‹ Memoires et journaux du general DecaenChapitre 36 sur 132 · COMPOSITION DE LA LÉGIOX POLONAISE · texte numérisé non relu

COMPOSITION DE LA LÉGIOX POLONAISE

Le général Montrichard prendra position avec quelques troupes à Aiblinjr même.

Le général Richepance se placera devant Wasserburg, do manière à contenir ce qui pourrait en sortir, tant sur la route d'Ebersberg que sur celle de Rosenheim et de Haag.

Le général Grandjean se portera sur Hohenlinden, avec un détachement sur Haag, et le général d'Hautpoul sur Anzing.

Le général Moreau s'établira demain matin à Haag. Tu pourras envoyer là tes ordonnances.

Je fis donner des ordres pour l'exécution de ce qui était prescrit dans cette lettre pour ma division; et je fis adresser aux généraux de brigade et au commandant de l'avant-garde ]des exemplaires d'une proclamation du général en chef à l'armée, avec recommandation de la faire lire aux troupes. (Je n'en ai point consei-vé d'exemplaire). Mon quartier général resta établi à Zinneberg.

Mon chef d'état-major rendit compte au général Laliorie de l'établissement de la division, en lui annonçant qu'une brigade était établie en échelon entre Hohenthann et Alailling, en soutien de l'avant-garde postée à Beiharting et environs ; qu'une autre brigade avait Zorneding pour centre de ses cantonnements; que la légion polonaise occupait Aloosach, Buch, ayant un bataillon et 100 chevaux sur Dorfen, Loitersdorf et Xiclasreuth; qu'une reconnaissance avait rencontré l'ennemi à une lieue et demie au delà de Beiharting, l'avait poussé et avait occupé Aibling jusqu'au moment où les troupes de la division Montrichard y étaient arrivées. Il fut exposé que la légion polonaise avait un besoin urgent de chaussures et de vêtements, et il fut demandé (juil y fut satisfait incessamment.

La légion polonaise, forte de 2 200 hommes d'infanterie, 480 hommes de cavalerie et une compagnie d'artillerie légère, réunie à la division, celle-ci se trouva composée de 10000 combattants, non compris le i*" bataillon de la -i" de ligne, resté à Munich, et le 1" bataillon de la 14"' d'infanterie légère envoyé à la division Richepance, douze pièces d'artillerie légère et six pièces de 4 de bataille.

10 frimaire (X" décembre). — Il était 10 heures du matin ■lorsque je reçus une lettre du général Laborie, datée de la veille

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à 10 heures du soir. Il était noté en marge qu'elle était partie de Haag le 10 au matin.

On m'annonçait, par cette lettre :

Domain, le {{énéral Lecourhe doit se porter sur Aibling et niêuie s'approcher davantajje de Uosenheim. Il est en znt'nic temps charjjé de reconnaître le cours de l'Inn au-dessus et au-dessous de Rosenheim. Il le remontera aussi loin que cela sera possible.

1/ intention du général en chef est que tu portes le corps de Laffon très prc's de l'Inn ou plutôtsur rimi même, pour en reconnaître le cours, afin de juger bien exactement du point susceptible d'un passage.

L'inqwrtance de cette reconnaissance, ([ui devra avoir lieu entre Rosenheim et Wasserburg, particulièrement depuis Rott, a déterminé le général en chef à t'inviter à la faire toi-même sur les points principaux afin de lixer davantage ses idées sur cette partie du cours de l'Inn.

Le général Kichepance enveloppe sur cette rive la tète de pont de Wasserburg. Le général Grenier est placé entre Ampfing et Haag. L'ennemi a encore des forces en avant de Haag.

Tu peux placer tes troupes entre l'Attel et la Glonn... (1).

Aussitôt la réception de cette lettre, il fut mandé au chef Laffon d'envoyer sur-le-champ à Rain un escadron et deux compagnies d'infanterie (ce détachement devait pousser, de Rain vers Hochstiitt, Schechen et Marieuherg, des partis sur l'Inn, le plus près possible, et s'y établir s'il ne rencontrait pas d'obstacles) ; d'envoyer également un escadron et deux compagnies sur Lampferding, qui enverraient de même des partis sur l'Inn vers Rott.

Le général Lahorie fut informé par mou chef d'état-major que j'avais concentré aux environs de Zinneberg la brigade qui était cantonnée vers Zornediug; que celle établie en échelon entre Hohenthann et Mailling avait été placée à Beiharting; que l'avantgarde était établie en arriére de Rott et que la légion polonaise occupait le terrain entre Alxing et Ilching; qu'un détachement de lavant-garde occupait en remontant l'Inn, Hochstâtt, Schechen et Marienberg, et se liait avec les troupes du général Lecourhe; (|u'on n'avait vu, dans toute la journée, qu'une patrouille de l'ennemi sur la rive gauche de l'Inn que nos troupes garnissaient à présent; que l'ennemi avait brûlé le pont de Rosenheim vers 4 h. 30.

(I) « ... caiitoniu'es en arrière do Beiliurtin<j • (Lahorie à Decaeu, Haag, 9 frimaire, 10 heures du soir, A, H. G.).

DECAEN VA RECONNAITRE L'IXfN 133

J'écrivis en outre au général Laliorie :

11 était plus de 10 heures lorsque j'ai reçu ta lettre pour faire approcher LatTon de l'Inn et m'y rendre nioi-mèine pour en faire la reconnaissance.

Malgré toute ma diligence, je n'ai pu y arriver qu'au soleil couchant, «t je n'ai donc pu faire grande besogne. Demain, dès le jour, je ferai la reconnaissance que le général on chef désire, et j'en ferai le rapport au plus tôt. Ce soir, j'ai abordé l'Inn devant Rott et je l'ai remonté jusqu'à Feldkirchen. On m'a dit qu'il y a un gué dans cette partie; mais je n'ai pas encore acquis assez de détails pour m'en expliquer.

L'Inn coule dans un vallon de 600 à 700 toises de largeur. Les bords ■de ce vallon sont assez escarpés. La rive droite domine, et le fleuve coule à peu près au pied de cet escarpement. La largeur du fleuve peut être de 4)0 à 70 toises. Je m'arrête sur ces détails parce que je n'en suis pas encore assez sûr. J'ai vu les feux d'environ trois bataillons sur la rive droite devant Ilosenheim.

Il n'y a que quelques postes devant moi. Ce matin, des Wurtembergeois qui étaient devant Rott sont descendus vers Wasserburg.

Les chemins de Beiharting à Rott, sans être impraticables, sont difficiles.

J'avais gardé, ce matin, le courrier, parce que j'avais cru pouvoir faire un rapport ce soir, et il l'aurait rapporté; demain, je l'en chargerai.

Plauzonne te fait connaître, par une lettre, la position donnée aujourd'hui à la division.

Dis-moi quel résultat vous avez de l'affaire d'aujourd'hui. A en juger par le feu, elle paraît bien sérieuse.

J'ai établi le quartier général de la division à Beiharting ; mais, ce soir, je couche ici. Berckheim (1) te dira la route qu'il aura tenue pour arriver à Haag; on y compte, d'ici, cinq lieues.

il frimaire (2 novembre). — Dès le malin, je montai à cheval pour faire la reconnaissance qui m'avait été recommandée. Cependant, j'étais élonné de n'avoir pas encore reçu de lettre du général Lahorie pour ce que je devais faire pendant cette journée. D'ailleurs, je désirais d'apprendre quel avait été le résultat de l'affaire de la veille (2), dont j'avais entendu la vive canonnade, et

(1) Berckheim (Sigismond-Frédérie), né à Ribeanvillé (Haut-Rhin i, le 0 maimS; soiis-lieutenant dans le régiment de La Alarck, infanterie allemande, le 12 mai 1189; lieutenant, le 8 avril 1792; adjoint à l'adjudant général Plauzonne, le 30 prairial an VIII; capitaine, le iQ messidor au VIII; chef d'escadrons, le 3 thermidor au XIII; major, le 0 mai 1806; colonel, le 1" avril 180"; général de brigade, le 12 juillet 1809; général de division, le 3 septembre 1813; inspecteur général de cavalerie en 1818; décédc' à Paris. le 28 décembre 1819 (A. A. G.).

(2) Le combat d'Ampfing.

13'^ AIlhFOIRKS ET JOURNAUX DU GÉNÉRAL DECAEN

j'éprouvais do vagues iuquiéluclcs. Mais, comme j'avais fait partir une reconnaissance pour savoir où se trouvaient les postes de la droite du général Ricliepance, et qu'en descendant la rive gauche de l'Inn, je me rapprochais de cette division, je comptais <jue je ne tarderais pas à recevoir quelques nouvelles, soit par le rapport que ferait le commandant de cette reconnaissance que je devais rencontrer à son retour, soit par ce que pourrait me dire le chef d'un parti que le général Richepance aurait envoyé pour (•ommuni(|uer avec mes postes, qui devaient se lier avec les siens.

Je fus donc bien surpris lorsque, vers midi, étant alors à près de deux lieues de Rott, l'officier envoyé aux nouvelles m'apprit (ju'étant allé jusqu'à la vue de W asserburg, il n'avait trouvé aucun poste de la division Richepance, et (|u'on l'avait informé, dans mi des villages qu'elle avait occupés, que les troupes en étaient parties à minuit.

D'après cette information et l'incertitude ou plutôt rin([uiétude qu'elle me donnait, je m'acheminai sur-le-champ pour retourner à Rott, présumant que, s'il n'y était pas arrivé d'ordre pour moi, il ne pouvait pas tarder à en parvenir, .l'y trouvai ellectivement nne lettre qui venait d'y être apportée : mais, à sa suscription, fort mal mise, puisqu'on avait écrit Decean pour Decaen, et Zimubeg pour Zinnehei-g, je ne pensai pas, en l'ouvrant, qu'elle pouvait être du général Lahorie.

Sous la date de Haag, à 6 heures du soir, il me mandait :

L'ennemi ayant rassemblé une partie considérable de son armée sur la route de iMùhldorf à Haag, le général Grenier a été obligé de se replier sur Haag, mon cher Dccaon. Cette disposition de rennemi donnant à supposer au gétu'-ral en chef que l'archiduc est disposé à combattre entre l'Inn et risar, il se décide à rassembler l'armée pour lui livrer bataille.

D'après cela, il donne ordre au général Richepance d'arriver demain de bonne heure sur Ebersberg.

Tu quitteras aussi demain ta position pour venir te rassembler sur Zorncding où je te transmettrai les intentions ultérieures du général en chef.

L'armée se formera sur Anzing, suivant les apparences, pour, de là, aller combattre l'ennemi.

Le général Hardy a été blessé.

.le recevais donc, à une heure après midi, un ordre de mouvement pour ma division dont les troupes avaient à faire au moins

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