DKCAEN RETIRE UNE CONTRIBUTION
pièces de canon ot des affûts de rechange. V^euillez nie marquer, mon général, si vous voulez, et sur quel point, que j'ordonne l'évacuation.
J'ai laissé les gai'des armées. Ce sont des Suisses et la bourgeoisie.
On est maintenant à prendre connaissance de l'hôpital. Je vous préviens que j'ai fait une réquisition de 4000 paires de souliers, 2 000 paires de bottes, 1 200 aunes de drap tant bleu que vert et blanc (1).
Je me propose de vous demander votre agrément pour les distributions en gratification aux officiers de la division.
Il me parvint un rapport du chef de bataillon Link que j'avais laissé à Dacliau. Il rendait compte (ju'on l'avait informé que l'ennemi se rassemblait à Fiirstenfeld et à Bruck, sur l'Amper, et qu'il y avait envoyé une découverte d'infanterie et de cavalerie pour en être assuré; que les ponts sur la route de Munich, qui avaient été rompus, seraient, le lendemain, parfaitement rétablis; et que le parc, (|ui était resté à Dachau, en était parti pour arriver sur Munich . Il annonçait (|u'il avait dix-neuf prisonniers de guerre, dont deux blessés, et qu'il demandait des ordres à leur égard.
Je reçus, dans l'après-midi, du général Moreau, une lettre datée d'Augsbourg, le 10 messidor.
Il m'écrivait :
Il est très probable que je vous verrai ce soir à Nymphenburg. L'ennemi s'est retiré de Neuburg. Le général Grenier l'occupe, les généraux Leclerc et Grandjean sont à Pôttmes et Schrobenhausen.
J'attends vos rapports sur la retraite de l'ennemi et les forces qui restent encore à l'Klecteur.
Je ne vous avait donné aucune instruction sur les contributions, car je ne voulais pas qu'on en lève sur Munich. C'est sur la Bavière qu'il faut les avoir et non sur une ville qui ne peut me donner que fort peu de chose. Ainsi arrangez-vous pour l'ctirer votre demande car, si on adoptait ce système, il nous ferait perdre 8 à 10 millions.
Vous pouvez dire aux magistrats que je vous ai chargé de retirer votre demande parce que je veux traiter directement avec les agents de l'Klecteur. Vous vous bornerez à faire fournir à vos troupes les subsistances. Salut et attachement.
Signé : Moreau.
P.' S. — Mon courrier était de retour ici à 3 heures avec l'officier que vous m'avez envoyé.
(1) Le goiiBerneraent provisoire de Miinicli décida, comme il n"y avait pas de magasins de bollrs et de souliers à Munich, de faire travailler à leur coufection tous les cordonniers delà ville (Le <i[Ourernemeut intérimistique à Decaen, -4 juillet 1800, Papier» Dectcn in-f» 77, 39, p. 3). Decaen avait aussi demande 3 000 chapeaux (Kelevé des réquisitions. Papiers Decaen in-f» 77, 39, p. 9).
Cet officier était celui envoyé pour porter ma dèpèclie annonçant mon entrée à Munich.
Je répondis sur-le-champ :
Comme j'ai eu l'honneiir de vous le dire hier, mon général, en vous annonçant la contribution que j'avais imposée, c'est que, n'ayant point d'instructions à cet égard, l'annonce que vous me faisiez de la marche de l'ennemi en Bavière pouvant nie priver de vous voir ici, et supposant le cas d'une marche rétrograde, alors j'avais cru devoir rapporter quelque chose pour les besoins de l'armée. Cette contribution ne fut imposée qu'après l'arrivée de votre courrier. Je n'ai encore rien reçu; je ne recevrai rien. Je vais retirer toutes les demandes que j'ai faites.
Je vous ai dépêché un officier pour vous faire mes rapports ; mais, comme vous ne paraissiez pas décidé à vous rendre ici encore aujourd'hui, je joins à la présente une note que j'ai fait tirer d'une correspondance que je vous ai envoyée.
Je donnai, dans cette lettre, une analyse de la dernière que j'avais écrite; et j'y ajoutai que M. de Merveldt s'était retiré sur la route de Schleissheim, qu'environ 250 chevaux avaient pris la route du Tyrol, que d'autres avaient passé sur la droite de l'Isar pour aller vers Freising.
Le même courrier m'apporta une lettre du général Lahorie dans laquelle il me faisait son compliment de mon entrée à Munich. c. Xous voilà « , disait-il, n assurés d'un charmant quartier général de plus, pendant les loisirs d'un armistice, quand il aura lieu. «
Il me demandait de lui faire part de la position de mes troupes, et il m'informait que le général Grandjeau avait pris la sienne, dans la journée, à Schrobenhausen, et qu'il enverrait des partis sur Pfaffenhofen et sur la route de Geisenfeld; que le général Gudin était placé en arrière de lui sur la route de Munich; que la droite du général Lecourbe dépassait la route d'Augsbourg; que le général Leclerc était placé sur Pôttmes et qu'on tenait Neuburg.
Il me recommandait d'envoyer des partis sur Pfaffenhofen et de lâcher d'avoir des renseignements positifs sur les mouvements de l'ennemi et sa marche.
Le même courrier m'apporta aussi une lettre d'un des aides de camp du général en chef pour m'anuoncer son départ d'Augsbourg, le lendemain, de grand matin, et que le général en chef me priait de faire établir des escortes sur la route jusqu'à Eurasburg.
MOREAU A XYMPHEYBIIRG 53
Les reconnaissances envoyées pendant la journée ne trouvèrent de postes ennemis que sur la route de Landshut.
Je donnai Tordre au chef de brigade Caulaincourt de se rendre, avec le 2' régiment de carabiniers et une compagnie d'infanterie, à Lnter-Sendling. Il fut chargé de garder et d'éclairer les débouches du Tyrol.
11 messidor. — Le général en chef arriva à Xymphenburg dans la matinée. Il me témoigna sa satisfaction de la célérité avec laquelle j'avais marché sur Munich. Il ne me donna point d'ordre concernant la division.
12 messidor. — Ayant présumé que le général Lahorie accompagnerait le général .Moreau, je n'avais pas répondu à sa dernière lettre pour l'informer de ma position qu'il m'avait mandé de lui indiquer. Je lui fis part de ce que j'avais rapporté verbalement au général en chef, que la brigade Debilly était chargée de la défense du pont de l'Isar, occupant en avant-poste le faubourg ou village de Haidhausen, ayant ses avant-postes au delà du village pour éclairer les différents débouchés, et notamment celui de Landshut; que l'ennemi avait encore, dans la journée du II, sur cette route, à quelque distance, des postes fournis par trois divisions de hussards de Meszaros, de Grenz et du 2" de hulans (1) ; que la brigade Durutte gardait la route de Freising et de Pfaffenhofeu sur laquelle on n'avait pas trouvé d'ennemis; que mon aide de camp était allé, le 10, jusqu'au delà de Bruck et que, partout, il avait appris que les ennemis étaient très éloignés; que ma réserve, établie en arrière de Munich, dont l'infanterie qui était en ville faisait partie, formait ma ligne, la droite vers l'Isar à Settingen (2), le centre à Neuhausen, la gauche vers Moosach qui était occupé, ainsi que Dachau où j'avais toujours un bataillon et un escadron.
Je lui mandai que j'avais fait garder et éclairer les débouchés du Tyrol; qu'on n'y avait pas non plus rencontré l'ennemi, mais qu'il était arrivé trois déserteurs du corps de Salis à la solde de l'Angleterre, désertés de leur dépôt établi à Wolfratshausen, et
(1) Il ajoutait qu'un déserteur du 2" hulans arait dit avoir déserté à sept lieues de .Xymphenburg (Decaen à Lahorie, Mympheaburg, 12 messidor, A. H. G.).
(2) Peut-être Sendling.
5V MEMOIRKS ET JOURNAUX DU GENERAL DECAEY
(jui en étaient partis dans la nuit de notre entrée à Munich pour se diriger sur le Tyrol.
Je lui dis qu'ayant écrit au général Xansouty, dès mon arrivée il Municli, il m'avait répondu, la veille, de Landsberg, qu'il avait fait rétablir les ponts sur l'Amper, et qu'il avait envoyé un poste sur Diessen, à l'extrémité supérieure du lac; que l'ennemi avait abandonné cette partie et qu'il croyait qu'il avait pris poste à U'eilheim.
Je l'informai qu'un envoyé de Hesse-Darmstadt, qui avait passé par Munich dans la journée du 11, avait assuré avoir vu l'armée autrichienne dans la plus grande confusion vers Ingolstadt, et qu'elle faisait route pour Braunau (1).
13 messidor. — Le général en chef repartit pour Augsbourg. Pendant son court séjour, il avait reçu une députation du gouvernement provisoire de Bavière.
Il avait vu avec plaisir tout ce qu'il y a de curieux dans les beaux jardins de Nymphenburg, et, dans la matinée du 12, nous avions, pendant quelques heures, chassé le cerf et le sanglier.
Je l'avais informé que le chef de brigade Caulaincourt m'avait confirmé son premier rapport, que l'ennemi qui était devant le général Nansouty avait repassé l'Isar. Le général en chef, avant son départ, me donna l'ordre de faire occuper Baierbrun et de garder le pont de Schâftlarn sur l'Isar, et, en outre, de communiquer fréquemment avec les troupes du général Mansouty, établi à Landsberg qui gardait cette partie. Il me recommanda aussi de faire faire une forte reconnaissance à la droite de l'Isar, et principalement sur la route de Munich à Vienne. Il m'avait prévenu que le général Lecourbe ferait occuper Freising.
En conséquence, toute ma réserve de cavalerie reçut l'ordre d'occuper les villages de Laim, Pasing, Fûrstenried (2), Unter-
(1) Decaeu ajoutait : « Voilà tout ce que je puis te dire pour satisfaire à ta demande. Fais en sorle.de venir bioniôt me voir dans le beau château dont je suis commandant. J'ai fait établir une correspondance à Ober-Kotb. Si on établissait un poste à Eurasburg, alors nous pourrions communiquer bien plus facilement 5 (Decaen à Lahorie, Nympheiiburg, l'2 messidor, A. H. G.).
(2) Fiirgtenried «e trouve à 1300 mètres au nord-ouest de Forstenried indique sur le 1/100 000^ allemand.
UXE ATTAQUE DE MERVELDT REPOUSSÉE 55
Sendling et aulres villages sur la route de Munich à Landsberg ou à sa promixité. Un bataillon et un escadron de dragons furent mis à la disposition du chef de brigade Caulaincourt pour faire occuper Baierbrun. II lui fut recommandé de pousser ses avantpostes jusqu'à Schaftlarn pour garder le pont de l'Isar et les chemins aboutissant sur ce village; et d'avoir aussi des avant-postes à la hauteur de Schaftlarn sur la route de Munich à Starnberg (1), s éclairant vers le lac de U iirm See; enfin, d'envoyer fréquemment des partis sur la route de Landsberg pour communiquer avec les troupes du général \ansouty.
Toute ma réserve de cavalerie, ainsi placée à quelques lieues de Munich vers le Tyrol, était plutôt pour faciliter la nourriture dos chevaux et ménager les ressources des environs de celle ville que pour s'opposer à l'ennemi qui ne pouvait pas se présenter fort nombreux en cavalerie en venant du Tyrol.
Je donnai l'ordre au général Debilly de passer avec sa brigade sur la droite de l'Isar pour y prendre position et de pousser, le lendemain à la pointe du jour, une reconnaissance appuyée d'infanterie et d'artillerie en avant de lui et principalement sur la route de Vienne. Il lui fut recommandé de chasser l'ennemi assez loin pour avoir des renseignements positifs et de faire soigneusement observer sa gauche. Il fut prévenu que le général Durutte, qui garderait sa position jusqu'à nouvel ordre, mettrait à sa disposition, pour la journée, deux escadrons du 13" de cavalerie, et qu'ensuite de sa reconnaissance, ses avant-postes devraient être établis depuis Giesing, à sa droite, jusqu'en avant de Bogenhausen à sa gauche, leur ligne passant par Ramersdorf, Josephsburg, Baumkirchen et Zamdorf.
14 messidor (3 juillet). — Je rendis compte au général Moreau que la reconnaissance envoyée sur la route de Vienne avait trouvé 600 chevaux du corps de Merveldt, qu'ils avaient été poussés jusqu'à Parsdorf'sur la route de Braunau; qu'ayant voulu venir à Riem, ils avaient eu trois hommes et six chevaux tués et plusieurs blessés; qu'un dragon du 17° avait été grièvement blessé et que son cheval avait été tué; qu'un parti envoyé sur la route de
(1) Decaeii fait ici une erreur. Holieii Scliâftlarn se trouve sur la route de Muuich à VVoll'ratshausen.
Freising jusqu'à Ismaning n'avait trouvé qu'une faible patrouille; que celui envoyé sur la route de Landshut jusqu'à Aschheim n'avait aussi vu qu'une patrouille de l'ennemi; que les troupes envoyées à Baierbrun s'y étaient établies , et qu'on occupait Schâfllarn pour la garde du pont; qu'on gardait et éclairait aussi la route de Starnberg à Munich ; que dix hussards ennemis étaient venus, la veille, à Schàftlarn; que je venais d'avoir avis qu'un corps de 3 000 à 4000 hommes des troupes du prince de Reuss arrivait aujourd'hui à Tolz pour chercher à se joindre au général Merveldt; que ce mouvement, me paraissant relatif à la position que l'armée autrichienne venait prendre sur l'Isar, ne me donnait point d'inquiétude; que, comme j'étais aussi établi au-dessous de Munich de manière à faire observer l'Isar jusqu'à Dietersheim et communiquer avec les troupes du général Lecourbo qui seraient à Freising, je le priais d'ordonner qu'elles communiquent avec les miennes. Je lui adressai plusieurs demandes pour des officiers qui méritaient d'être élevés en grade et que je lui avais recommandés.
Je fis écrire au général Nansouty pour le prévenir de l'occupation de Baierbrun et de Schàftlarn, ainsi que du placement de la réserve de cavalerie sur la route de Starnberg à Munich, et de l'ordre donné de communiquer fréquemment avec ses troupes; et il fut invité à faire de même de son côté.
15 messidor (4 juillet). — Il fut écrit au général Lahorie pour l'informer des nouvelles positions occupées, le 14, par une partie des troupes de la division. Il n'y avait eu rien de nouveau dans la journée.
16 messidor (5 juillet). — Je rendis compte au général en chef que le détachement envoyé sur Baierbrun, après avoir établi ses avant-postes à Schàftlarn, avait poussé, le 15, une reconnaissance sur Wolfratshausen ; qu'à trois quarts de lieue de cet endroit, elle trouva 60 hussards ennemis qu'elle chassa vigoureusement jusqu'à VVolfratsiiausen; qu'elle en avait tué six et blessé plusieurs, et que nous n'avions eu qu'un cheval de blessé; qu'il était arrivé un déserteur du 1" bataillon de Manfredini, lequel avait rapporté que, depuis deux jours, deux bataillons de son régiment, avec un