‹ Mémoires et correspondances du comte de VillèleChapitre 80 sur 158 · TOME iir · texte numérisé non relu

TOME iir

à toute régularité, de demander chaque année des votes de crédit et des levées d'impôts provisoires, je fis tenir deux sessions, à la suite l'une de l'autre, et j'obtins à ce prix dix-huit mois environ de ressources financières en tout genre et pour tous les services, au lieu que depuis ISlo, celles des six premiers mois de chaque année se trouvaient épuisées à l'avance.

C'est en vue de la même éventualité qu'aux approches du moment fixé pour la réunion des souverains en Congrès, je profitai de la situation aggravée du roi d'Espagne et de la famille royale à Madrid, et de quelques démarches inconsidérées des constitutionnels espagnols sur nos frontières, coïncidant avec la cessation de la fièvre jaune en Catalogne, pour convertir le rassemblement des troupes françaises sur les Pyrénées, dissimulé jusque-là sous le titre de cordon sanitaire, en une armée d'observation, dont le rôle était hautement avoué et nettement indiqué.

Dans l'espoir de parvenir à une entente, le Conseil des ministres se réunit presque chaque jour de ce mois de décembre chez le ministre de la Maison du Roi, alors indisposé, et presque chaque jour aussi le Roi consacra quelque temps à s'entretenir successivement avec M. de Montmorency et avec moi. Enfin il fallut en venir à une décision. Dans le Conseil du2o,M. de Montmorency insista pour que la France s'associât aux trois autres puissances dans l'envoi simultané d'une note au gouvernement espagnol, et le retrait de l'ambassadeur français au moment où ceux des autres puissances quitteraient Madrid. Je

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