CCLVII. LK COMTE DE VILLÈLE Al" VICOMTE
DK MONTMORENCY
« Paris;, le 11 novembre 1822.
« Mon cher collègue, j'ai eu le malheur de perdre mon excellent père, de sorte que je n'ai ni le cœur ni la tète aux affaires politiques.
« Je ne puis cependant ne pas vous dire par le courrier de M. Stuart, que nous venons de recevoir votre lettre du 5 et les projets qui y étaient joints ; que des trois partis , le premier est le seul qui ait paru tolérable au Roi; qu'encore faut-il que vous en calculiez bien les conséquences, que vous en pesiez bien les termes, que vous soyez bien arrêtés sur le résultat; et que tout cela soit d'accord avec l'honneur et l'indépendance du gouvernement du Roi, avec la nécessité de le soutenir dans les Chambres et dans l'opinion.
« Les retards du Congrès et la nature de la discussion nous font ici beaucoup de mal , nos fonds sont en débâcle ; tout le monde s'attend à la guerre ; chacun voudrait que le gouvernement parlât et il ne peut rien dire ; il en résultera peut-être du désavantag;e aux élections.
(( Rien de nouveau de Madrid; j'espère que les craintes de M. de La Garde sur les Lifants ne se seront pas réalisées.
(( Compliments affectueux à vos collègues et à de Serre. De cœur tout à vous.
« J" DE YiLLÈLE. »