‹ Mémoires et fragmentsChapitre 109 sur 212 · Le mot | y O est encore un exemple des inversions de · texte numérisé non relu

Le mot | y O est encore un exemple des inversions de

majesté, un autre genre qui n'a peut-être pas encore été signalé. Il n'est plus question ici d'un mot déplacé dans une phrase, mais seulement d'un

signe déplacé dans un mot. Le signe ], une hache, se prononce iiTp, ou

peut-être dans l'origine, n-xp, cf. ^S , ii**?, arabe Z, charpentier,

menuisier (t := •x). La hache appelée itTp a été employée dès l'époque

la plus reculée pour l'expression phonétique du mot njp, dieu, dont

OFtKrJ-LES ET DES YEUX

Dm-'^-"^ contenue chiii^^ ^i" ^'^^^^ bouche, et un jeune prêtre fran*:!^ ^litudede ra<:loi-ii tion sont agenouillés devant quatre dans 1 ** oreilles lini'ïîi^'"^"^ disposées de cette manière ^^. granci<=^^ jit Jii légende suivante, écrite en lignes

idéographique est -^. De là, le groupe complet ou phonéroxpre^^* .^pliiqwe T J) , i^Tp, Oieii, exprime par un signe de pronontico'i*^*^^^ . ^^iiiie iniaire de Ja inômo idée. Par suite d'un usage très

ciation ^ ^^ prolonge^, le si^ne phonétique |, une hache, employ(5e

IrcciVieiit' *^"^ - prononçable du mot rtxp, dieu, a abusivement acquis la pour ^^ p^** nljîq"® ^^ ^^ mot et Je respect qui s'y rattachait. Je pense valeiaï" idécy^J^ ./^fxi®' récriture dg^'p tienne se composait seulement de que, <i2i^**^ é. idéograx^hiq ues et de signes ou de groupes purement

signes pure'^^ -i logées à nos fôbtiSy avec cette seule différence que phoiiétiq*^^®» * ^^prôsentë isolant o/it par la prononciation d'une ou de chaque mot eiai j^»idée de dieu ne pouvant être (igurée au propre matéplusieurs i'"^^^^' ^ image, on a dû avoir recours au système du rébus riellement par xx^ ^prononciation du mot dont l'idée ne pouvait être pour o^prim^v ^f\^ison des signes phonétiques n'a dû s'introduire ^^^ figurée. I^a coQ^hi^ - ,-, . ^

,,^ , . . .r^%>^^ ^^'^ ®'^ soit, abusivement ou non, la hacbe

postérieurement ^«^ , *, ia u j

aétf^omnJ . -^^^^^"^P^^''®^P'-^"ier 1-idéededieuet, àcausedecela

sa: doT'e^'^'il-^ ^t'^^'^ '^'" .^" -otcn.p,,a,/.„.,dontilne

peut exprL?^^ ^ jfr^ -^""f* ^ î !<>« artieulations médiales et finales ntp.

Cela V^vlTw "^^^^f^ ^'' ' dwerses variantes de ce mot. Ainsion

^enVait7P'^^<S^^P%'^''P^^^ I><>^'- le signe 1 au lieu de l ^^

7 "^. &^=^ / ^^ i^'"'' i ^'^ ^"^ «y ll^bique bien coinu en - le sui^t

'^'esÉ i'..f '^^ ^ ,t complément cîxi syllabique en (je le not^ cu«i),

/e«/^nei2^<^^ia./^/2i^ulaUo^^^ ou plutôt le syllabique .l "l^u ^

^/^'^. daiîs /!^^^^. ^^-e> ^/ \^\^\'}^^''^ jycciçais, 1855, p. 93 note 74)

S'^ir^ti'.^:^--"""' ""■ '•°- - -^ -rtrx

DANS LE SYMBOLISME DK l'aNXIENNE EGYPTE 155

tion à celle qui entend les dévotions, prosternation (?) devant la grande et royale épouse, vénération à celle qui entend (celui qui r)invoque (ou qui s'adresse h elle). Moi l'esclave de sa demeure. (Paroles prononcées) par le flal)ellifère(?) Y-cr-nou(?)-6w, avec sa sœur, la dame Tabeq (et) son fils Pamour (ou Nsa)-gaou, légitime. »

Les trois stèles de Turin i)résentent des dispositions analogues : il me suffira de transcrire celle qui porte le n^ 218 dans le Catalogue d'Orcurti (p. 110), et qui est dédiée à Clions-lunus en gaine blanche, assis, la lune sur la tête : 1 v> / — l^dtiifcT Derrière le dieu : deux oreilles

rouges, deux yeux noirs, deux oreilles bleues, deux yeux

noirs : ^ 99 .On lit, au premier registre, au-dessus

d'un personnage agenouillé devant le dieu et offrant : ^™

\\ Lr)T\ AAf^KfsA ^ D I ^^i;* <r:> ^ D i i il /vwsaa I H i W i awwv I ^^ ^^H^ ^01"^" deuxième registre, une femme est agenouillée, dans la posture d'adoration : i a^^ mi 1^

Je citerai enfin une dernière stèle de la collection de M. Li-

DES OREILLES ET DES YEUX

y>/ww\

nant^ elle porte dans la partie supérieure les sig-nos Q^^ ^t

de chaque côté une oreille humaine; au-dessous, doux lignes

horizontales d'hiéroglyphes : i H -IQ'^f ff^ C^" plutôt

/\ \ 1*"^^ ^ ^ o \ k w^^i § ^ U I I fel I

ij ) r-.V]r> "^P ?c... ^«. PTn, c;6*. (ou «.n'?^ c (ou A.)juLn-

i//www^ U cil n r^ „ -■ - » >

^Tn. Faut-il lire S a^w^aa .....? cela répondrait sl 1 oxpres—

S ion 07)|jiioupY''^'^ de Clé-

mentd'Alexandrie?On

trouve la même représentation dans Tou-

vrage de Wilkinson :

c'est, dit-il, une Stone

tablet, dedicated to

Amunre, for the recovery of a complaint in the ear : found at Thebes. HJrt simple coup d'œil jeté sur les deux fac-similés ci-joint montrera que le monument reproduit par Wilkinson est colui que Sharpe a dessiné moins correctement, et qui a fini par arriver dans la collection de M. Linant.

[Le mémoire est demeuré inachevé; mais Dévéria en avait indiqué la conclusion en ces termes] :

Ainsi, le premier de nos monuments porte la reprosorttation de quatre oreilles et de deux yeux; le second^ colle de doux oreilles et de quatre yeux ; le troisième, quatre o roi lies seulement, et enfin, le dernier, deux oreilles. Les oreil los, au nombre de quatre ou de deux seulement, sont donc fig"urôes sur les quatre stèles, tandis que les yeux ne sont figiii^és oue sur les deux premières. De plus, la sœur et le fils du dôf ixrif représentés sur la stèle du Louvre sont positivement ^^ adoration devant les quatre oreilles, qui sont sculptôos <3o grandeur naturelle. Or, on n*a jamais adoré un ex-voto.

J'ajouterai, enfin, qu'en considérant plus attentive j^^^

1. Sharpe, Egi/ptian Monuments, Neic Séries, pi. 39; G. "W^iil^j^ son, Manners and Cusioms, vol. III, ch. x, p. 395. "

DANS LE SYMBOLISME DE L'aNCIENNE EGYPTE 157

le sens des prières que je viens de traduire, et particulièrement de celle qui est gravée au revers de la première stèle, on remarquera que, dans la première, si le défunt demande ses yeux, c'est pour contempler une divinité; que, daiîs le texte qui suit, il demande la connaissance des choses divines et la solution des ténèbres qui bornent son intelligence, et enfin, dans la deuxième, s'il demande ses yeux pour voir sa route, c'est afin d'aller vers son tombeau, c'est-à-dire afin de pouvoir, dans ses transmigrations, se diriger vers sa demeure funèbre. C'est donc bien pour des morts qu'il s'agit d'obtenir des oreilles et des yeux. Or, les morts sont exempts de maux, et de plus, dans les croyances qui admettent, comme c'était le cas chez les Égyptiens, l'existence dans un autre monde, leur nature parfaite leur rend iimtiles les organes de nos sens. Tout cela rendant inadmissible la supposition que ces monuments aient jamais pu servir d'ex-oolo à des malades, il faut nécessairement chercher leur explication dans un symbole, et je crois l'avoir trouvée dans un passage des Subornâtes de Clément d'Alexandrie {iiv. V, ch. vn, § 43) :

Ta Ts w-îa xal to'j; <5cpOaX|Jiooc oi STjjjLioupYOJvxeç èÇ jXyjç xijji'îac xaOïEpoOjiv, xoïç 6eo"ïç àvaxiôivTÊ^ elc to'j; vecoc xovixo ô/J-itou (zivtffffO|ji£voi wç iràvxx ôeoç ôp^ xai àxouei.

Je dirai, pour en finir, que les yeux et les oreilles gravés sur les stèles sont un symbole, le symbole de la divinité qui voit les actes des mortels et qui entend leurs discours et leurs prières.

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