‹ Memoires et journaux du general DecaenChapitre 39 sur 132 · DECAEN SE PORTE SUR HAAG · texte numérisé non relu

DECAEN SE PORTE SUR HAAG

Je t'ai envoyé cette nuit les intentions du général en chef pour ta position d'aujourd'hui qui est absolument celle que tu te proposais de prendre, c'est-à-dire sur Haag et en avant de cette ville, une partie sur la route de Wasserburg, le reste en réserve vers Ilanisau, prêt à soutenir les divisions Grouchy et Richepance, si elles étaient ramenées des positions qu'elles doivent prendre, la dernière, sur Ramering, et l'autre, sur Ileichertsheim et Aschau.

Le général Moreau sera aujourd'hui à Haag où j'espère te voir.

Ainsi, d'après ces ordres, la division se mit en marche entre 11 heures et midi sur Haag, y prit position, le général Durutle, ayant sa gauche à la roule qui conduit à Wasserburg; la légion polonaise y appuyait sa droite, la gauche vers l'Inn, Tavaut-garde couvrant le front de la division sur les différents débouchés de Wasserburg, éclairant par la gauche vers l'Inn, par la droite, vers Albaching, et poussant ses postes en deçà de l'Achenbach (1), se liant avec le détachement aux ordres du général Debilly qui avait gardé sa position à Ebersberg, ayant ses avant-postes à Tulling, attendu que les troupes de l'aile droite, qui avaient dû le relever dès la veille, n'étaient pas encore arrivées.

La division se trouva disposée de manière à pouvoir marcher par sa gauche sur la route de Miihldorf, où le général Richepance poursuivait l'ennemi.

Avant de partir d'Ebersberg pour me rendre à Haag, un rapport du chef LafTon m'informa que l'ennemi s'était retiré d'Albaching vers minuit et demi; que ce village était celui où l'ennemi était, la veille au soir, en position, et d'où il nous avait tiré plusieurs coups de canon; que cet endroit avait été pillé par lui et qu'il y avait laissé beaucoup de blessés français et autrichiens. Lorsque je passai dans ce village, je donnai des ordres pour les soins à donner à ces blessés, ainsi que pour leur transport; les Français provenaient de l'afiFaire du 10. Beaucoup de ces malheureux blessés n'avaient pas encore été pansés. C'était un spectacle bien pénible! Cependant, dès que nos troupes étaient entrées dans ce village, on avait commencé par leur procurer tous les secours qu'il était alors possible de leur donner; on s'était surtout empressé de faire extraire du milieu d'eux les cadavres des malheureux qui avaient déjà succombé.

(1) C'est le nom que donne le 1/50 000' bavarois. Decaen avait écrit l'Ach. Le 1/100 000» allemand dit : Nasenbach.

150 MEMOIRES ET JOIK.XAIX DU GÉXERAL DECAEX

Arrivé au quarlier général, je reçus du général en chef des témoignages de sa satisfaction. Il m'écrivit eu outre la lettre suivante :

Au quartier général, à Haag.

Le 16 frimaire an IX de la Répablique.

Le général en chef Moreau au général de division Decaen.

Je vous prie, citoyen général, de témoigner à votre division combien j'ai à me louer de sa conduite à l'affaire du 12. Sa récompense la plus douce sera sûrement la reconnaissance nationale pour les services importants que l'armée vient de rendre à la République. Veuillez joindre à votre rapport le nom des braves qui ont mérité des récompenses pour des actions distinguées ; je m'empres.serai de les faire connaitre au gouvernement. Salut et attachement!

Signé : Moreau

... et de nombreuses félicitations pour la part que ma division avait prise à la grande victoire remportée la veille. Elle était vraiment éclatante, cette victoire, tant par ses trophées que par les résultats qu'on devait en espérer.

Plus de... (1) prisonniers et plus de 100 pièces de canon étaient tombés en notre pouvoir.

J'appris aussi les détails qui suivent (2) :

... Ayant demandé au général en chef ce que j'avais à faire le lendemain, il me chargea d'envelopper la tête de pont de U asserburg.

En conséquence, il fut mandé au général Debilly de rassembler ses troupes à la pointe du jour sur Tulling, et de se diriger sur la route de Uasserburg jusqu'à Edling, sur l'Ebrach, où il se tiendrait en observation, gardant les débouchés de Wasserburg, éclairant sa gauche; que, lorsque les troupes aux ordres du chef Lafifon, arrivant de Haag sur Edling, se présenteraient, il ferait un mouvement par sa droite et irait prendre position derrière l'Atlel, la droite vers l'Inn, ayant une avant-garde sur cette rivière; que, s'il

(\) Le chiffre nian.|ue dans le manuscrit. Dessoile dit : 11 000 prisonniers dont 119 officiers, entre antres les généraux Deroy et Spannochi. Moreau dit : 10 000 prisonniers, 200 caisBons et 80 bouches à feu. Cf. commandant E. Picard, Hohenlinden, p. 23(i.

(2) Suivent trois pages pages blanclics dans le manuscrit.

DECAEM FAIT SLRVEILLER L'IViV 151

éprouvait des obstacles pour arriver à Ediing, il ne s'engagerait pas, et en donnerait avis au général de division; mais que, quand il serait informé de l'arrivée de la colonne venant de Haag, alors il prendrait les mesures nécessaires pour favoriser le débouché de cette colonne sur Edling, laquelle devait pousser des avant-postes sur les points les plus convenables en approchant de U asserburg. Il fut recommandé à ce général de lier ses postes par leur gauche avec ceux du chef Laffon, et de faire surveiller les bords de rinn depuis ses postes sur Wasserburg jusqu'à la Rott et de communiquer avec les troupes de l'aile droite (|ui devaient être au delà de cette rivière.

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