C.CLVIII. — LE VICOMTE DE MONTMOHENCY AU COMTE DE VILI-ÈLE
« Vt'Tone, ce 13 iioveinhre.
« Je vais profiter aussi d'un courrier de M. Rothschild, partant dans une heure, pour vous accuser réception de votre lettre du 8, qui vient de m'arriver avec une incroyable promptitude, et des dépêches du 6, que M. de Bourgoing m'avait remises deux heures auparavant. Je ne songe pas aujourd'hui à entrer dans aucun détail d'affaires. Le temps ne me le permet pas, et d'ailleurs je vous ai donné toutes les explications possibles dans les dépêches que j'ai fait partir hier par le plus diligent de mes courriers. Vous connaissez ma position comme moi-même. Les affaires n'avancent pas à mon gré, ou plutôt ne se terminent pas, quoiqu'on m'en donne chaque jour l'espoir. Je compte les jours, les moments. Du reste, pour ce qui reste à faire, je me fais un devoir de me pénétrer de votre dernière lettre, que j'ai lue et relue aujourd'hui même avec nos plénipotentiaires; nous devons la rapprocher et la concilier avec les grandes instructions qui leur ont été apportées par Chateaubriand. Tout cela du reste s'abrégera et se simplifiera, si le grand et généreux parti que le Roi a pris le 6, d'après l'avis de son Conseil, devait avoir un prompt effet. Vous croyez bien qu'une telle résolution nous a donné beaucoup à penser. Mais nous avons pris la résolution réfléchie d'en garder absolument le secret entre nous quatre, et de ne le confier même à aucun subalterne, parce