CHAPITRE XVI
Suite des affaires d'Espagne, depuis la mort DE Philippe V. — Portugal.
Philippe F mourut de chagrin', et d'un appesantissement de corps qu'il avoit contracté en donnant trop à ses appétits, plus réguliers (jue modérés. Il étoit laborieux sans rien faire d'utile. Jamais homme n'a montré plus que lui l'abus du mariage, se laissant mener par sa femme, qui le menoit mal. Il gémissoit quelquefois de son esclavage ; mais la religion et la nature l'y retenoient. La reine l'avoit engagé à ruiner l'Espagne en hommes et en argent, pour lui conquérir des domaines en Italie , et Dieu avoit décidé qu'elle n'en jouiroit jamais. Le traité de Turin de décembre 1745 avoit excité sa colère; mais quand Philippe V vit le désastre de ses armées, les regrets de n'avoir pas accepté ce traité à temps le mirent au tombeau.
Ferdinand VI est également gouverné, mais l'est mieux, par sa Portugaise, laide, mais bien faite, douce et spirituelle. C'est l'honneur même que ces deux époux. La religion préside à leurs actions, et l'amour de leurs peuples à leurs entretiens habituels. Mais emploient-ils des mojens actifs pour parvenir à la félicité de leurs sujets ? C'est ce que le temps nous apprendra.