aviez faite à l'éj^ard de Lalot et de Devaux. Il semblait me demander mon avis que vous connaissez ainsi que lui. Je le crois utile et le désire, tout en n'ayant pas toujours eu lieu d'être très content de quelques articles des Débats. « Nous aurions bien d'autres choses à nous dire sur des intérêts de l'intérieur ! Je m'en rapporte à vous et à nos collègues, et réserve tout cela pour mon retour, que je n'ose encore fixer. Mais chaque jour je presse et malgré cela je crains quelquefois, au train que vont ces conférences, de ne pouvoir partir le 2 ou le 3, comme c'était d'abord mon projet. Parlez de moi à nos collègues, spécialement à M. de Corbière, que j'espère revenu en meilleure santé. Je vous renouvelle tous mes bien vrais sentiments.

« Montmorency. »

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