‹ Mémoires et journal inedit;Chapitre 41 sur 48 · III. a · texte numérisé non relu

III. a

En voici une preuve. Il s'agissoit d'une personne que le roi abhorroit, en faveur de laquelle j'avois une fois sollicité la main-levée d'une lettre de cachet, en quoi j'avois été mal venu '. Madame de Pompadour dit un jour en présence

du roi : « Il faut que M revienne »; puis, se

tournant vers M. de Maurepas , elle donna l'ordre au nom du roi. Mais , dit M. de Maurepas, il faut que Sa Majesté l'ordonne. Le roi prit enfin la parole , et dit : « Faites ce que veut madame » ; et M'..,., fut rappelé.

— Les bâtimens coûtent des sommes immenses. On bâtit plusieurs nouveaux ermitages, l'un dans le buisson de Verrières, un autre près de Vaucresson. Le château de Bellevue, près Meudon , coûtera près de sept millions , tandis qu'on affecte de dire qu'il ne coûtera pas plus de sept cent mille livres. Un homme des bâtimens ayant dit ce qu'il coûtoit en présence d'un conseiller au parlement qui est espion de la marquise, dès le soir on lui a ôté sa place et on l'a exilé.

1 5 septembre 1750. — Gens qui arrivent de la cour disent que l'ennui du roi augmente chaque jour; que ses voyages continuels sont le seul remède qu'il y trouve ; que la marquise ellemême les déteste , mais qu'elle les voit nécessaires pour maintenir Sa Majesté en bonne santé. A peine le roi est-il arrivé dans un nouveau lieu que la tristesse la plus noire le saisit et l'abat. Avec cela il veut aller d'une vitesse extrême, et crève ses gens et ses chevaux. Les gardes du roi et leurs

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